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 Sujet du message: Keno Don Rosa
MessagePosté: Mer 3 Juil 2013 16:35 
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Qui ? Qui ne connait pas Picsou ou Donald de nos jours ? Autant dire personne. (si vous ne connaissez pas envoyez moi un MP, j'aimerais savoir à quoi ressemble votre grotte)
Et leur popularité est due à un homme : Don Rosa, génial compléteur (?) de Picsou, aussi surnommé euh... crotte. Le copier/coller c'est le mal les enfants !

Ce sujet vous est proposé par les productions pifobuse ©, ce qui ne veut pas dire que l'on a fait du pif-au-mètre.

Keno Don Rosa

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L'homme des canards bis : Oui, j'aime être extrêmement réducteur.

Né le 29 juin 1951 dans le Kentucky, Keno Don Hugo Rosa, dit Don Rosa, est souvent - et à raison - présenté comme l'héritier spirituel de Barks. Mais plus qu'un simple héritier, on pourrait presque parler ici d’exégète tant ces œuvres apportent un nouveau regard sur celles de Barks. Difficile de ne pas penser ici à l’œuvre de sa vie, La Jeunesse de Picsou, qui force le respect par la minutie de sa construction - mais ne nous affolons pas, on aura l'occasion d'en parler plus tard.

Avant de dessiner des histoires de canards, Don Rosa fit des études et travailla en temps qu'ingénieur civil ; en parallèle il réalisa un certain nombre d'histoires, notamment Le Fils du Soleil, dont il reprendra le scénario pour une certaine histoire sortie en 1987 - quel suspens insoutenable. Toutefois, il décide d'arrêter de dessiner des histoires en 1982, cela lui rapportant trop peu d'argent.
Mais en 1986, avec l'ouverture de la maison d’édition Gladstone qui reçut l'autorisation de publier des comics Disney, Don Rosa décide de proposer son travail à l'éditeur, qui lui propose alors le contrat le plus frileux de l'histoire du comics : si l'histoire est cool, elle sera publiée, sinon des clopinettes. Don Rosa reprend donc son récit en mettant en scène Picsou face à Gripsou. Inutile de dire que l'éditeur fut conquis et l'historie fut donc publiée en juillet 1987, lançant ainsi la carrière de l'auteur favori de certaines personnes (coucou bubuse).

Jusqu'en 1989 la collaboration fut fructueuse, mais, à cause d'une des nombreuses mesures made in Disney, Don Rosa quitte l'éditeur. C'est en 1990 qu'il se remet à travailler avec cette fois-ci l'éditeur danois Egmont. A partir de cette date il collaborera également avec de nombreuses maisons d'éditions - Hachette, Oberon et même Disney.
En 1995 il remporta un Will Eisner Award - le meilleur prix que peut recevoir un comics aux États-Unis -, pour sa saga qui a fait sa renommée, La Jeunesse de Picsou (The Life and Times of $crooge McDuck en VO), avant d'en gagner un deuxième en 1997 en tant que meilleur auteur de comics comique - c'est très réducteur, mais c'est toujours sympa.


Personnages :

Plus qu'une réelle création, Don Rosa a surtout su donner vie à de nombreux personnages secondaires dont Barks ponctuait ses histoires, tout en appuyant encore plus l'aspect humain de la bande à Picsou et surtout l'aspect familial.

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Balthazar Picsou (Scrooge McDuck en VO) (on ne le présentera jamais assez) : Avec les histoires de Don Rosa, Picsou prend une nouvelle profondeur et on découvre un personnage sensible et profondément mélancolique. Mais ce qui caractérise le plus le Picsou de Don Rosa, c'est l'amour qu'il porte à sa famille - tout en étant un exemple de piété filiale.

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Donald (Donald Duck en VO) (idem qu'au dessus) : Le Donald de Don Rosa n’a rien à voir avec celui de Barks. Ici, il délaisse volontiers la badine et devient un personnage avec une bravoure et un esprit d’initiative pas piqué des canetons. De la même manière, il prouve aussi qu’il est un personnage encore plus touchant sous la plume et le crayon de Keno, certaines de ses histoires faisant presque verser une petite larme.

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Gripsou (Flintheart Glomgold en VO) : Aah Grispou... Barks en a fait l'exact opposé de Picsou et c'est donc tout naturellement que Don Rosa en fait le rival numéro 1 de Picsou. Il en fait d'ailleurs son deuxième personnage - non affilié à la famille Duck - le plus récurrent de ses histoires, après la bande des Rapetou.
Le Gripsou décrit par Don Rosa est assez similaire à celui de Barks, sa malhonnêteté servant bien souvent de ressort aux histoires où il figure.

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Gracié (Blackheart Beagle en VO) et la bande des Rapetou (The Beagle Boy Inc. en VO) : Premier ennemi de Picsou, la bande des Rapetou n'est pas spécialement modifiée par Don Rosa, si ce n'est que la bêtise de la bande est encore plus accentuée ; en dépit de celle du doyen Gracié, qui se retrouve bien souvent abasourdi par la propre bêtise de ses petits-fils.

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Goldie (Glittering Goldie en VO) : Personnage d’une histoire chez Carl Barks, Goldie prendra davantage d’importance et de prestance sous le crayon de Don Rosa. Patronne de bar durant la grande ruée vers l’or, cette étoile glacée du Yukon aura réussi à ébranler notre imperturbable chercheur d’or dans sa quête de richesse, dévoilant ainsi avec beaucoup de pudeur une facette presque inédite de notre cher canard aux célèbres rouflaquettes. Chaque apparition ou évocation de Goldie est en soi un événement dans la mesure où Don Rosa s’amuse toujours à placer juste ce qu’il faut de nostalgie et de mélancolie, tendant invariablement le lecteur vers un « et si… ». Un personnage secondaire de premier plan.

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Hortense (Hortense McDuck en VO) : Mère de Donald et sœur de Picsou, elle a un caractère bien trempé et est à l'origine de nombreuses scènes de pures délires dans La Jeunesse de Picsou, c'est un peu le joker de Don Rosa pour sortir Picsou de situations épineuses. ^^

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Mathilda (Mathilda McDuck en VO) : Autre sœur de Picsou, elle a un tempérament plus calme et reposé. Il est bon de noter que c'est le seul personnage de la famille de Picsou que l'on revoit en dehors de Jeunesse de Picsou.

La famille McPicsou : Dans sa quête de la cohérence, Don Rosa c'est empressé de faire une famille McPicsou très complète et développée, chaque membre ayant son petit caractère (et surtout un visage propre !), même si certains sont plus récurrents que d'autres. Je pense notamment à Sir Duncan, qui est présent - physiquement ou sous forme de clin d'oeil - dans chaque histoire contenant l'ancestral château des McPicsou.


Dessine moi un canard :

Là où Barks brillait par la fluidité et le dynamisme de son trait, Don Rosa brille par la finesse et le soucis du détail exacerbé qui caractérise son dessin.
C'est que, de par sa formation d'ingénieur, Don Rosa n'use pas des traditionnels stylos de dessin professionnel, mais des stylos d'ingénieur et des stylos à calligraphie : cela se ressent tout de suite à la lecture, le trait est beaucoup plus fin et permet l'ajout de plus de détails. Il utilise aussi des gabarits d'ingénieurs de formes ovales ou rondes, ce qui lui sert notamment à dessiner des cases pleines de pièces avec la plus grande minutie, mais aussi les formes de nos canards favoris. Il est bon de noter qu'il utilise aussi une table illuminé pour pouvoir dessiner les détails les plus fins - un grand malade*.

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Exemple typique de dessin fait à l'aide de ses gabarits d'ingénieurs : chaque pièces (!) du premier plan ont été dessiné avec un gabarit différents. Il est fou ce monsieur.


En effet, en digne héritier de Barks, Don Rosa cultive la passion des petits détails. Mais là, on peut carrément dire que l'élève a dépassé le maitre, tant il arrive à développer tout un monde en arrière plan ; il n'est pas rare que des faits au départ anodins et n'apparaissant que dans le fond prennent une toute autre importance en fin de récit.
C'est aussi par ce biais qu'il arrive à créer de nombreuses scènes cocasses et à intégrer de - très - nombreuses références aux histoires de Barks, ce qui ajoute davantage de profondeur et de cohérence à son univers.

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Quand Don Rosa fait des petits détails, on peut dire qu'il n'y va pas de main morte.


L'autre point clé qui caractérise le dessin de Don Rosa - et qui est intimement lié au premier - est le soin apporté aux décors, fourmillant de vie et de détails.
C'est qu’ici, contrairement aux histoires de Barks, le décor n'est plus là pour faire de la figuration et sert bien souvent de point de pivot aux histoires ; que ce soit sous la forme d'un lieu que l'on visite au gré de nombreux allers-retours, comme dans Le dernier du clan McPicsou avec le château du clan éponyme, ou sous la forme d'un lieu à trouver, comme c'est le cas dans Le Fils du Soleil - et plus généralement dans quasiment toutes ses histoires.

* Pour notre plus grand bonheur ^=^


Histoire :

De manière plus générale, la grande spécificité des histoires de Don Rosa est d'écrire des suites aux histoire de Barks, soit en ajoutant un Picsou absent lors du premier voyage, soit en reliant des faits développés par Barks sans lien apparent. En fait, toute son œuvre repose sur l'idée de donner une cohérence à l'univers crée par Barks, tout en l'étoffant avec ses propres idées bien sûr.

Bien sûr, quand l'on parle de lui, les premières pensées se dirigent d'elles mêmes vers sa création phare La jeunesse de Picsou, qui est un peu l'aboutissement absolu de cette idée de rendre cohérent cet univers complexe à base de canards. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est très réussi ! Par exemple, lorsque je lis une bédé Picsou à l'italienne - avec un univers complètement différent donc -, je ne sais pas pourquoi mais ça sonne toujours faux pour moi ; non pas que l'univers soit moins riche, c'est surtout qu'il lui manque une grande œuvre fédératrice comme La Jeunesse de Picsou. Et puis une fois lue, c'est trèèèès difficile de se sortir cette version de l'histoire de Picsou de la tête. Mais en même temps ce n'est guère étonnant, quand on voit avec quelle minutie il a construit cette saga et placé ses références aux œuvres de Barks, on ne peut que saluer l'artiste.

Mais ce serait très réducteur de limiter Don Rosa à cette seule saga, face au reste de son œuvre, c'est presque une goutte de merveille dans l'océan du fabuleux (faire passer les œuvres de Don Rosa pour un truc enfantin -> check). Don Rosa est avant tout un auteur extrêmement complet qui a abordé tout les grands thèmes initiés par Barks : la recherche d'un trésor ou d'un lieu, la remise au goût du jour d'un conte classique, les affrontements dantesques avec Grispou ou les Rapetou - sans oublier Miss Tick bien sûr -, mais surtout, surtout, de grandes histoires d'aventures. C'est d'ailleurs toujours des histoires de Barks mettant cet aspect en avant que Don Rosa a repris.
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Réédition :

Comme pour la réédition des œuvres de Barks, c'est Glénat qui s'en occupe pour celle de Don Rosa ; du coup mes remarques et critiques sont grosso merdo identiques, même si pour l'instant il n'y qu'un seul volume et que c'est donc un peu plus dur de faire un constat général.

Si l'on regarde le contenu de l'édition, le travail est encore une fois nickel. On a droit a une préface qui nous présente le tome et l’œuvre de Don Rosa dans sa généralité - et elle est de Pascal Pierrey en plus [1] ! - ; la petite nuance par rapport à la réédition de Barks, se situe dans le fait que chaque histoire n'est plus précédée d'un petit encadré nous présentant de petits détails sur l'histoire ou l'édition originale, mais par un petit texte de Don Rosa lui-même - inutile de dire que c'est toujours très intéressant.

Le volume est aussi précédé d'une petite note sur les fameux D.U.C.K. de Don Rosa, en nous invitant à les chercher dans les histoires que contient le tome. Et, pour bien aller au bout de cette idée de chasse au détail, le volume se termine sur une page résumant l'emplacement de tous les D.U.C.K. du tome, avec image à l'appui. J'ai trouvé que c'était franchement une bonne idée, ça permet de bien se rendre compte à quel point Don Rosa est un grand malade du détail ^_^

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Les deux premiers tomes de la réédition made in Glénat

En revanche si on regarde du côté du format de l'édition, il y a encore plus de points qui me chagrinent.
On a encore les mêmes "défauts" : la couverture est en carton souple, une couverture rigide aurait été plus que bienvenue pour ce genre d'édition ; le format est un peu petit, c'est franchement dommage parce que le dessin de Don Rosa fourmille de détails et on a bien du mal à pleinement les apprécier sur d'aussi petites pages ; et surtout, surtout, le prix est absolument exorbitant : le premier tome coûte aussi cher que celui de Barks, mais il est deux fois plus petit !! Vendre ce volume aussi cher est une honte, surtout que l'on a une couverture souple, grrr !!

Bon par contre il y a encore les même bon points, la fresque sur la reliure est une bonne idée (même si pour l'instant c'est difficile de voir ce qu'elle représente ^^) ; le papier est aussi de très bonne qualité et est bien relié, on n’a pas peur d'arracher des pages lorsqu'on les ouvre en grand (et il le faut bien pour regarder le détail des pages).

[1] Pascal Pierrey, ou Prof Pierrey pour certains aficionados (dont je fais partie), est - pour faire court - celui à qui on doit la "barkisation" du Picsou Magazine dans les années 80-90, ce qui est à l'origine de la passion de beaucoup - dont votre humble (?) serviteur.


Une petite conclusion peut être ?

Rosa rox. Je dirais même qu'il rox des poneys (subtile petite pique n'est-ce pas ?).
Oui c'est court, mais que dire de plus ? Bon aller, une petite phrase pour la route : Les histoires de Rosa c'est de la bonne, mangez-en !.

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Best meeting ever.

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Barks et Don Rosa savent nous faire rêver...
Et Winshluss...


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 Sujet du message: Re: Keno Don Rosa
MessagePosté: Mer 3 Juil 2013 19:45 
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Je dois dire que j'ai pas eu le même intérêt que pour Barks, à vrai dire j'avais encore la réedition de La Jeunesse de Picsou faite vers 2005 par Picsou Magazine et elle me convient mieux (elle est presque au format A4 ELLE). Encore un si petit format pouvait passer pour Barks mais pour Don Rosa je me dis que ça doit pas trop le faire.
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Mais passons Don Rosa est surement un des piliers de mon enfance. Surement parce que justement le Picsou Magazine n'hésitait pas à republier régulièrement de ses histoires et puis j'avais les SPG des années 90 du coup je piochais directement à la source ^^ J'ai bouffé enormément de Don Rosa.
Je trouve que tu retranscris bien l'univers que le bonhomme a su créer et surtout l'immense cohérence qui y règne on voit bien dans quel sens il a détaillé l'univers de Barks.
Sauf pour Donald ^_^ ou tu oublie de dire qu'il s'en prend vraiment vraiment vraiment plein la gueule et j'ai toujours eu l'impression que le Donald de Rosa c'était le personnage du "ca ira mieux demain". Après oui c'est aussi là sa bravoure et donc je te rejons mais quand même ...
Et pour le Picsou je trouve que ce qui le caractérise le plus c'est sa mélancolie (comme tu le dis aussi) le fait qu'il soit complètement révolu dans le passé (le dernier chapitre de la Jeunesse me fait penser ça ...) d'ailleurs sa vision de la famille est elle aussi ancrée dans le passé. Par contre je suis à 100% avec toi pour la relation Goldie/Picsou ^_^

Tu as fait Barks, tu viens de faire Don Rosa, tu dois faire Cavazzano.
La trinité sera ainsi complète.

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"Bien que cela me coûte de le reconnaître, ce chapitre marque une véritable avancée pour Momonosuke comme prochain mugi." Enitu, le 6 mars 2016


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 Sujet du message: Re: Keno Don Rosa
MessagePosté: Mer 3 Juil 2013 20:09 
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Don Rosa, c'est assurément le premier auteur de Comics pour lequel j'ai succombé au cours de ma vie. Mon premier souvenir lié à ses histoires est le numéro anniversaire de Picsou Magazine pour les 50 ans de Donald en 1994 : j'ai eu donc parmi mes premières lectures autonomes le premier épisode de ce monument intemporel qu'est La Jeunesse de Picsou.

Si je devais synthétiser mes souvenirs de ces lectures...

  • Des sentiments étonnamment puissants pour une lecture destinée normalement aux enfants. J'ai souvenir d'avoir été fréquemment touché par les déboires de chômeur avec des enfants à charge de Donald (par exemple, l'épisode de son anniversaire où il se retrouve à la retraite et tout part en vrille, quitte à ce qu'il veuille n'avoir jamais existé) ou bien le destin parfois tragique de Balthazar Picsou (la disparition de ses parents, la séparation avec Goldie ou bien encore la séparation avec ses sœurs après les évènements d'Afrique).
  • Un trait démentiellement précis qui reléguait n'importe quelle production à des années lumière : adolescent, si je me suis mis à lire One Piece, c'est parce que notamment j'avais l'impression durant l'arc de Skypiea de retrouver dans les décors le soucis du détail de Don Rosa.
  • Une utilisation intelligente à des références historiques pour introduire de nombreux récits d'aventure : de la conquête de l'Amérique du Nord par les Vikings jusqu'aux mythes asiatiques comme Shangri-La, ces histoires qui faisaient écho à celles de Barks m'ont apporté jeune de bien nombreuses références culturelles sans m'en rendre compte. Et puis, grâce à Don Rosa, j'ai pu apprendre quelques notions de l'histoire américaine de la fin du XIX ème siècle sans m'en rendre compte aussi...
  • Les références à Barks justement : avec minutie et étude, Don Rosa faisait référence au principal créateur de cet univers et c'était magique de voir dans Picsou Magazine les histoires avoir des échos au fil des mois.
  • J'ai arrêté de lire Picsou Magazine quand Don Rosa a pris sa retraite et que les rééeditions s’enchaînaient au début des années 2000...

De mon point de vue, Don Rosa est un auteur majeur de Comics, dont La Jeunesse de Picsou est certainement l’œuvre la plus emblématique de son travail. À lire et à relire, pour sûr.

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 Sujet du message: Re: Keno Don Rosa
MessagePosté: Mer 17 Juil 2013 18:08 
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Halalala...

J'en mets du temps à réagir en ce moment. ^^'

Bon, j'inaugure mon premier post de ce bien beau topic par une petite review.

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La grande épopée de Picsou
Tome 2: La Jeunesse de Picsou 2/2


Tellement... Tellement à dire...

Souvenez-vous, c'était dans le tome précédent

un maniaque a écrit:

Là où ça en devient impardonnable, c'est de découvrir une typographie absolument hideuse sur certaines pancartes. Une véritable horreur! ça donne la très désagréable sensation que les textes d'origines ont été effacés avec Paint pour ensuite coller la traduction, une typo trop "propre" comme si on l'avait directement récupérée d'un Word. Détail insignifiant me direz-vous, mais quand on continue de creuser un peu, il y a de quoi avoir les yeux qui brûlent. J'ai deux exemples très précis en tête:

*à la fin du chapitre 11 juste à l'entrée du coffre, page 251, on peut voir une pancarte orange juste derrière une pancarte bleue, celles-ci sont tenues par une foule de gens. Sur cette première citée, on peut lire très distinctement et en entier "Pitié!". N'aurait-il pas été plus logique de justement ne distinguer que la première syllabe du mot vu la configuration de la scène(remarquez, dans la première édition, le mot était carrément écrit à la diagonale, mais cela pouvait laisser sous-entendre que d'autres choses étaient écrites au moins)? D'ailleurs, je viens tout juste de remarquer que la typo utilisée pour les pancartes est exactement la même que celle des numéros de pages, couleur comprise. BULLSHIT!

*vers la fin fin du chapitre 1 sous l'armure de Sir Emeric, page 24, c'est quoi ce nom écrit ridiculement petit juste au dessus de la date de cet ancêtre? Et pire que tout, pourquoi ce nom ne suit-il pas la perspective de la vignette? DOUBLESHIT!!

Bref, c'est tout sauf pro, j'ignore qui il faut blâmer pour ça(Disney ou Glénat?), mais c'est un vrai travail de sagouin.

Et puis, que dire du poster dont le papier à l'air aussi fin que celui utilisé pour les cigarettes. J'ai voulu le détacher, mais vu la finesse du bousin, je n'ose même pas aller plus loin. COMBOSHIT!!!

Je prie de tout coeur pour que Glénat corrige le tir pour le prochain volume.

Du très bon et du très mauvais en somme. Mais à l'état actuel des choses, le prix reste complètement exagéré. Un effort de ce côté là serait aussi le bienvenu.


Alors, par où commencer? Ah oui!

à propos... du contenu.

Dans le tome précédent, nous avions droit à "l'intégrale de la Jeunesse", soit les 12 épisodes de la trame principal. 12 histoires pour le même prix qu'un tome de l'intégrale de Barks. Mais bon, sans compter bien sûr les notes de l'auteur lui-même et le poster. Il n'empêche que le prix grattait méchamment, on peux le dire.

Aujourd'hui, nous avons huit histoires... pour le même prix. Mais ne soyons pas médisant sur ce manque puisque cela est compensé, entre autres, par de très jolies illustrations de Marco Rota et des couvertures de comics. Et puis, ce n'est pas non plus comme s'il y avait moins de pages dans l'ouvrage(encore heureux).

Dans la forme, on ne cessera jamais de poster et pester autant contre le format trop petit du bouquin et, par extension, des cases. Parfois ça rend plus fin, parfois un peu moins lisible, mais bon, il va falloir vraiment s'y faire une bonne fois pour toute. En contrepartie, on ne cessera jamais de s'émerveiller face à la palette de couleur des scènes. L'épisode 8 bis n'en a été qu'une superbe redécouverte. Dawson n'a jamais paru aussi crade et aussi mal famé sans parler de la scène dans le Black Jack Ballroom vers la fin, j'en ai encore des frissons(et dire que nous sommes dans une BD Disney *______*). Et puis, tout comme l'aborigène du tome précédent, ça fait plaisir de voir Samuel Beinfield Steele dans un costume ressemblant vraiment à la police montée canadienne. Bref, les points positifs et négatifs s'équilibrent et cela ne devrait pas changer d'ici la fin de la publication.

Point encourageant: la typographie des pancartes et autres enseignes est déjà nettement plus harmonieuse que dans le tome 1 quand ne n'est pas celle d'origine qui n'est pas carrément laissée. Et ça, c'est vraiment quelque chose de vraiment très plaisant. ^^
Du coup, ça oscille entre le toujours aussi douteux(le gag assez subtil du rébus sous le cadre de Picsou dans l'épisode 0 pas des mieux retranscrits puisqu'on voit encore des écritures sous le "Glasgow"), le davantage harmonieux(la pancarte "Sorcellerie" à son entrée sur la même page) et le magnifique puisque Don Rosa himself(l'affiche du spectacle de Buffalo Bill dans l'épisode 6 bis). Manquerait plus qu'on garde toutes les typos d'origine et on toucherait le sans faute, quitte à avoir un peu plus d'astérisques traînant de-ci de-là. Moi en tout cas, cela ne me gênerait pas plus que ça, bien au contraire.

En ce qui concerne les histoires elles-mêmes, Glénat a décidé de les laisser dans l'ordre chronologique de l'histoire. C'est évidemment un choix parfaitement légitime et logique, mais du coup, ça fait un peu montagne russe dans la qualité du dessin de Don Rosa. Passer du 8 bis(juste après le mois de détention de Goldie) à Dernier traîneau pour Dawson(Picsou partant à la recherche du contenu de son traîneau perdu juste après avoir amassé son premier million de dollars) fait tout de même grand écart, surtout que cette dernière et quand même un cran en dessous des autres histoires.

Pour ma part, ce tome m'aura permis de connaître deux histoires qui m'avaient complètement échappé.

La première, La prisonnière de la vallée de l'agonie blanche racontant le fameux mois de détention de Goldie dans la concession de Picsou. Et dire que c'est la toute dernière histoire de Don Rosa avant son décollement de rétine, j'en chialerai presque. T__T Pas moins de sept personnalités historiques dans ce tome, en comptant Goldie et Soapy(bien que ces deux là soient très retravaillés): Wyatt Earp, Bat Masterson, le juge Roy Bean, Le Kid de Sundance et Butch Cassidy. Don Rosa est un grand malade pour ceux qui en doutent encore, il a vérifié l'emploi du temps de chacune de ces personnes pour savoir si une rencontre était possible à ce moment de la grande Histoire. C'est juste ahurissant! O_O
Pour l'histoire en elle-même, les clins d'oeil à ses récits antérieurs sont toujours aussi succulents(la palette à or notamment ^^). Quant à l'ultime case de cet histoire, elle est juste poignante pour tout ce que cela représente. Là, vraiment, on peut penser à un "et si...".

Quant à l'histoire Le rêve de toute une vie, c'est un énorme récit fan-service, mais grand dieu qu'est-ce qu'il est bon. On peut lâcher un "cocorico" chez les canards puisque c'est un lecteur de Picsou Magazine qui a soufflé l'idée de cette aventure à Don Rosa. ^^
Après avoir volé une invention de Géo, les Rapetou s'immiscent dans les rêves de notre richissime tonton espérant ainsi récupérer la combinaison de son coffre. malheureusement pour eux, cette nuit-là est réservée à ces nombreuses aventures de jeunesse. Néanmoins, il faut faire vite car si Picsou se réveille avec les Rapetou dans sa tête, non seulement ces derniers resteront bloqués dans sa tête mais cela pourrait le rendre complètement fou et c'est à Donald qu'incombe la tâche de chasser les Beagle Boys.
ça fait du bien une histoire où Donald est un peut seul contre tous et prenant des initiatives. Bon, sans l'aide de sa famille, rien aurait été possible bien sûr, mais c'est quand-même lui qui a les petites étincelles pour sauver de la panade un Picsou bien "vulnérable" pour une fois. Avec encore une fois, une fin bien touchante comme sait si bien le faire Don Rosa.

à la suite de ces deux histoires, je me rends compte à quel point Keno est capable de faire des sous-entendus un peu en dessous de la ceinture dans des histoires qui sont sensées être grand public. ^^

Et d'ailleurs, dans la redécouverte des autres histoires, ça fait plaisir de voir des strips ou des cases qui n'étaient pas apparu dans ma vieille version de la Jeunesse de Picsou quand ce n'est pas carrément un remplacement(le "délire" imaginaire de John et Buffalo Bill ^^). De même pour la traduction, l'épisode 8 bis de cette édition n'a presque plus rien à voir avec celui que je connaissais("Sasquatch" au lieu de "ouille" pour Steele et le dialogue juste après l'explosion du kérosène ^^)

De biens belles histoires sans compter les autres tout aussi bonnes comme l'épisode 0 où Miss Tick joue la voyageuse temporelle pour récupérer le sou fétiche quand Piscsou n'avait que dix ans, l'excellente aventure sur le plus grand voilier du monde le Cutty Sark, l'affrontement face aux célèbres Dalton à Pizen Bluff et la troisième rencontre avec Théodore Roosevelt sur le canal de Panama, vous n'en aurez pas fini de rire et d'être émerveillés par tant de génie créatif.

Courez l'acheter bon sang de bois!

Juste quelques petits détails avant de conclure.

anto a écrit:
Sauf pour Donald ^_^ ou tu oublie de dire qu'il s'en prend vraiment vraiment vraiment plein la gueule et j'ai toujours eu l'impression que le Donald de Rosa c'était le personnage du "ca ira mieux demain". Après oui c'est aussi là sa bravoure et donc je te rejons mais quand même ...


C'est vrai que Donald s'en prend plein la tronche pour par un rond, mais dans le fond, c'est comme dans toutes les BD où Donald est mise en scène en fin de compte. à la rigueur, le second degré ajouté par Keno renforce grandement cet impression, mais ce n'est pas selon moi ce qui ressort le plus du Donald made in KDR. L'abandon de la punition corporelle envers ses neveux me semble autrement plus marquant quant à sa personnalité. Quant au "ça ira mieux demain", pas vraiment à vrai dire, il se fait un sang d'encre pour l'avenir et le bien être de ces neveux et se remet très souvent en question. Il n'y a qu'à lire les deux histoires où il obtient temporairement des super pouvoirs ou celle de son soixantième anniversaire pour découvrir un Donald tout aussi mélancolique que Picsou. Je viens de relire le commentaire de Bullzor qui dit la même chose en mieux. T_T

Bullzor a écrit:
Don Rosa, c'est assurément le premier auteur de Comics pour lequel j'ai succombé au cours de ma vie. Mon premier souvenir lié à ses histoires est le numéro anniversaire de Picsou Magazine pour les 50 ans de Donald en 1994 : j'ai eu donc parmi mes premières lectures autonomes le premier épisode de ce monument intemporel qu'est La Jeunesse de Picsou.


Tu parles du numéro de PM avec le pin's peint à l'or fin? *souvenir*

Par contre, 1994, Donald avait 60 ans et Picsou ses 50 ans en 1997. ^^

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 Sujet du message: Re: Keno Don Rosa
MessagePosté: Mar 3 Sep 2013 22:56 
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anto a écrit:
Tu as fait Barks, tu viens de faire Don Rosa, tu dois faire Cavazzano.
La trinité sera ainsi complète.
Cavazzano ? C'est marrant, ce n'est pas du tout le premier nom qui me serait venu en tête, je le situe plus comme un "simple" dessinateur que comme un auteur complet - ensuite je peux avoir une vision biaisée. Personnellement ce serait plutôt Scarpa qui aurait été en tête de liste, ou Rota à la limite, pour moi il est vraiment le fondateur de l'école italienne moderne et a quand même pas mal réinventé l'univers Barksien, en plus d'être le mentor de Cavazzano (enfin je crois).
Sinon, dans les auteurs plus récents, j'aurais aussi pensé à Van Horn, il a le mérite d'avoir un style extrêmement reconnaissable - que l'on aime ou que l'on n'aime pas - et il a quand même dessiné la dernière histoire scénarisé par Barks.
'Fin bref, de toute façon il est peu probable que je fasse un sujet sur un des monsieur cités ci-dessus, je ne les connais pas très bien et je ne suis pas non plus ultra-fan de l'univers italien, donc la motivation n'est pas forcément là.

Bullzor a écrit:
Des sentiments étonnamment puissants pour une lecture destinée normalement aux enfants.
C'est ce qui fait la grande force des histoires de Barks et de Don Rosa selon moi, ils ont le talent d'aborder des thèmes adultes tout en ayant une ambiance "bonne enfant" - sans parler du fait qu'ils n'hésitent pas à faire des histoires complexes - ; il me semble aussi avoir lu une interview de Don Rosa, où il disait qu'il visait un public adulte avec ses histoires et ça se voit.

bubuse a écrit:
En ce qui concerne les histoires elles-mêmes, Glénat a décidé de les laisser dans l'ordre chronologique de l'histoire. C'est évidemment un choix parfaitement légitime et logique, mais du coup, ça fait un peu montagne russe dans la qualité du dessin de Don Rosa.
C'était une de mes grandes craintes avant la sortie de l'album (l'autre étant bien sûr l'absence de la fameuse dernière histoire de Don Rosa, mais là ç'eut été vraiment du foutage de gueule). Mais pour le coup je trouve qu'ils ont plutôt bien fait les choses (enfin avec l'ami Rosa qui repasse derrière, ce n'est pas très étonnant) et c'est somme toute le choix le plus logique - même si ça fait effectivement un petit choc au détour des pages ^^


Sinon, pour embrayer sur la réédition de Glénat, si le format A5 peut être légèrement frustrant par moment - détails, chasse aux D.U.C.K., toussi toussa - et qu'un bon vieux format A4 aurait été plus que bienvenue, le contenu est quand même bien meilleur que la version trésor de Picsou - encore heureux, vu le prix !
Sans être non plus transcendante, car celle des trésors faisait le job, la colorisation est quand même de meilleure facture, elle est plus juste et plus uniformes - les Trésors de Picsou étant un patchwork de colorisation différentes puisque l'édition ne faisait que compiler les différentes publications dans le Picsou Magazine - ; le lettrage est là aussi bien meilleur (tu aurais été au paradis des pancartes mal lettrées bubuse ^^) ; mais le vrai plus par rapport à l'édition des trésors de Picsou, c'est la traduction. Autant dans le premier volume les différences étaient minimes, autant dans le second elles sautent carrément au yeux ! Pas mal de gags "bizarres" qui disparaissent, pas mal de petit mots qui changent complètement le ton des dialogues, leurs registres était plutôt bien saccagé dans les premières éditions !

Bref, tout ça pour dire que cette réédition est quand même de meilleure qualité sur pratiquement tous les points - le A4 me manque -, sans parler du fait qu'elle est plus complète et que chaque histoire est précédée d'un petit commentaire de Don Rosa (ce qui est quand même un énorme plus). Ensuite il y a toujours le problème du prix, qui pour le coup est vraiment exorbitant...

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 Sujet du message: Re: Keno Don Rosa
MessagePosté: Sam 1 Mar 2014 15:38 
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Inscription: 24 Oct 2009
Messages: 1679
Je partage une petite news et une illustration inédite concernant Don Rosa et son travail sur la franchise des canards :

http://www.comics-sanctuary.com/news/17037/quand-don-rosa-inspire-le-rock-prog-finlandais.html

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 Sujet du message: Re: Keno Don Rosa
MessagePosté: Mer 12 Mar 2014 07:47 
100 000 Berrys
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Inscription: 02 Fév 2014
Messages: 92
bonjour
il est trop cool ce topic en plus environ plus 100 picsou magazines avec le plus vieux que jai le 13 sur 499
frabchement merci
au revoir

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