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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Ven 26 Fév 2016 01:53 
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HeatMan a écrit:
Voici une interview sur le site des bobos d'anal+ qui arrive à la bourre (ah ces bobos...) après la hype internet.




pépin 13 a écrit:
D'ailleurs à l'époque de la nouvelle vague et du nouvel Hollywood, ce sont des films d'auteurs qui étaient en tête du box office.


Les chiffres qui vont être donnés sont tirés de jpboxoffice.

La Nouvelle Vague n'est pas une réussite au box-office. Les réalisateurs ont connus un énorme succès avec leurs premiers longs métrages respectifs, puis se sont effondrés assez bas. Godard et Truffaut, les deux exemples évidents lorsque l'on évoque la Nouvelle Vague (Les Cahiers toussa toussa..) ont connu avec A bout de souffle pour l'un, Les Quatre Cent Coups pour l'autre, des diffusions importantes, respectivement de 2.208.962 et 4.092.970 entrées. François Truffaut, l'année suivante, ne dépasse le million d'entrées avec Tirez sur le pianiste, et le dépasse ensuite à peine avec Jules et Jim (1.567.176, soit tout de même presque à peine le tiers des entrées de son premier film, alors qu'on se souvient encore de celui-ci.)
Pour Godard, lui, c'est encore pire. Une femme est une femme fait 500.000 entrées, Le Mépris 1.585.935, ou encore Pierrot le fou, 1.310.579 entrées.
Le propre de la Nouvelle Vague n'est pas d'avoir eu un succès public, parce qu'elle n'en a pas connu. Hormis les premiers films de chaque réalisateur, ce sont des échecs cuisants. (Il faut bien comprendre que le public se déplaçait alors bien plus au cinéma) Non, si la Nouvelle Vague est encore dans les mémoires, c'est parce qu'elle a explosée les mécanismes de réalisations et de productions alors en vigueur, qui fonctionnaient avec le principe d'octroi de cartes, qui s'obtenaient évidemment après trente ans d'expériences dans l'assistanat, et de bonnes relations. C'est avec la Nouvelle Vague que le nombre d'auteurs a explosé, tant pour le cinéma que pour la télévision (puis le documentaire).
Si la critique a apprécié, ensuite, c'est du à plusieurs choses; Déjà, parce que ces réalisateurs, étaient eux mêmes des critiques. Ils ont commencés leurs carrière dans le journalisme, et ont donc su garder leurs entrées. Ensuite, parce que cela apportait de la nouveauté évidemment. Mais c'est à peu près tout. L'effet de surprise passé, ils se sont fait détruire par la presse. Le principal argument revenant étant une tentative de vouloir intellectualiser à outrance, le reproche qui est encore retenu contre eux, au point d'en être devenu représentatif.

Sinon, histoire de pouvoir parler de quelque chose que je connais, finissons par l'année 1972. Parce qu'elle est évocatrice (les films présents ne seront inconnus à personne), parce qu'elle arrive deux ans avant l'énorme succès du porno en salles, mais aussi parce que je la connais un peu vu les heures de recherche que je me bouffe aux archives nationales de Pierrefyte et à l'Inathèque.

(Bon, je traîne aussi à la Bibliothèque du film de la cinémathèque, mais comme elle s'appelle la Bifi, l'ironie de la situation me fait beaucoup de mal.)

Dans les cinq plus gros succès en salle cette année, on trouve deux comédies populaires des Charlots aux deuxièmes et cinquième places, Orange Mécanique en première position, Le Dernier tango à Paris en troisième et Il était une fois la révolution en quatrième. Si on y ajoute Le Parrain septième, on a une sacrée année tout de même. (Et il y en a encore d'autres hors du top 10. Si vous êtes curieux.)
Sacrée année oui. Mais personne ne se souvient je pense (j'espère) de ces films spécifiques des Charlots, tandis que les autres, je ne connais pas une personne, capable de me dire à quoi ressemble une salle de cinéma, qui ne connaisse pas ne serait-ce que de nom ces films. Des films dont on ne se souvient pas pour leurs succès (contrairement à La Grande Vadrouille ou Bienvenue chez les chtis récemment) mais bien plus pour leurs qualités intrinsèques. Et je pense que la différence se fait là. Il s'agit de films qui marquent le cinéma au point d'en faire oublier leurs contexte d'exploitations (Kubrick est à nuancer, mais pour des questions de censure plutôt que de succès) tandis que d'autres ne marquent que l'histoire de la diffusion, et n'apportent pas qualitativement. Malgré tout, marquer une époque, avoir du succès auprès de ses contemporains, c'est déjà une grande chose, et même si j'estime que Les Bronzés sont l'équivalent de Camping, force est de constater que les films ont permis à une génération d'acteurs de s'installer à tous les niveaux et sur toutes les scènes. Même si cela leur a fait couper les ponts avec d'autres artistes plus huppés comme Polanski.

Edit: Bon, bah le message précédent quoté a disparu, mais je pense (j'espère) que le mien a aussi de valeur en tant que tel.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Ven 26 Fév 2016 14:02 
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Oui je l'ai supprimé car je me suis rendu compte que je parlais beaucoup pour ne rien dire ^_^ et comme il était tard je pensais que personne ne me lirais et donc que ça ne poserais pas de problème en l'enlevant. Désolé.
Mais la réaction du critique m'a vachement choqué pour la façon dont il méprise des films qui ont été globalement très appréciés (mais bon ça à la rigueur...), et surtout lorsqu'il dit "je ne vais pas vous dire que ces films sont nuls, je pense que vous le savez déjà". C'est quand même très prétentieux (-_-) surtout que le cinéma d'auteurs français d'aujourd'hui ne vole pas très haut non plus, à de rares exceptions comme Jeunet (et lui il a du succès) . Et la vision de la France qu'ils nous proposent est encore plus fausse que celles de ces comédies françaises qu'ils critiquent.
Et c'est ça qui me dérange : ils pensent "saisir la France" alors qu'ils ne la connaissent absolument pas; ils ne sortent pas de Paris et restent dans leur milieu.
Donc voilà, petit coup de gueule parce que selon moi c'est ce genre de visions qui plombent le cinéma français. Et oui analyser les films suivant leur succès au box office ça permet de donner des indications (sur ce qui plaît) , donc on peut tout à fait le faire...
Et de manière générale, les bons films marchent au box office, ou par la suite en DVD ou à la TV (comme Fight Club ou Blade Runner par exemple). Au sujet de la Nouvelle Vague : il me semble qu'il n'y a pas que les premiers films qui ont marché ; le dernier métro et les parapluis de Cherbourg ont aussi été des succès , non ? Et pour le Nouvel Hollywood le succès public est indéniable ^^. Jaws, Star Wars, Le parain, 2001 l'Odyssée de l'espace (même si Kubrick est un peu à part), etc...
Donc voilà, mine de rien j'ai bien résumé mon post ^^ ça me fera toujours bizarre de constater qu'il y en a qui sont incapables de comprendre les goûts du grand public (tu m'étonnes que leurs films ne soient pas des succès). Evidamment que les gens ne vont pas payer 10 euros pour voir un film qu'ils ne comprendront pas (dans le sens où ils n'ont pas l'impression que le film s'adresse à eux) et qui leur donnera le cafard (pour certains).

ps : je tiens à préciser que je ne suis moi même pas trop fan des comédies de ces dernières années, sauf les taxis, Astérix 2 et Intouchables (et dans une moindre mesure les ch'tis et rien à déclarer) que je trouve plutôt sympathiques ^^ J'ai plus d'affection pour les films du Splendide ou de De Funès. Et la vidéo était tout de même intéressante.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Ven 26 Fév 2016 18:16 
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Petit rappel biographique: on parle de Jean-Baptiste Thoret, le spécialiste du cinéma américain qui, à l'âge de 23 ans, écrivait son mémoire sur John Carpenter à l'époque où toute la critique française le considérait comme un pornographe alors qu'il séduisait le "grand public". C'est également le type qui a écrit avec passion sur le Giallo quand il était bon de cantonner le genre à des mannequins italiennes à poil et ensanglantées. De fait, j'ai du mal à te suivre lorsque tu affirmes que Thoret est "incapable de comprendre les goûts du grand public (tu m'étonnes que leurs films ne soient pas des succès)". Dans la même vidéo, Thoret prend bien soin de critiquer avec véhémence les films "d'auteurs" (La Loi du Marché, Mon Roi) tournés sous Prozac, et affirme (tout comme toi) que "la vision de la France qu'ils nous proposent est encore plus fausse que celles de ces comédies françaises." Le clivage beauf/bobo (ou la France/le 16ème) auquel tu sembles faire allusion n'a donc pas lieu d'être.

Je reviens sur la première partie de ta critique, pépin, qui affirmait que Thoret ne "connaîtrait pas la France", lui, le petit parisien bobo qui vient... de Poitiers. Bref tout ça pour dire que non, Thoret n'est pas prétentieux et ne vit pas dans sa tour d'ivoire (il suffit d'écouter sa façon de parler, de regarder ses habits, de s'intéresser à ses goûts et les comparer aux autres intervenants pour comprendre qu'il fait tache). Thoret fait attention à critiquer les films qui semblent concorder avec son analyse: il ne dit rien au sujet des deux OSS 117, par exemple. D'autre part, les OSS sont des vrais films, eux. Il ne s'agit pas de balayer d'un revers de la main toutes les productions françaises de ces 15 dernières années. Thoret aime le cinéma français, en témoignent ses interventions sur Clouzot et son avis sur de Funès dans la vidéo que j'ai envoyée.

J'ai posté cette vidéo car je voulais qu'elle suscite un débat. Le postulat de départ de Thoret cherche à choquer, c'est son but. On peut réfuter certains arguments mais ton approche ne me satisfait pas. D'une part parce qu'elle critique surtout l'homme et non ses idées. D'autre part parce que tu sembles défendre ces films (même si faiblement), mais tu n'expliques pas pourquoi toi, tu les aimes, ces films. Du coup j'ai du mal à saisir ce que tu entends par "les goûts du grand public."

Et puis, la question se pose, c'est quoi le "grand public" ? Ou selon tes termes, le monde qui ne vit pas dans le 16ème ? C'est quoi la France ? De quelle France ces comédies sont-elles le nom ? Ou plutôt, de quels Français ? Et les chinois, arabes, handicapés, étrangers, juifs, noirs, musulmans, homosexuels, etc. dépeints dans ces comédies grand public, on leur a demandé ce qu'ils pensent de ces films ? Font-ils partie du grand public ? Combien de reportages y a-t-il eu chez la communauté handicapée ou en Seine-Saint-Denis après Intouchable ? Bref, le "vrai" public, le public ciblé, il en pense quoi ? Ayant vécu dans un lycée ZEP en plein milieu d'un quartier populaire lors de la sortie d'Intouchable, je peux te dire qu'il a eu 0 succès. Niet. Etant moi-même à moitié sourd et vivant dans une famille lourdement atteint par la surdité (mon frère et mon père), je peux te dire que La Famille Bélier est un film insultant. Et objectivement un mauvais film. Ce qui m'énerve dans ces films, c'est leur prétention à aborder un sujet "politiquement incorrect" ou à représenter une France invisible tout en refusant de traiter le sujet, de montrer "la réalité du terrain". MASH, Dr. Folamour, Tonnerre sous les Tropiques, Le Dictateur... sont des films hilarants qui abordent de plain-pied la difficulté de leur sujet et qui transcendent avec brio le malaise qu'il pourrait susciter. A travers leur succès, ils prouvent qu'il est possible de faire une comédie populaire avec un véritable message politique. Et au delà, d'être une comédie politique d'une grande qualité artistique. Je rappelle également qu'un succès public ne veut rien dire. Le public peut se déplacer en masse pour un film et ne pas l'aimer - il suffit de voir la note allociné ou senscritique d'Aladin.

Et puis, "c'est ce genre de vision qui plombent le cinéma français" eeeeuh... Oui, c'est décidément la faute de ces foutus critiques si l'on se retrouve avec des daubes comme Aladin ou Rien à déclarer O_o A moins que tu ne parlais des films d'auteur ?

EDIT:

Citation:
C'est bien des gens formatés n'y connaissant pas grand chose qui donnent des leçons au peuple. Je ne parle pas de politique au sens gouvernement..., seulement de phénomènes sociaux qui touchent des personnes normales puis des "bien-pensants" loin de tout, jugent, analysent, donnent des modèles/standards à adopter parce que c'est la mode...

Hmm... Oui, c'est une autre histoire. Ce n'est pas (exactement) le propos de Thoret. Il ne faut pas confondre discours politique et discours artistique (on a eu un débat similaire dans le sujet dédié à Gone Girl). Il existe des films sexistes ou rétrogrades écrits, joués, réalisés par des femmes (de tête, Sous la jupe des filles), comme il existe des films "féministes" ou "progressistes" écrits et réalisés par des hommes (de tête, Fury Road).

Pour reformuler ce que dit Thoret :

1. Ces films n'ont aucune qualité cinématographique. Ce sont des téléfilms, et leur présence dans une salle de cinéma est incompréhensible. Regarder Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu devant sa télé avec un bon verre de vin, soit. Mais ce film ne nécessite pas un grand écran, un public, une immersion sonore, etc.
2. Ces films tiennent un faux discours politique qui vise à rassurer les masses: en riant avec/des noirs et avec/des handicapés, la France pense avoir réglé ses problèmes sociaux. Or ce genre de films dépeint une société féérique.

Ces films ne sont pas des "donneurs de leçon" comme tu l'expliques : quelle leçon Qu'est-ce...dieu donne-t-il ? Au contraire, ces films s'obstinent à ne pas renseigner, à ne pas informer.

Mais si je t'ai bien compris, ton propos est plus en rapport avec la polémique #OscarsSoWhite ^^

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Dernière édition par Donnie Darko le Ven 26 Fév 2016 21:13, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Ven 26 Fév 2016 18:49 
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Donnie Darko a écrit:
Combien de reportages y a-t-il eu chez la communauté handicapée ou en Seine-Saint-Denis après Intouchable ? Bref, le "vrai" public, le public ciblé, il en pense quoi ? Ayant vécu dans un lycée ZEP en plein milieu d'un quartier populaire lors de la sortie d'Intouchable, je peux te dire qu'il a eu 0 succès. Niet. Etant moi-même à moitié sourd et vivant dans une famille lourdement atteint par la surdité (mon frère et mon père), je peux te dire que La Famille Bélier est un film insultant. Et objectivement un mauvais film. Ce qui m'énerve dans ces films, c'est leur prétention à aborder un sujet "politiquement incorrect" ou à représenter une France invisible tout en refusant de traiter le sujet, de montrer "la réalité du terrain".


Ah tu m'as touché mec!
Je suis bien d'accord avec toi et ça me fait penser à une reflexion qu'a tenu une videaste féministe Ginger Force.
C'est bien des gens formatés n'y connaissant pas grand chose qui donnent des leçons au peuple. Je ne parle pas de politique au sens gouvernement..., seulement de phénomènes sociaux qui touchent des personnes normales puis des "bien-pensants" loin de tout, jugent, analysent, donnent des modèles/standards à adopter parce que c'est la mode...

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Sam 27 Fév 2016 03:27 
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Allez un petit message-réponse à DD. J'ai pas envie de m'imiscer dans le débat plus que ça (pas encore tout du moins), mais y'a tout de même 2 choses qui m'intéressent:

- "Le public peut se déplacer en masse pour un film et ne pas l'aimer - il suffit de voir la note allociné ou senscritique d'Aladin." : Pour dire ça, il faut quand même avoir une sacré méconnaissance du monde qui t'entoure. Pas que je trouve Aladin bon (je l'ai vu récemment avec des collégues de la GBF et je peux attester que ce n'est pas un bon film), mais je suis fondamentalement sûre que la majorité des spectateurs ont aimé ce film. Déjà, même si je suis un très grand utilisateur de Sens Critique, il faut bien prendre en compte le fait que le site a une communauté très ciblé. Il est très très loin d'être representatif des goûts moyens. Allociné le serait peut-être un peu plus, et encore... Ces deux sites sont sur internet, et demande un minimum d'investissement, et rien que ça fait qu'il ne peuvent être vraiment représentatif du public moyen. Donc là dessus je suis complétement en désaccord avec toi. Tu prends par exemple les profs, qui s'est aussi pas mal fait incendier sur Internet, et le 2ème film a marché du tonnerre, prouvant que le public n'était pas suffisament déçu pour ne pas aller voir la suite.
- "Ces films n'ont aucune qualité cinématographique. Ce sont des téléfilms, et leur présence dans une salle de cinéma est incompréhensible. Regarder Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu devant sa télé avec un bon verre de vin, soit. Mais ce film ne nécessite pas un grand écran, un public, une immersion sonore, etc." Va vraiment falloir que tu précise ça, car ça me parait difficilement défendable. Comme toi, le box office français actuel me désole, ainsi que le niveau des superproductions récentes, mais de là à dire que ce ne sont pas des vrais longs métrages, et qu'ils n'ont pas leurs places dans un cinéma...

Bon, et j'essayerais d'avoir écouté la conférence pour la prochaine fois aussi.

Edit: Du coup j'ai écouté la conférence et ça répond un peu à ma seconde question. Je trouve ça tout de même un peu extrémiste tout en sacralisant le cinéma de manière bizarre.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Lun 29 Fév 2016 11:28 
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Bien sûr que ces films marchent Houblon, mais il faut aussi déterminer l'importance à donner à ces chiffres. Ces films sont-ils vus parce qu'ils sont des films ou d'abord parce qu'il y a tel acteur dedans. (là tout de suite je pense à Amis Publics avec la grosse tête de Kev Adams ou même aux profs dans lequel Kev est hyper mis en valeur alors qu'il n'a qu'un rôle secondaire, ce qui n'est apparemment le cas du 2 d'ailleurs, comme par hasard.)
Alors oui ça a toujours été un peu comme ça je suppose que les noms de Bourvil et De Funès attiraient aussi beaucoup. Mais la différence entre Kev Adams, Omar Sy, Danny Boon et Kad Mérad et Bourvil, De Funès c'est que d'un côté ils se sont faits connaître par leurs films et à travers le cinéma et que de l'autre ils étaient déjà connus et populaires avant le cinéma, donc ils ne sont pas gage de ce dernier mais juste une carotte tendue.
À partir de là selon moi on peut se questionner légitimement sur la nature de ces films : est-ce vraiment du cinéma ? et sont-ils regardés pour ça ? Là tout donne l'impression que la télé envahit le cinéma (et pas que la télé Norman et Hugotputseul ont aussi eu des rôles), c'est pas ce que voulait dire Donnie Darko mais à partir de là, dire que c'est des téléfilms (ou des télés-films ;;;;;;))) ne me paraît pas entièrement faux.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Lun 29 Fév 2016 11:48 
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anto a écrit:
Alors oui ça a toujours été un peu comme ça je suppose que les noms de Bourvil et De Funès attiraient aussi beaucoup. Mais la différence entre Kev Adams, Omar Sy, Danny Boon et Kad Mérad et Bourvil, De Funès c'est que d'un côté ils se sont faits connaître par leurs films et à travers le cinéma et que de l'autre ils étaient déjà connus et populaires avant le cinéma, donc ils ne sont pas gage de ce dernier mais juste une carotte tendue.


Mais si on va par là, alors on remet en cause la carrière de gens comme Bill Murray qui ont commencé au Saturday Night Live. Ou des films Monty Python...
Même en France, on a toujours eu des "stars" qui ne venait pas forcément du cinéma: Jacques Dutronc, Johnny Hallyday, Eddie Mitchell, ... Ou juste Jean Dujardin qui est un des acteurs les plus bankable de ces dernières années, et s'était fait connaître à la télé.
Alors oui, je suis d'accord dans la vidéo pour le passage "Asterix et les jeux Olympiques" qui est assez intéressant. Mais pour ce qui est de Danny Boon, Kad Mérad et Kev Adams, ils ont fait une percé dans le cinéma, et je me vois pas remettre ça en cause.
Surtout que de plus en plus au cinéma, on a une barrière série télé/cinéma qui se brise (de plus en plus d'acteur du petit écran dans les salles, et l'inverse).

PS: c'est juste un petit message sans grand recul, je suis sur que je peux trouver tout un tas d'exemple de gens qui viennent d'ailleurs et se sont refait une bonne carrière au cinéma.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Lun 29 Fév 2016 12:08 
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J'étais sûr que t'allais dire ça j'ai même failli en parler dans mon premier message :')
On peut faire selon moi une différence entre les films comiques français qui ne s'adressent qu'au public français qui connait et apprécie les acteurs cités plus haut et les films américains qui visent un public plus large qui ne les connait pas. C'est pas grâce à ses sketchs que Bill Murray s'est fait connaître dans le monde.
Et finalement le fait que tu connaisses et cites Bill Muray ou les Monty Python le montre un petit peu.

(et encore c'est à relativiser parce que ok des exemples il y en a beaucoup, mais des comédies américaines qui n'arrivent que DTDVD en Europe et se limitent au marché américain il y en a aussi, je suppose que dedans on peut trouver des équivalents aux films français, ils sont sûrement juste moins encombrants vu la taille du cinéma américain)

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Lun 29 Fév 2016 12:20 
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Là encore, Thoret l'explique très bien. Le casting d'un acteur de série télé pour un film (de "cinéma") peut être très intéressant, car un acteur de télévision a une image, une étiquette. Certains réalisateurs aiment "détonner" une icône familière du grand public en contrastant son personnage afin d'y ajouter une profondeur ("cinématographique") dans sa personnalité monolithique (télévisuelle). Pour la deuxième fois depuis le début de cette conversation, je vous renvoie à la discussion dans le topic de Gone Girl. C'était sûrement le meilleur topic de l'année 2014 au sujet du cinéma, très riche en débats. Parenthèses à part, Thoret dénonce chez les figures télévisuelles comme Kev Adams et Zidane leur incapacité à jouer. Non pas qu'ils soient de mauvais acteurs (quoique...), mais leur performance est une performance de télé. Kev Adams joue son personnage de SODA et son rôle dans un film n'évolue pas. C'est la pollution télévisuelle du cinéma.

Si vous voulez comparer un film français et un autre américain qui tentent tous les deux de parler des tensions raciales, de racisme, de problèmes sociaux etc. via la comédie, il y a beaucoup de choses à dire sur Get Hard (ou En taule: Mode d'emploi). On est dans la même illusion décrite par Thoret, avec du faux racisme, un faux contexte, de faux personnages, un dénouement qui ne résout rien, etc. Si quelqu'un l'a vu, ça ou d'autres comédies américaines du même genre, pour nuancer l'analyse de Thoret, ça m'intéresserait d'en parler.

Sinon, les oscars, c'était hier:

Meilleur film - Spotlight
Meilleur réalisateur - Alejandro Gonzalez Inarritu
Meilleur acteur - Léonardo DiCaprio
Meilleure actrice - Brie Larson
Meilleur acteur dans un second rôle - Mark Rylance
Meilleure actrice dans un second rôle - Gerda Weneger
Meilleur scénario original - Spotlight
Meilleur scénario adapté - The Big Short
Meilleure photographie - The Revenant
Meilleurs décors - Mad Max
Meilleurs costumes - Mad Max
Meilleur maquillage - Mad Max
Meilleur montage - Mad Max
Meilleur montage son - Mad Max
Meilleur mixage son - Mad Max
Meilleurs effets visuels - Ex Machina
Meilleure chanson - Spectre (Sam Smith)
Meilleure musique de film - Les Huit Salopards (Ennio Morricone)
Meilleur film en langue étrangère - Le Fils de Saul
Meilleur film d'animation - Vice Versa
Meilleur documentaire - Amy

Oscar d'honneur à Spike Lee aussi, hmm, on voit bien venir la tentative de l'Académie à vouloir se racheter de ses nominés blanchis à la chaux.

Pas grand chose à dire. Spotlight était un bon film, bien que très 70s. Mark Rylance est un dieu pour l'anglophone shakespearien que je suis. Mad Max a le même destin que Star Wars IV (mêmes nominations, mêmes récompenses). Ennio Morricone et Léonardo DiCaprio obtiennent enfin leur Oscar. Je regrette que le dernier film de Spike Lee n'ait pas été nominé, ni le dernier del Toro. Gros oubli dans les hommages de l'Académie: Andrew Lesnie n'y est pas mentionné (!!).

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Lun 29 Fév 2016 12:38 
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Evidemment j'ai pris ces 2 exemples car ils sont reconnus comme ayant une place de choix dans le cinéma. Et si Bill Murray est autant un mastodonte du cinéma, c'est aussi car il ne fais pas que des comédies, et a eu des rôles dramatiques d'envergure (rien que récemment j'ai vu Broken Flowers de Jim Jarmusch qui est un chef d'oeuvre).
Mais bon, je pense pas qu'on puisse nier que le Saturday Night Live a eu une grande place dans la comédie américaine. Les acteurs qui en sont issue sont à l'origine de certains classiques du genre: Austin Powers, Wayne's World, The Blues Brothers, ... Même récemment Will Ferrel a sa petite carrière avec Anchorman ...
Alors bien sur ce ne sont pas non plus de grand films, et ça n'a pas l'aura d'un John Ford (pour reprendre un exemple du monsieur dans la conférence), mais ça reste un pan du cinéma. Un peu limité, pas excessivement diversifié, mais qui a tout de même apporté au cinéma.

Pour revenir en France, on a aussi quelqu'un comme Jean Dujardin, qui s'est fait connaitre par Nous C Nous et Un Gars/Une Fille, et dont un des films les plus connu est Brice de Nice (venant d'un sketch de Nous C Nous). Pourtant il a eu une suite de carrière qu'on lui connait, avec des films plutôt majeurs du cinéma "mainstream" français.
On peut aussi parler de Alain Chabat, qui s'est fais connaitre par les nuls, ce qui lui a permis de faire deux des comédies les plus réputés de ces dernières années: La Cité de la Peur et Asterix 2.

Bref. Pour moi, le problème ne vient pas forcément de la télé vers le cinéma. C'est plutôt la qualité intraséque des films dont on parle. Et surtout ne pas oublier qu'une évolution est possible.
Je veux dire, Jean Dujardin dans Brice de Nice c'est quand même affligeant, et pourtant son évolution fut remarquable. Peut-être (et je souligne bien le peut-être) que Kev Adams connaitra quelque chose du genre.
D'ailleurs Kad Merad a tourné un tas de daube, mais il a aussi fais quelques films correctes. D'ailleurs, il joue actuellement dans une série (mince télé) qui à ce qu'il parait n'est pas si mauvais que ça: Baron Noir.


Au final, le fait d'accepter tel long métrage comme cinéma, et tel autre non, dépend plus de notre propre définition du cinéma. Et partant de là, je vois mal comment on peut dire que tel film mérite d'être dans des salles obscurs, et tel autre non, sans enfermer le cinéma dans un certain immobilisme.

(bon c'était un message assez girouette quand même :D)

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Dim 6 Mar 2016 20:40 
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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Mer 9 Mar 2016 10:09 
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Les deux frères sont désormais deux soeurs. Bonjour à Lana et Lilly Wachowski.
Pour être honnête, j'ai presque cru à un poisson d'avril vu le caractère bougon, timide et discret du personnage Oo
Lilly a (malheureusement ?) coupé court au chantage des journalistes qui voulait la sortir du placard en... sortant du placard. Il est regrettable que les média en 2016 continuent à faire du harcèlement moral. Bonne chance à Lilly !

EDIT seleniel: Il y a eu un colloque sur Durendal ? O___O

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Dernière édition par Donnie Darko le Sam 26 Mar 2016 20:28, édité 1 fois.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Sam 26 Mar 2016 14:54 
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Je viens de suivre un stage de deux jours sur les blockbusters au cinéma (esthétique et économie) et je me permets d'en dire deux mots, comme je viens de lire plusieurs messages sur le forum qui finalement en reviennent au regard qu'on porte sur ce type de productions.

Les différentes interventions n'étaient évidemment pas d'égale qualité, mais deux se sont avérées vraiment intéressantes. La première, je passe rapidement dessus, de Joël Augros, économiste dans un département de cinéma à Paris VIII, sur le modèle économique du cinéma. Il a retracé un historique des blockbusters d'un point de vue économique (des majors donc), a montré l'évolution de la désignation, et traité quelques cas récents, comme le dernier Star Wars et le lancement de Batman/Superman. Et puis aussi John Carter (et Lone Ranger), pour nous présenter les formules de calculs de rentabilité des films et la difficulté qu'il y avait à pouvoir estimer quoi que ce soit du fait de l'opacité concernant les chiffres touchant à ces superproductions.

Mais c'est surtout l'autre intervention qui m'intéresse, et son auteur auquel je vois renvoie. Il s'agit de Laurent Jullier, et j'en avais parlé il y a quelques mois après l'avoir découvert dans un numéro de Hors-Série, le site d'entretiens. J'ai depuis lu quelques livres de lui, et j'ai été très heureusement surpris de découvrir que c'était lui qui animait toute la première matinée du stage. Sur l'approche des blockbuster, et la question du positionnement de la réception, je le trouvais déjà très bon, mais là, avec le temps disponible, de pouvoir regarder de près ce que ça supposait en termes de dispositifs techniques - vidéo, audio -, et d'esthétique - cadrage, caméra, montage - , tout ça pour une visée précisément identifiée et au service de laquelle tout se met en place (en gros embarquer le spectateur, montrée ici à partir d'outils relevant de la psychologie cognitive et de l'analyse filmique), ben c'était vraiment très chouette.

Je vous recommande donc ses ouvrages. On les trouve listés ici. Notamment Qu'est-ce qu'un bon film?, Analyser un film, et Cinéphiles et cinéphilies. Son site, très bien fait, est là, et on trouve une page intéressante sur ses doctorants également. Sinon, certains articles sont disponibles en ligne, et listés ici.

Et puis finalement, ce qui nous concerne directement se trouve dans le projet de recherche Cinéphilies/Sériephilies 2.0 qui questionne la critique de films et séries sur Internet. Leur dernier colloque était au début de l'année (je regrette de l'avoir manqué pour le coup) et son programme était alléchant.

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Sam 23 Avr 2016 17:28 
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Tiens! Personne pour relayer la Sélection de Cannes? Alors je m'y colle: la voici. Pour la compétition officielle, on a Woody Allen en ouverture, puis les films suivants:

Toni Erdmann de Maren Ade
Julieta de Pedro Almodovar
American Honey d'Andrea Arnold
La fille inconnue des frères Dardenne
Personal Shopper d'Olivier Assayas
Juste la fin du monde de Xavier Dolan
Ma Loute de Bruno Dumont
The Salesman d'Asghar Farhadi
Paterson de Jim Jarmusch
Rester vertical d'Alain Guiraudie
Aquarius de Kleber Mendonça Filho
Mal de Pierres, de Nicole Garcia
I, Daniel Blake de Ken Loach
Ma'Rosa de Brillante Mendoza
Baccalauréat de Cristian Mungiu
Loving de Jeff Nichols
Agassi de Park Chan-Wook
The Last Face de Sean Penn
Siera-Nevada de Cristi Puiu
Elle de Paul Verhoeven
The Neon Demon de Nicolas Winding Refn

Alors. Cette liste a suscité en moi deux réactions assez parentes. La première a été "toujours les mêmes noms", et la seconde, "pauvre Dolan, déjà institutionnalisé et promis à revenir d'année en année, comme un nouveau Ken Loach". Si pour cette dernière réaction, il faudra attendre quelques années pour la voir confirmée ou infirmée, pour la première, je me suis demandé si c'était honnête de ma part ou un simple ressenti qui trahirait ma relatif rejet de la manifestation. Du coup, en cherchant s'il y avait des réactions similaires, je suis tombé sur cet article qui la confirmerait. Le plus intéressant y étant deux tableaux très parlant, dont une infographie assez passionnantes à explorer.

Sinon, dans le genre "Cannes ne fait plus rêver", il y a cet article d'@si sur le sombre futur de Canal+, qui passe par un Festival nettement moins festif et glamour. Je vous cite les morceaux qui nous intéressent:

Citation:
Bolloré s’en prend cette fois-ci aux dépenses jusqu’ici consacrées à la couverture du festival de Cannes, dont la 69e édition se tiendra du 11 au 22 mai prochain. Bien que le festival et la chaîne aient renouvelé leur partenariat pour cinq ans, Bolloré affirmait dans son courrier que "la décision de ne pas dépenser les millions d'euros habituels au Festival de Cannes a été prise, tout en augmentant nos investissements sur le dispositif cinéma sur place et en supprimant les dépenses de fêtes - relations publiques - et chambres avec vue sur mer." A l'Olympia, devant les actionnaires; il ironise : "Quand vous envoyez 50 personnes au Festival de Cannes au lieu de 469 personnes, vous n'êtes pas très populaire."

Déjà mi-février, le patron de la chaîne Maxime Saada avait esquissé dans les colonnes du Parisien les contours du dispositif cannois pour 2016. Une annonce anticipée (celle-ci ayant lieu habituellement en avril), dans laquelle se profilait déjà la mise à la diète de la couverture du festival : Grand Journal scindé en deux plateaux, l’un à Paris, animé par Maïtena Biraben, l’autre sur la croisette avec quelques chroniqueurs de l’émission.

Le 11 mars, le site Ozap.com affirmait que, contrairement à ce qu’elle avait annoncé, la chaîne avait finalement décidé de ne pas envoyer Ali Baddou et son équipe sur la croisette pour une couverture quotidienne de deuxième partie de soirée. Même sort pour Daphné Roulier qui devait initialement se délocaliser sur la croisette pour deux émissions en direct.Quid de la traditionnelle fête Canal, l’une des plus scrutées du festival? Annulée. Tout comme le patio Canal+ qui accueillait chaque année, derrière le Palais des Festivals le gratin du cinéma et où se concluaient les contrats de la saison à venir.

Pas de croisette non plus pour les journalistes d'i-Télé.Selon le site Les Jours, la chaîne tout-info a appris la semaine dernière lors d'une réunion avec son directeur de la rédaction, Guillaume Zeller, qu'elle n'enverrait personne sur la côte d'Azur."Pour justifier l'absence d'i-Télé sur la croisette, Guillaume Zeller a glissé à ses équipes que Canal+ réduisait de 90% son budget consacré à Cannes", rapportent Les Jours.
Ambiance...

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 Sujet du message: Re: Chez les Cinéphiles
MessagePosté: Sam 23 Avr 2016 18:27 
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Très sympa, l'histogramme ! Il serait intéressant de le comparer à celui des Oscars, qui lui aussi a son lot de nominés systématiques (John Williams, Meryl Streep, Daniel Day-Lewis, Tarantino, Deakins, etc.). Le juste équilibre entre vétérans et nouveaux venus s'incarnerait peut-être dans le festival de Sundance ? Celui-ci m'a toujours surpris et j'y ai souvent trouvé quelques perles rares. C'est une idée. Il n'empêche que le festival de Cannes semble, en effet, toujours aussi sclérosé et aussi très 'blanc' pour un festival qui se revendique international: je trouve que le cinéma asiatique est très sous-représenté dans ce festival, au profit d'une sur-représentation du cinéma français pourtant très inégal (Maïwenn, les films de Vincent Lindon, etc.). Mais là n'est pas la question.

Si la sélection de Cannes se ressemble chaque année, c'est aussi parce que Cannes, comme chaque festival, a un goût très spécifique et élitiste. Ken Loach, me semble-t-il, représente très bien l'esprit cannois, c'est-à-dire un cinéma engagé, de gauche, petit budget mais belle image; de la même manière que le cinéma de Cameron et Spielberg flatte les goûts "populaires" de l'Académie des Oscars (ou des producteurs). Je vois mal les Oscars récompenser un Lynch ou un Malick et Cannes récompenser un Miller ou un Cuaron. Toujours est-il que l'on peut remarquer que certains films nominés aux Oscars il y a trente ans ne le seraient pas aujourd'hui (Apocalypse Now, Sugarland Express, Le Salaire de la Peur, Kagemusha, etc.), hormis quelques exceptions très rares liées aux circonstances comme Old Boy sous Tarantino et Drive sous de Niro. Peut-être que le manque de diversité provient de là ? J'ai l'impression de m'éloigner du sujet ^^

Citation:
Cette liste a suscité en moi deux réactions assez parentes. La première a été "toujours les mêmes noms", et la seconde, "pauvre Dolan, déjà institutionnalisé et promis à revenir d'année en année, comme un nouveau Ken Loach"

Pas si sûr qu'il revienne. Il commence à tourner cet été un projet assez fou avec un casting délirant. Sa nouvelle carrière hollywoodienne marquera certainement le transfert Cannes -> Oscars. J'en sais rien, j'espère juste qu'il ne prenne pas la grosse tête.

Quant à la sélection en tant que telle:

  • Je me demande si Almodovar aura les cojones de se pointer au festival après le scandale des Panama Papers dans lesquels son nom apparaissait.
  • La bande-annonce d'Elle de Verhoeven m'a beaucoup surpris et amusé: le film fera sûrement l'effet d'un Irréversible et sera hué par les spectateurs, j'en mets ma main à couper ^^
  • Refn, Dardenne et Loach font dans le consensuel et auront les mêmes fans et détracteurs que d'habitude.
  • En fait il n'y a que le film de Chan-Wook qui m'intrigue !

Je laisse ici la bande-annonce du film de Woody Allen, ça m'épargnera de le poster sur l'autre topic. Plus Woody vieillit, plus ses images sont belles ^^


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