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[Fanfic] La Plume et la Flamme
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Auteur:  Z [ Mer 11 Aoû 2010 17:10 ]
Sujet du message: 

Tu es pardonné pour ton retard Escogryphe !
Franchement, elle est vraiment très, très bien ta fic !
En plus, tes personnages son super sympa (Skyler en particulier).
Je suis complètement scotché !!

Auteur:  Escogryphe [ Mer 25 Aoû 2010 19:53 ]
Sujet du message: 

Après 3 semaines d'attentes insupportables pour certain(e)s lecteurs(lectrices) (ils/elles se reconnaîtront), voilà enfin le 9 ème chapitre des aventures de Skyler et d'Aucklay. D'ailleurs je ne sais toujours pas combien il y en aura au totlal, j'écris au fur et à mesure, au gré de mon inspiration. Comme Oda en fait, même si je n'ai pas son talent de conteur...

Chapitre 9 :

Skyler n’eut pas le temps de le chercher plus longtemps, une seconde vague de brigands l’avait déjà atteint. Mais l’absence de trace de son compagnon l’inquiétait, plus qu’une horde de tueurs qui fonçait sur lui. Sans Aucklay, pas de salaire, ni de réponses aux questions qui le taraudaient depuis son échange avec De Fort. Cependant, il devait avant tout s’occuper des dangers qui courraient vers lui, sabres dégainés. Le premier brigand l’attaqua d’un coup horizontal au niveau du sternum, qu’il dévia aisément, avant de répliquer par une estocade sèche. Dégageant le corps de son sabre par un coup de pied, il entrava les assaillants derrière. Mais d’autres vauriens se trouvaient déjà dans son dos. Il dut parer plusieurs attaques en même temps. Skyler n’avait jamais affronté autant d’adversaires à la fois, et il ne pouvait pas tous les réduire au silence, faute de temps. Il devait trouver une issue plus rapide à un combat qui s’annonçait ardu et dangereux. Acculé dos au mur par au moins une demi-douzaine de malandrins, il protégeait son corps et taillait dans la chair. Son épée contrait les multiples lames de couteaux, de sabres ou de lances qui s’échinaient à le toucher. Réussissant quelques fois, notamment aux jambes, Jan sentit les fils blancs de la douleur s’insinuer dans son esprit, à travers les blessures. Il décida de passer à la vitesse supérieure.
Avisant un tuyau de fer qui passait au-dessus de sa tête, il l’attrapa de sa main gauche, replia ses jambes contre le mur, et se propulsa, en balayant d’un coup ferme l’espace devant lui, tranchant les hommes devant lui. Il atterrit au milieu du regroupement, entouré par la plupart de ses ennemis. Il était toujours debout, et les autres, éberlués. Effectuant une attaque circulaire, les marques rougeoyantes de son attaque apparurent sur les bustes des victimes. Ceux-ci tombèrent à genoux, lâchant leurs armes pour tâter leurs blessures. Les autres reculèrent, effrayés, leurs visages s’étant teintés d’une peur innommable. Ils tremblaient. Seul au milieu d’un large cercle formé par les criminels, le chasseur de primes était à l’affût, d’un mouvement, d’un bruit. Il décrivait lentement un cercle autour de lui, le sabre droit dans l’alignement de son bras tendu, pointant une par une les faces des hommes et des quelques femmes l’encerclant. Ceux qui avaient une arme à feu ne tiraient pas, pour ne pas blesser un de leurs camarades. Skyler attendait patiemment, reprenant son souffle. Soudain un des hommes cria pour se donner du courage. Les autres le reprirent, et ce fut dans un tonnerre de voix et de métal qu’ils fondirent ensemble sur le combattant isolé. Juste avant de recommencer à combattre, ce dernier esquissa un sourire en coin, comme s’il était heureux qu’ils attaquent.
Le combat qui suivit fut flou pour les assaillants, mais terriblement fluide pour Jan. Il anticipait chaque geste, chaque coup des hors-la-loi, et transperçait tout ce qu’il voulait, quand il voulait. Les lames qui surgissaient étaient évitées d’un mouvement, puis revenaient à travers ‘‘Silver Feather’’ sous la forme d’une attaque fatale. Les corps s’écroulaient, Skyler tournait et se retournait pour dévier l’acier mordant de ses adversaires. Il entendait les sabres avant qu’ils ne viennent vers lui, il les sentait. Le liquide carmin recouvrait entièrement son sabre, et ses yeux s’emplirent des derniers regards des mourants. Le fracas des lames fut bientôt couvert par des coups de feu secs et nombreux. Aucklay pensa Jan. Je dois faire quelque chose, et vite. Les échanges de tirs avaient surpris tout le monde, mais Skyler se remit plus rapidement que les autres. Il s’engouffra au milieu des hommes, taillant dans la chair, son sabre virevoltant dans l’atmosphère lourde et humide de l’entrepôt. Certains de ses ennemis étaient trop entravés par leurs camarades pour pouvoir le toucher. Ayant déjà laissé plusieurs corps se tordant de douleurs derrière lui, il trouva ce qu’il cherchait. Le gangster devant lui avait un pistolet accroché à sa ceinture de cuir. Le désarmant en un instant, et l’assommant de son pommeau, il attrapa prestement l’arme à feu, plongea et se retourna. Le chien était relevé, il n’avait qu’à presser la détente. Les hommes immédiatement devant lui se protégeaient le visage de leurs mains, inutile protection face à une balle de platine. Mais elle ne vint jamais à leur encontre. Le chasseur de primes leva son bras et tira instantanément, à trois reprises. Même si l’escrime était sa spécialité, il se débrouillait au tir. Les balles attinrent toutes trois leurs cibles. Les lampes du plafond tombèrent, ou s’éteignirent, assombrissant ainsi la moitié de la salle. Cela apporta un vent de panique parmi la foule. Skyler avait déjà disparu derrière un amas de boîtes, et n’en sortit que pour tirer trois autres fois. Les lampes hors d’usage, une chape inextricable d’ombre envahit la pièce. Impossible d’y voir net à plus de trois pas. Le combattant solitaire se leva calmement, perdu au milieu de bandits à sa recherche, énervés et assoiffés de sang. La salle résonna de leurs cris, violents appels à le retrouver, alors qu’il marchait tranquillement parmi ses ennemis. Il essayait de passer inaperçu, pour atteindre l’endroit d’où viennent les tirs, une porte au fond de la salle, seul et faible source de clarté. Il progressait prudemment dans cette direction, quand soudain, un coup de poing phénoménal le stoppa, et l’envoya quelque mètres sur sa droite, groggy. C’était comme un mur, un roc dur et abrupt, ou même une masse d’acier, lancé à pleine vitesse sur le côté gauche de sa tête. Le choc fut brutal, mais Skyler ne perdit pas conscience. Il resta difficilement debout, titubant et se retournant. Un homme avait allumé une torche non loin de lui, ce qui lui permit de reconnaître la silhouette et la face de Vincent De Fort juste devant lui. Ce dernier le toisait de toute sa hauteur, d’un regard arrogant. Il jaillit, et attrapa le cou de sa victime en un instant. Un étau puissant enserrait la gorge de Skyler, l’empêchant de respirer, bloquant toute possibilité de fuite. Il s’agrippait inutilement au bras du chef des brigands, qui le soulevait aisément du sol. Sa voix gronda immédiatement après.
- Tu nous as causé du souci, petit connard, mais finalement, je t’ai eu. Et là tu va mourir.
Le chasseur de primes manquait d’oxygène, il allait s’évanouir, mais il tint suffisamment pour observer les évènements qui survinrent.

Auteur:  Bleeding139 [ Jeu 26 Aoû 2010 14:25 ]
Sujet du message: 

Supa ! Le 9eme chapitre est enfin là :D

Je trouve que ce chapitre est très intéressant, il montre les techniques de combats de ce cher Skyler. Je l'imaginais bien se battre contre les brigands ! Je trouve sa technique de sabre étonnante, pour moi en tout cas, et il me tarde de connaître la suite de ses aventures, entouré des brigands et face au chef !! ( J'ai l'impression qu'on aura un Boss à la fin^^ )


Escogryphe a écrit:
Après 3 semaines d'attentes insupportables pour certain(e)s lecteurs(lectrices) (ils/elles se reconnaîtront)


Je... Je ne me visais pas^^ ( dégoulinante de sueur ) C'est vrai que c'était dur à attendre^^ !!

Allez, continue à écrire, c'est vraiment trop bien !

Auteur:  Escogryphe [ Mer 1 Sep 2010 13:39 ]
Sujet du message: 

Tadaam Badadam! Voilà le dixième chapitre des aventures des Jan Skyler et William Aucklay! Finalement, je pense que j'aurais fini ladite Fan-Fiction avant la fin de l'année. Elle tournera aux alentours d'une vingtaine de chapitres comme celui-ci. Ils sont certes courts, mais sachez que l'action va petit à petit s'accélérer... Enjoy again !

Chapitre 10 :

La conscience de Skyler vacillait, les doigts de De Fort lui broyaient les cervicales, déclenchant une douleur atroce dans la nuque. Il essayait de rester éveillé, pour maintenir son regard fixé sur son tortionnaire, comme pour le défier de le tuer. Ce dernier lui parlait, mais Jan ne comprenait pas, des taches noires dansaient dans ses yeux, sa tête résonnaient de souffrance. Soudain, un son différent, assourdi mais sec, lui parvient aux oreilles. Comme... une détonation. Puis, les derniers reliquats de son esprit virent et comprirent ce qui se passait devant lui. La tête du chef des hors-la-loi eut un mouvement brusque, de gauche à droite, puis ses yeux revinrent sur sa proie, écarquillés. Son regard se fit implorant, désolé puis s’éteignit d’un coup. L’étreinte se relâcha, et Skyler chuta, vidé de ses forces, avalant de grandes bouffées d’air dans l’obscurité. Il se sentait revivre, petit à petit, extirpé de profondeurs infinies. Il était sauf. Se reprenant enfin en main, il scruta son environnement. Des hommes avaient allumés des torches, apportant un éclairage à la scène. Les criminels étaient tout autour du chasseur de primes, mais ils ne semblaient pas vouloir l’attaquer, même si leurs armes étaient encore sorties. Ils regardaient fixement quelque chose derrière lui, hypnotisés, abasourdis, bouleversés. Skyler se retourna, et fut surpris. Le corps de Vincent De Fort gisait à ses pieds, son crâne troué à la tempe par une balle. Une flaque de sang croissait silencieusement, imprégnant ses bottes. Il eut à peine le temps de réfléchir à la chose qu’un cri déchira l’ombre cuivrée.
- C’est lui ! Il a buté le boss !
Faisant volte-face, la poignée de « Silver Feather » dans sa main, le bretteur encore une fois esseulé recula de quelques pas. Tous étaient face à lui, et leurs faciès ridés de colères ne le quittaient pas. À peine eut-il vu un pistolet le pointant qu’il cherchait à se mettre à couvert. Cette fois, ils n’allaient pas hésiter à tirer. Il plongea derrière un pilier de soutènement en fer, alors que les tirs commençaient à claquer. Impossible d’en bouger sans être toucher, c’était un véritable barrage de projectiles. Hurlant à la vengeance, les voix remplies de haine de ses assaillants couvraient presque les détonations. Essayant de trouver une solution, Jan aperçu un mouvement sur sa droite. C’était une silhouette noire se découpant en contre-jour de la porte qu’il essayait d’atteindre auparavant. Enfin, se dit-il. Te voilà, Aucklay. Son compagnon lança soudainement un objet rond en l’air, dans la direction des malfaiteurs, puis se plaça précipitamment derrière le mur dans son dos. Skyler eut à peine le temps de se baisser qu’une boule de feu éclata au milieu de la masse de vauriens, provoquant une onde de choc puissante et une vague de panique parmi les victimes. Rejoignant son ami en se relevant rapidement après l’explosion, celui-ci l’invita d’un geste à progresser rapidement dans le couloir vide. Il était maculé de sang, et visiblement éreinté. Il tenait portait sur son dos un gros sac, apparemment rempli. Les deux comparses discutèrent en courant à vive allure à travers un dédale de murs en pierres sombres.
- Qu’est-ce que c’était ce truc ? l’interrogea le chasseur de primes.
- Oh, trois fois rien. Une arme de mon invention. Comme une bombe, mais en plus petit. Ça fait de l’effet, hein ?
- C’est toi qui as tué De Fort ?
- Ouais, je voyais qui t’avait attrapé, donc j’ai pas trop réfléchi, répondit le « marchand », décontracté.
Toujours en courant, ils passèrent à travers des pièces encombrées de caisses de bois, de coffres et de tables. Skyler était étonné de la simplicité du comportement d’Aucklay et de son « sauvetage ». Au détour d’un coin il vit des corps ensanglantés, sans vie, choir à terre. Il faillit s’arrêter, mais son ami le tira par le bras.
- Qu’est-ce que.... commença celui aux cheveux noirs.
- J’ai du les abattre aussi pour atteindre ce que je voulais, le coupa l’autre. Après tout, on est venus ici pour ça, non ?
Son compagnon resta silencieux pendant un moment. Ils continuèrent à courir pendant un moment, ne trouvant toujours personne dans le dédale, ce dernier était tellement long qu’il semblait se prolonger dans tout le quartier et son sous-sol. Skyler se souvint d’une chose pendant leur fuite.
- Au fait, tu n’as pas mal à la cuisse ? lui demanda-t-il.
- Pardon ? Je n’ai pas de blessure à la cuisse.
- De quoi ? Mais un homme de De Fort t’as tiré dessus !
Le bretteur était interdit.
- Ah oui ! répondit Aucklay, presque en riant. Je vais bien, merci. La balle m’a juste effleurée.
Skyler était persuadé du contraire, mais d’autres choses étaient plus importantes. Ils débouchèrent enfin dans une rue. Il faisait nuit, mais la lune était claire, et des gens étaient encore dehors, principalement des personnes pressées de rentrer chez elles.
- Où allons-nous maintenant ? Tu as ce que tu veux, non ?
- Non pas tout à fait, justement. J’ai besoin d’autres produits. Il faut que j’aille dans un autre magasin, plus au nord de la ville.
- Quoi ? Mais tous les hommes de De Fort sont à nos trousses, maintenant ! rétorqua-t-il, énervé. C’est leur ville, ils peuvent nous retrouver n’importe où ! On est en danger !
Aucklay se tourna vers, les sourcils froncés.
- Premièrement, avec la grenade incendiaire que j’ai envoyée dans leur quartier général, ils doivent lutter contre un incendie s’ils ne veulent pas voir toutes leurs marchandises partirent en fumée. Deuxièmement, je vous rappelle que vous êtes mon garde du corps, et que vous devez me protéger. Et troisièmement, si je n’ai pas tout ce dont j’ai besoin, pas de vente, et pas de salaire. Compris ?
Son interlocuteur resta silencieux, et le suivi dans la rue, sous la voûte étoilée.

Auteur:  Bleeding139 [ Mer 1 Sep 2010 13:51 ]
Sujet du message: 

Youpi ! Le nouveau chapitre est enfin sortit !! ( je suis trop accro, ma parole ! )

Franchement, le premier paragraphe décrivait bien dans quelle situation était Jan, on sentait bien ce qu'il ressentait. On a même l'impression d'être rentré dans ce personnage, ce qui fait qu'une nouvelle fois, Escogryphe, tu as prouvé que tu es talentueux dans les descriptions !!

Bon, j'en ai marre toujours de me répéter, mais tant pis : Continue ! C'est excellent !

Auteur:  Escogryphe [ Mer 8 Sep 2010 17:35 ]
Sujet du message: 

Le onzième chapitre est juste en-dessous de ce texte que de toute façon personne ne va lire. Les seuls qui ne savent pas encore que ce que j'écris est inutile perdent un temps précieux, pendant lequel ils pourraient plutôt savourer la suite des aventures d'Aucklay et de Skyler qui connaît ici un tournant majeur, et ces mêmes lecteurs de lettres perdues en lisant cela ont donc encore plus envie de lire ce chapitre, à cause du suspens que je viens de dévoiler, et sont logiquement encore plus enclins à souhaiter la fin de ce prélude.
Chapitre 11:

Ils continuèrent ainsi pendant un certain temps, marchant d’un pas leste, attentif au moindre danger. Discutant des évènements précédents, Skyler appris que De Fort avait envoyé Aucklay à la recherche d’un artefact ancien, mais ce dernier l’a « caché dans un endroit où personne ne viendra chercher ». Devant la façade d’une échoppe anonyme, le marchand s’arrêta et entra. La pièce était encombrée de machineries étranges, faites de verre et de métal, aux formes improbables et tordues. Une femme brune et aux yeux pétillants s’affairait à manipuler un des ustensiles. Elle sursauta quand elle entendit la voix de l’homme aux cheveux blancs et ébouriffés.
- Bonjour Elena. Je viens prendre ce que j’ai commandé, déclara-t-il.
- Ça alors ! William ! Ça fait au moins quoi ? Deux ans, non ?
- En effet, un sacré bail, souri-t-il. Mais tu vois, je suis pressé, donc...
- Je vois. Je reviens dans cinq minutes.
Elle disparu dans une arrière boutique sombre.
- Une connaissance ? demanda Jan.
- Oui, plutôt une amie. Elle m’a toujours aidée à me procurer ce dont j’avais besoin.
- Et à propos, de quoi avez-vous besoin, maintenant ?
- Vous vous y connaissez en sciences anatomiques ? Car il faut des certaines bases pour comprendre ce qu’il me faut, répondit William d’un air hautain.
- Non, mais je me dois de vous dire que les clients qui ont besoin de machines de ce genre sont passablement d’étranges clients.
- Mais ils restent des clients. Et ils payent bien.
Elena revint, apportant petit carton.
- Voilà voilà, mon cher. Tu as payé en passant commande, il me semble.
- En effet. Merci Elena. Malheureusement, je dois partir, j’ai des affaires très urgentes, dit Aucklay en mettant la marchandise dans son sac.
- Je comprends. Donc à la prochaine, en espérant que ce ne soit pas encore dans deux ans.
Ils se dirent au revoir, et les deux hommes se mirent en route, tout aussi rapidement qu’à aller, en prenant la direction du port. La nuit était silencieuse, et fraîche. Il ne restait qu’une poignée de badauds dehors. Seuls les bruits de leurs pas sur les pavés venaient briser le calme nocturne, ainsi qu’un aboiement de chien ou un cri solitaire. Les deux comparses avançaient rapidement, sans dire un mot, aux aguets. Ils étaient dans une large avenue marchande, tous les volets étaient fermés, de minces rayons dorés s’échappaient des persiennes. Ce fut Skyler qui réagit en premier. Il attrapa les bras d’Aucklay, l’arrêtant. D’un geste de la tête, il lui désigna un groupe de personnes marchant dans l’autre sens, à une trentaine de mètres. Lorsqu’ils furent plus près, Skyler commença à réfléchir à une solution. Il avait reconnu un homme parmi le rassemblement d’au moins une dizaine d’hommes. Le lieutenant de De Fort, l’échalas au smoking, celui qui avait tiré sur son ami. Ce dernier se tourna vers son garde du corps, et lui adressa un regard déterminé. Il se tourna vers les hommes qui se rapprochaient, peut-être les avaient eux aussi reconnus. En un instant, Aucklay agit. Il dégaina un pistolet d’une poche à sa droite, tendit son bras et tira à deux reprises. Les coups de feu secs résonnèrent comme une pierre qui tombe dans l’eau, provoquant des vagues et des remous imprévisibles qui se répercutent sur les bords. Une silhouette s’effondra, et ses camarades réagirent en une fraction de seconde. Ils crièrent aux deux compagnons de s’arrêter, et coururent dans leur direction. Mais Skyler avait déjà prévu une échappatoire. Il tira le marchand vers une ruelle de l’autre côté du boulevard, et ils recommencèrent ainsi à fuir.

Se faufilant parmi un labyrinthe de passages étroits et sales, ils se dirigèrent vers leur destination, par une voie détournée. Une autre rue se rapprocha, offrant d’autres possibilités. Mais le bonheur fut de courte durée. Des silhouettes apparurent, bloquant la sortie. Le chasseur de primes ne se fit pas prier. Il avisa une caisse de bois volumineuse rangée contre un mur. S’en servant comme appui, il jaillit sur les gêneurs d’en haut, épée au clair. Le premier ne le vit pas arriver, il lui sauta dessus, et lui transperça la poitrine. Jan en embrocha un autre, avant de parer un coup dans son dos. Il arrêta la lame de justesse, et plongea le couteau de sa première victime dans le ventre de sa cible. Il assomma le dernier d’un coup de pommeau. Tout cela s’était passé en un instant. Aucklay était déjà à ses côtés. Le sang avait éclaboussé les vêtements de Skyler, mais il ne semblait pas s’en soucier. Les bruits des bottes sur les pavés dans leurs dos se rapprochaient, et la fatigue, à travers les coups de bélier du palpitant et dans la gorge, commençaient à poindre. Le bretteur avait repéré une tour blanche dans la nuit bleu marine, et il prévint son comparse.
- La caserne de la Marine, là bas. Les hors-la-loi n’oseront pas s’en approcher.
- Pas sûr, rétorqua l’autre, en haletant. Les soldats peuvent tout aussi bien être corrompus. Je ne crois pas que ce soit une bonne idée.
- Mais si, venez ! s’écria Skyler, déjà parti.
Le marchand grommela des paroles inintelligibles, hésita un moment, puis le suivi. Ils coururent encore à travers de sombres ruelles insalubres, aux sols boueux. Les murs étaient bien hauts, amoindrissant la luminosité. Débouchant sur une petite place décorée par une fontaine qui trônait en son centre, ils continuèrent leur route en atteignant le mur d’enceinte de la caserne et en le longeant. C’est sur ce mur que les soldats accrochaient les affiches annonçant les mises à prix des têtes des pirates et des criminels. Par pur réflexe de chasseur de primes, Jan les observa en trottant, et en reconnu la plupart. Il faillit détourner le regard, mais la dernière retint son attention. Dès qu’il eut posé ses yeux dessus, son cœur s’arrêta de battre. La lune éclairait suffisamment pour enlever toute probabilité d’erreur. Malgré la photo floue, il reconnut le visage anguleux, les cheveux ébouriffés, le nez court. La bouche esquissait même un sourire en coin. Jan fut encore plus abasourdi quand il lu le texte en dessous.
[align=center]
RECHERCHÉ
Pour : homicides d’agents du Gouvernement, vols de biens appartenant au Gouvernement, destructions d’infrastructures appartenant au Gouvernement, vols de documents classés secret défense :
WILLIAM AUCKLAY
Tête mise à prix à hauteur de 55 millions de Berrys
MORT OU VIF
[/align]

Skyler resta bouche bée. Comment... ? Pourquoi... ? Les interrogations se bousculaient dans son esprit. Il ne pouvait pas le croire. Aucklay, un pirate ? C’était impossible. Il se tourna vers ledit Aucklay. Celui-ci l’avait dépassé, il marchait doucement. Jan posa une main sur son épaule, l’arrêtant. Il bredouilla difficilement.
- William... Que... Qu’est ce que c’est que ça ? Pourquoi...
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase. Son compagnon se retourna vivement et déplia son bras droit d’un geste ample. Il sortit d’une poche intérieure un pistolet finement ouvragé, et le braqua entre les deux yeux de Skyler. Ce dernier n’entendit que le bruit de la détente, puis de la poudre qui s’embrase en une détonation invisible.

Auteur:  Nicolelow [ Mer 8 Sep 2010 19:18 ]
Sujet du message: 

Wahou, génial ces deux chapitres que je découvre d'un coup !
Continue comme ça !
Tu as bien dit qu'il s'agit de la fin du prélude ; j'imagine donc que l'histoire va brutalement changer pour entrer dans une nouvelle atmosphère, j'attends tout ça avec impatience.

Auteur:  Escogryphe [ Mer 8 Sep 2010 20:26 ]
Sujet du message: 

@ Nicolelow : Quand je parlais de prélude, c'était pour décrire le texte avant le chapitre, c'était une erreur de formulation ^^. Mea culpa pour les incompréhensions. Mais sinon tu as raison, l'histoire va connaître un certain changement, mais ce chapitre marque seulement la fin de la première partie, pas seulement de l'introduction.

Auteur:  Nicolelow [ Jeu 9 Sep 2010 07:51 ]
Sujet du message: 

C'est pas grave ; que ce soit première partie ou introduction, il y a toujours une suite =D

Auteur:  Escogryphe [ Mer 15 Sep 2010 16:20 ]
Sujet du message: 

En effet, Nicolelow. Et la voilà la suite, sans plus attendre :

Chapitre 12 :

Des vagues qui venaient mourir silencieusement dans une écume immaculée. Un ciel dénué de nuage, infiniment bleu. Des empreintes de pas sur le sable doré, aux bords flous. Skyler les suivait, en courant. Il ne savait pas pourquoi, mais il les suivait. Courir sur le sable est fatiguant, mais Jan ne s’en souciait pas. Il ne sentait pas la douce chaleur du sol mou sur ses pieds nus. Il ne sentait pas la brise marine caresser ses joues. Il ne voyait que les pieds fantomatiques qui étaient devant lui, et qui continuaient dans l’horizon. Le soleil écrasait la scène de son invisible puissance, comme un drap de métal lourd et brûlant. Et le silence. Seul l’air qui soufflait dans les oreilles de Skyler était perceptible. Mais il ne s’en souciait pas. Il restait focalisé sur les marques de pieds sans ciller, sans détourner le regard. Le temps ne s’écoulait plus. Plus de secondes. Plus de minutes. Plus d’heures. Plus de jours. Seules les empreintes s’égrainaient. D’un coup, lesdites traces marquaient un angle droit vers les dunes, et continuaient à l’intérieur des terres. Jan continua alors, escaladant difficilement les collines de sable meuble.

Ses jambes s’enfonçaient dans le sol à chaque pas, l’ascension était frustrante. Enfin, il était arrivé en haut. Derrière lui, la mer. Devant lui, des dunes à perte de vue, toutes anonymes dans la diversité, un désert de vagues immobiles et dorées. Il sentit un bruit dans son dos. Il ne l’entendit pas. Faisant volte-face, il tomba nez à nez avec... Le soleil en face de lui ne permettez pas immédiatement de reconnaître le visage, mais quand la silhouette vint masquer la lumière, Jan ne bougea même pas.
C’était lui-même, il se voyait comme dans un miroir.
Sa tête. Ses yeux. Ses cheveux. Son nez. Lui. Son double le dévisagea, le scrutant comme un étranger, puis sourit. Il éclata même de rire, la bouche grande ouverte, rayonnant. Les exclamations de bonheur de son « reflet » parvinrent aux oreilles de Skyler comme étant... étranges, inconnues. Ils étaient puissants, tonnants, vivants. Et enfin, un sourire naquit sur sa bouche.


Qu’est ce que c’est ?

La fin ?

Le paradis ?

...

Non.

Juste un rêve.

Un rêve.


La conscience de Jan émergea du néant, ses sens, son esprit se réveilla. Son corps aussi. Chaque parcelle de son être lui envoya un message de douleur atroce, il ressentit comme quand quelqu’un sortait du sommeil dans une maison en flammes, sans savoir ce qu’il était arrivé. La souffrance lui vrillait toutes les fibres de ses muscles, lui entaillait sa peau, lui attaquait son cerveau. Des aiguilles imaginaires saillaient dans ses organes. Il tressaillait, il convulsait, comme pour se dégager de cette torture. Jan hurla sans s’en rendre compte, des larmes de désespoir coulaient de ses yeux fermés. Sentant à peine une emprise sur son bras, il ne sourcilla pas plus quand une aiguille – réelle cette fois – lui perça la peau. Et quelques minutes plus tard – une éternité de malheur pour lui, où il maudit sa vie et voulu mourir maintes fois – la douleur s’estompa, puis disparu totalement, comme neige au soleil. Seul la fraîcheur de l’air sur son torse nu, une sensation revêche sur son front et un bruit de respiration subsistèrent parmi à travers ses sens. Skyler était exténué, éreinté physiquement et psychologiquement, sans volonté, sans énergie. Ses pensées étaient absentes pendant un moment de vide total, puis il se souvint de ce qui s’était passé ; Aucklay lui avait tiré dessus. À bout portant. Je devrais être mort.[i]se dit-il, Mais non.[/i] Il essaya de se relever, mais la froide souffrance surgit dans son dos, le clouant horizontalement. De la sueur perlait de tous ses pores. Une voix douce et chaleureuse, d’un homme âgé sans doute, le tira de sa torpeur immobile.
- Eh tout doux ! Avec ce que vous avez reçu, il vous faut du repos. Je vous ai donné un antidouleur, mais votre état risque de durer encore au moins trois jours. Donc, restez au lit.
Jan essaya de répondre, exténué, baragouinant difficilement.
- Qu’est ce que... Qu’est ce qui s’est passé ?
Le vieil homme mit un certain temps à répondre.
- Je vous ai trouvé inconscient, dans la rue, je croyais que vous étiez mort, puis j’ai vu que vous respiriez encore. Je vous ai ramené ici, et je vous ai ausculté. Vous avez reçu de la tridicaïne, un puissant tranquillisant, sûrement par projectile empoisonné. Elle provoque un coma de quelques jours, et une douleur généralisée au réveil.
- De... Depuis combien de...
- Depuis combien de jours est-ce que vous êtes inconscient, c’est ça ? Eh bien, je vous ai ramassé il y a deux nuits. Normalement, vous ne devriez pas vous réveiller avant au moins trois jours avec ce que vous avez reçu. Vous êtes solide.
Skyler encaissa péniblement les paroles de son soigneur. Deux jours. Et Aucklay ne l’a pas tué. Il doit être bien loin à présent. En songeant à cela, une pensée traversa d’un trait son esprit, aussi douloureusement que la tridicaïne, le bouleversant totalement. Il essaya de la formuler oralement, mais aucun mot ne sortit de son corps fatigué. Quelques minutes de silence reposant plus tard, il dit posément, non sans difficulté :
- On m’a volé.
- Du calme, parlez doucement. Qu’est-ce qu’on vous a volé ?
Jan resta quelques temps sans répondre, le regard dans le vide, les yeux brillants, le cœur battant, puis répondit.
- Ma vie.

Auteur:  Escogryphe [ Mer 22 Sep 2010 17:15 ]
Sujet du message: 

Moins de vues, moins de commentaires, sûrement à cause de la reprise du travail (c'est dur, hein ?), mais les chapitres continuent à s'écrire tout seul évidemment, j'utilise un logiciel robot... Quelqu'un m'a cru ? Non ? C'est pas grave, je continue, de toute façon personne ne lit ça... Donc, je prends un peu de retard sur l'écriture (le chapitre que vous allez lire a été fini il y a 20 minutes, alors que j'avais de l'avance sur la publication auparavant), donc je me dois de vous annoncer que les délais de publication vont être rallongé d'une demi-semaine, voire d'une semaine entière, pour raisons scolaires (c'est-à-dire que j'ai plein de boulot pour le lycée). Pour faire plus clair, le chapitre 14 sera publié le dimanche 3 octobre ou bien le mercredi 6, au grand dam des aficionados de la Fanfic j'imagine, et ce à mon plus grand regret. Sinon, bonne lecture !

Chapitre 13 :


Assis sur son lit, Skyler détaillait la pièce dans laquelle il était depuis plus de trois jours. Les murs de pierre blanche, la fenêtre exigüe, à travers laquelle le soleil découvrant la poussière stagnante, les quelques meubles anonymes. La cicatrice causée par le projectile, au milieu de son front, s’était bien vite refermée. La souffrance avait quitté son être depuis quelques heures, il se sentait revivre, renaître dans un corps vidé de ses forces. Il se leva, ses jambes encore tremblantes, s’habilla avec ses habits lavé sur une chaise et sortit de la pièce. L’escalier était raide, est rude pour son organisme immobilisé aussi longtemps. Son soigneur avait dû entendre les marches craquer sous son poids branlant, il apparu en contrebas.

- Qu’est ce que vous faites ? Vous devez restez alité encore deux jours !
Jan ne répondit qu’une fois au milieu du salon, au parquet grossier, et au mobilier dépouillé.
- Je poursuis le criminel, qui m’a volé et empoisonné. Il a sûrement fuis et dois se trouver bien loin. Partir le plus tôt sera le mieux.
L’homme, à la moustache blanche fournie et aux traits bourrus, resta béat un instant.
- Mais... mais vous êtes encore convalescent ! Et vous ne savez pas où aller !
- Je vais très bien, grâce à vous. La douleur a disparue. Et je sais où je vais.
Sa démarche saccadée pour descendre les escaliers l’avait fait mentir, mais il ne semblait pas s’en soucier. D’un regard, il empêcha son interlocuteur de répondre, qui se résigna, puis demanda :
- Et est-ce que vous avez un bateau ? Et de l’argent ?
- Pour le bateau, je me débrouillerais, mais sinon.... commença Skyler, hésitant.
Son hôte se retourna, et alla vers une petite commode dans le fond de la pièce. Il revint avec une bourse bien ronde.
- Voilà ce que je peux vous donner. Ce n’est pas grand-chose, mais j’espère que ça vous aidera.
Il la lui lança, et Skyler la garda dans sa main, comme pour la juger. Puis il la lui retendit, d’un air désolé.
- Non. Je ne peux accepter. Vous m’avez déjà secouru, soigné et sauvé la vie. C’est déjà trop de présents.
- Bon... Vous êtes sur que ça va aller ? s’enquit le vieil homme.
- Oui. Et encore mille fois merci. Vous ne savez à quel point vous m’avez aidé.
Leur conversation se finit là, Jan faisant volte-face en un rabattement de cape, dans une sombre et fluide vague. Il fit quelque pas, et claqua la porte mal dégrossie derrière lui.
La rue était baignée dans une fraîche atmosphère matinale, le soleil s’était à peine levé, et plongeait la ville dans une blancheur albâtre. L’air dur de l’aube s’infiltrait dans les poumons, revigorant les âmes de sa glaciale emprise intérieure. Skyler n’avait en ce moment qu’une seule idée en tête, et il l’exauça d’un pas mal assuré, mais déterminé.

L’affiche était toujours la même, elle n’avait pas changée de place ni de contenu. L’impression d’arrogance d’Aucklay sur la photo était palpable. Le sang du chasseur de primes bouillonnait en observant l’image de cet homme. Il m’a menti, songea-t-il. Depuis le début. Il n’a jamais été marchand une seule seconde de sa vie. C’est un criminel, un assassin et un voleur. Il faut à tout prix que je le retrouve. À tout prix. Le plan de Skyler était clair dans son esprit. Il ne pouvait pas échouer. Il ne devait pas échouer. Pour retrouver William, il lui fallait un bateau. Mais il devait faire des choses qu’il n’aimait pas. Autant se mettre en route tout de suite.

Le vent soufflait du nord, il venait de tribord. Le bateau avançait doucement, chevauchant les quelques vagues. Skyler l’avait volé.
Un homme seul, y embarquant des caisses de nourriture. Il s’est approché par derrière, capuche relevée. Un coup sec derrière la nuque. Invisible au milieu de la cohue, le pauvre bougre, inconscient. Jan qui jette les amarres de l’embarcation à un mât, fine mais apparemment robuste. Un point qui disparaît bien vite de l’horizon d’Illusia.
Un goût aigre lui restait en travers de la gorge. Voler son bien à un innocent, ce n’était à son habitude. Mais il devait le faire. Pourchasser un criminel demande parfois de mettre de côté la bonne conduite, se dit-il. Surtout pour le pourchasser. Advienne que pourra quand je le retrouverais . Avec trois jours d’avance, il pouvait être déjà bien loin. Mais heureusement, Skyler savait où il allait, pour trouver des indices, et qui sait, une piste. Là où ils se sont rencontrés. L’île.

Auteur:  Cold Loki [ Sam 2 Oct 2010 12:28 ]
Sujet du message: 

Whaou ! Excellente fic ! Je l'ai dévoré, continue comme ça !!!

Auteur:  Escogryphe [ Mer 13 Oct 2010 18:12 ]
Sujet du message: 

Trois semaines de travaux chronophages en tout genres plus tard, le retour tant inattendu de "la Plume et la Flamme" ! Wouhou ! Les délais annoncés n'ont pas été tenu ! Youpi ! C'est la fête ! Bref, enjoy...


Chapitre 14 :

Le firmament restait désespérément couvert par une couverture cotonneuse aux nuances grisâtres. Difficilement et aléatoirement, la luminosité perçait les nuages, offrant un éclairage bienvenu. Le visage de Jan était fermé, il se concentrait sur son travail, manipuler une corde du mât, à quelques mètres de hauteur. Ses gestes étaient précis, rapides, pour éviter tout risque de déséquilibre. Un dernier nœud, et c’était fini. Quelques secondes plus tard, il était sur le pont, après avoir lestement sauté de son perchoir, entra dans sa cabine, et s'effondra sur un siège. Cela faisait maintenant trois jours que son bateau avançait, au gré du vent changeant, et des vagues puissantes. Il naviguait d’après ses souvenirs de la position de l’île où toute cette histoire avait commencée. Il l’avait à peu près située sur la carte, mais il n’était pas sûr de la trouver. Les réserves de nourriture présentes sur l’embarcation s’amoindrissait lentement, Skyler savait faire des réserves et économisait ses ressources pendant une traque. Car après tout, il ne pourchassait plus son ami qui l’avait aidé et accompagné pendant quelques jours, mais un fugitif potentiellement dangereux, recherché pour une somme colossale. Le tumulte qui agitait les pensées de Jan à se propos était constant et violent. Comment a-t-il pu être berné aussi longtemps, aussi profondément ? Chaque minute passée, chaque parole échangée avec Aucklay revenait dans son esprit comme nuit après jour. Il essayait de se souvenir d’une erreur, d’une incohérence dans le comportement et le discours du « marchand ». Rétrospectivement, il se rendait compte que William l’avait quasiment constamment entourloupé, roulé dans une farine rendue amère et honteuse avec le temps.

C’est le cœur emplit de détermination et d’espoir que Jan sauta sur le sable mouillé d’une plage anonyme de l’île si mystérieuse. Rien ne se passa à son approche, cinq jours après avoir largué les voiles d’Illusia. Le ciel était lumineux, l’air chaud, la brise douce, mais le chasseur de primes n’en tint pas compte. Il avait largué l'ancre à une encablure de l'île pendant une demi-journée, pour scruter les possibles mouvements, en vain. Son accostage se fit sur la côte ouest de l'île, doucement et prudemment. Comme lors de sa première venue, la frondaison hétéroclite du mur végétal face à lui contrastait avec le firmament clair. Il se mit en marche, ses pas s'enfonçant mollement dans le sol meuble, la tête résonnant de sa fermeté. Il entra dans la forêt une seconde fois, dix jours de naïveté et souffrance après la première. Le climat n'avait pas changé. L'atmosphère était pesante, l'humidité accablante, les plantes entravaient la marche, mais Jan ne s'en souciait pas. Les cris lointains d’animaux, nombreux et lugubres, n’effleuraient même pas sa conscience. Son instinct guidait ses pas, même si il savait que l'île était vaste, et ce qu'il cherchait, peut-être caché.
Mais il avançait, inexorablement.

Après quelques heures éreintantes, dans une obscurité verte, un flot brillant vint à Jan d’un coup. Il avait débouché dans une immense clairière, mais il savait ce qu’elle était vraiment. L’explosion, la titanesque déflagration qui avait eu lieu lorsqu’il avait atteint l’île, c’était produite ici. Un fatras végétal, des centaines de troncs, de branches et de feuillage brûlés, réduits en poussières ou désagrégés. Le sol n’était plus que cendres, l’air, poussière. Un puits de désolation, au milieu d’un océan de vie immobile et taciturne. Skyler traversa cette plaine grisâtre en enjambant le chaos boisé. Soudain, il s’arrêta, le regard fixé par terre. Ce n’était pas des copeaux de bois, malgré leur aspect sales et terreux. Non. C’était des os. Des dizaines de bris de squelettes, morcelés, éparpillés sur une large zone, parfois minuscules. Le crâne gisait, pulvérisé, éclaté, par un impact d’une force incroyable. Relevant la tête, Jan scruta les alentours, l’enceinte d’arbres encore droits. Il était apparemment au milieu de l’arène désertique. Puis, sans attendre, il se remit en marche. Il n’y avait plus rien, plus rien d’intéressant ici. Il s’engouffra à nouveau dans la verdure, progressant toujours tout droit, sans faillir, sans se détourner.

Petit à petit, l’obscurité décrut, les branchages se firent plus espacés, et enfin, la forêt devint une plaine infinie, aux collines douces. Nulle trace de plantations ou d’activités humaine. Le soleil commençait à faiblir. La fin du jour poignait, et la détermination de Skyler commençait à flancher. Le doute s’installait dans son cœur. Et s’il ne le trouvait pas ? Et si William Aucklay s’était bel et bien volatilisé pour toujours? Et si... Jan souffla, un geste de résignation, et faillit se retourner pour regagner son bateau. Mais quelque chose l’en empêcha. Quelque chose de violent, un souvenir, une envie, une pensée qu’il avait presque oubliée, tellement elle l’occupait, tellement elle prenait de la place dans son esprit. Cette pensée était le symbole de sa vie, le pourquoi de sa lutte. Et pour cela, à cause de cela, il regarda droit devant lui, fixant la butte de terre qui se trouvait devant lui, et commença à se mouvoir.

Auteur:  Nicolelow [ Mer 13 Oct 2010 20:44 ]
Sujet du message: 

Très belle reprise de l'histoire ; juste une petite faute d'inattention :

"L’explosion, la titanesque déflagration qui avait eu lieu lorsqu’il avait atteint l’île, c’était produite ici."

Auteur:  Escogryphe [ Mer 27 Oct 2010 18:45 ]
Sujet du message: 

Encore deux semaines après le précédent, voici le chapitre n°15 d'une broutille de Fanfic. Si vous avez des reproches par rapport aux délais de publications, n'hésitez pas à les poster, je ferais transmettre à la partie du cerveau qui gère l'automutilation...

Chapitre 15 :

Le silence. Puissant. Pesant. Et pourtant imperceptible, et terriblement fragile. Un bruissement. Un oiseau qui s’envole d’une branche. Quelques soufflements d’ailes. Une caresse de vent dans les larges feuilles d’un chêne. Et le silence qui revient. Prêt à disparaître à tout moment. Le chasseur de primes aimait le silence. En sa présence, tout devenait plus clair. Plus facile à repérer. Puis à attraper. Il cultivait le silence et la discrétion comme un paysan sa terre. Avec soin et doigté. Mais il fallait rester aux aguets, ne pas se laisser enfermer dans sa coquille. Skyler gardait les yeux grand ouverts et les membres immobiles, et ce depuis quelques minutes. Il fixait, les sens tous ouverts, ce qu’il cherchait depuis plusieurs heures. La nuit était presque noire, les étoiles et la Lune scintillaient allégrement. Presque invisible, tapi derrière un tronc épais et un buisson touffu, et disposant d’une fenêtre de vision dégagée, le bretteur guettait une cabane. Une vulgaire habitation, de trois ou quatre mètres de large, au toit penché, adossé à une barrière rocheuse. Elle avait l'air ridiculement simple, anonyme, mais pour Jan c’était un aboutissement. Il savait que c’était ici qu’il allait trouver ses réponses, et il réfléchissait aux formes qu’elles pouvaient prendre. Mais cela restait tout de même le repaire probable d’un criminel. L’observation des lieux était donc primordiale. Mais il fallait bien agir à un moment.

Aucun mouvement repéré à l’intérieur, rien qui laissait supposer que quelqu’un était sorti il y a peu, bref, la voie était libre. Jan se leva en un geste, la main sur la garde de « Silver Feather ». En quelques pas légers, il était devant la porte gauchie, vermoulue. Un moment de flottement. Inspirant profondément, il replia sa jambe gauche lentement, et décocha un coup de pied dans la planche de bois, la décrochant violemment de ses gonds rouillés. D’habitude, il agissait prudemment, calmement, mais là, l’envie de rentrer avec fracas s’était imposée avec puissance. Le chasseur de primes alluma une bougie murale, et l’intérieur se révéla, dans une légère brume de poussière brune. Une odeur busquée prit ses narines en un instant, mais il détaillait sans ciller tout ce qui se trouvait dans l’unique pièce. Une simple table au milieu, un tabouret, un lit, deux armoires, et un bureau dans le coin. Il sentait que quelque chose s’était passée ici, le désordre dans les quelques affaires qui restaient étaient palpables. De nombreuses feuilles de papier jauni recouvertes d’écriture jonchaient le sol et le pupitre. Quelques articles de vaisselle étaient brisés, Aucklay ou la personne qui a habitée ici, est parti précipitamment. Jan resta dans l’ouverture de la porte, immobile. Voilà ce qu’il recherchait depuis bientôt 5 jours, inlassablement. Du papier. Il avait trouvé des feuilles de papier dans une cabane au fin fond d’une île inhabitée. Après tout, à qu’escomptait-il ? William, pieds et poings liés, qui l’attendait sagement ? Son corps ressentit soudainement une grande fatigue. Le repos avait été presque absent de la dernière semaine, l’activité, intense. Les morceaux de papiers se confondaient dans sa tête avec les vagues rencontrées pendant des journées de navigation ininterrompue. Il en souriait. Et pourtant, cela l’aiderait dans la traque qu’il avait entreprise. Cette idée, soufflée par un coin de son cerveau, raviva son cœur, le ramenant dans un état d’esprit prompt au travail et vif. Il ramassa rapidement les feuillets par terre, puis s’assit sur la chaise devant le bureau. À la lueur d’une flamme fluette, il commença ainsi à déchiffrer les inscriptions, dans une effervescence inhabituelle.

Des notes incompréhensibles, faites de chiffres, de lettres et de signes étranges. Des calculs algébriques. Des schémas complexes. Des ratures par dizaines. Les pages, habillées au recto et au verso d’un vêtement erratique, noir et tordu, s’égrenaient entre ses droits fébriles, devant ses yeux d’un coup écarquillés et excités. Les écrits sinueux se fondaient en une masse informe de données inutiles, vite écartés par Skyler. Il avait rassemblé tout ce qui semblait intéressant, et l’espoir s’amoindrissait en même temps que le tas de feuilles non consultées. Ce fut une des dernières qui l’arrêta dans sa recherche. Jetant sur un coin du pupitre des colonnes de nombres et de signes, il découvrit un paragraphe rectangulaire, entre deux dessins annotés. Quelques lignes visiblement structurées, il tenait un début, et les parcouru avidement.

Les essais touchent au but ! Je m’approche enfin des résultats attendus ! Enfin ! Plus que quelques tests à grandeur nature, et j’aurais ma revanche ! C’est incroyable, inimaginable ! Non, c’est... c’est moi. J’y arrive, moi, moi sur cette maudite île, seul, alors que des années en laboratoire ont été infructueuses, gaspillées par ces vauriens ! Je n’ai besoin que de quelques jours, quelques infimes semaines, et... et j’y serais. Après tout ce qui c’est passé... Enfin.

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