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 Sujet du message: Bilan d'un an de vélotaf
MessagePosté: Mer 28 Oct 2020 11:40 
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Je souhaitais partager ici ma principale découverte de l'année 2020 : le plaisir d'aller au boulot en vélo !

Il s'agit là d'un post purement parisien vu que j'y vis mais je suis curieux de découvrir les potentiels récits d'autres vélotafeurs dans d'autres villes !

En décembre 2019, le gouvernement français décide de présenter un projet de réforme du régime des retraites. Sans surprise, les syndicats prennent le maquis et décident de faire une grève reconductible qui durera finalement 77 jours. Mais dès le premier jour un dilemme s’impose à moi : je fais comment pour aller au travail ? Heureusement les RER circulaient aux heures de pointes mais il fallait tout de même accéder au RER. Il y avait 8 km entre Chatelet et mon appartement de l’époque. Une solution s’imposait : le Vélib. J’affectionnais déjà ce mode de déplacement, je disposais déjà d’un abonnement et j’avais une borne en bas de chez moi. J’avais peur de la fraîcheur de l’hiver en vélo mais je n’avais pas le choix.
Les deux premières semaines se passent bien et je commence à découvrir une certaine joie de sentir le vent sur mon visage le matin mais aussi de quitter la torpeur des sous-sols parisiens pour retrouver le ciel et les monuments historiques. J’ai rapidement compris qu’il ne fallait pas suivre Google Maps aveuglément mais adapter son trajet aux exigences du terrain. Par exemple, je déconseille le trajet Saint Michel – Port Royal, la pente est trop forte. Il faut faire un détour.
Les jours se suivent et je me rends compte que je ne suis pas le seul à avoir eu l’idée du Vélib. Conséquence : le service n’a pas le temps de réparer les vélos à temps. Au bout de trois semaines, les vélos se font rares, au bout de quatre cela devient un véritable combat. Je courrais de bornes en bornes, essayant d’être plus malin que ceux qui étaient dans la même situation que moi. La cinquième semaine j’ai craqué : je suis allé chez Decathlon pour acheter un vélo premier prix.

C’est là que j’ai réellement décidé de changer de mode de transport. Je circule aujourd’hui quasiment qu’à vélo. Pour rien au monde vous ne ferez rentrer dans une rame de métro le matin. Le froid et la pluie sont devenues des amis. Il m’arrive parfois d’être pressé de retourner au travail pour pouvoir enfourcher mon vélo le matin. C’est devenu comme une drogue. Je suis tranquille sur mon vélo, serein, libre de changer de direction ou de chemin quand je le souhaite. Je vais où je veux, quand je le veux.

Je passe tous les jours devant la cathédrale Notre Dame et à chaque fois je me rends compte de la chance que j’ai. Il y a des millions de personnes à travers le monde qui rêveraient d’avoir cette même vision le matin. Je passe tous les jours plusieurs fois au-dessus de la Seine et j’observe les crues, les décrues, les apéros, les danses et les bateaux. Je passe tous les jours par le marais, je passe devant le Panthéon, Saint Sulpice, Saint Michel, Bastille, l’île Saint Louis et la coulée verte. Cerise sur le gâteau, je passais devant la Tour Eiffel pour aller chez ma copine avant que nous aménagions ensemble.
Pour mon trajet quotidien, j’ai testé au moins vingt variantes différentes, en prenant en compte les pentes, la sécurité et les beautés du trajet. Il m’arrivait quelquefois de découvrir un mois après que je roulais à côté d’une piste cyclable que je n’avais pas vu. A ce sujet, le déconfinement a été une véritable bonne surprise lorsque j’ai découvert tous les nouveaux aménagements qui m’attendaient.
Au final mon trajet quotidien n’est pas le même à l’aller qu’au retour. Je fais 9.7 km à l’aller en passant devant Port Royal, les jardins du Luxembourg, le Panthéon et le marais. Au retour c’est 10.6 km qui me font longer la Seine, traverser le quartier Saint Germain et remontée la rue de Rennes avec la tour Montparnasse comme objectif.
La vigilance à vélo étant décuplée, histoire de rester en vie, on fini par remarquer des petites choses : des bâtiments qu’on n’avait pas vu alors que c’est la 50ème fois qu’on passe devant, des piétons qui dansent se croyant seuls ou encore des personnes âgées qui font le même trajet matinal tous les jours et à qui on fini par faire un signe de salutation.

Alors bien sûr, il n’y a pas que des avantages. Les premiers jours ne sont pas évidents physiquement mais j’ai remarqué au bout d’un mois que j’avais un meilleur souffle et que des passages qui m’étaient pénibles l’étaient beaucoup moins. La transpiration fait aussi parti des points abordés fréquemment. Honnêtement, hors cas de températures extrêmes (dans un sens comme dans l’autre), je ne pense pas transpirer plus que quand le métro est bondé et que l’air ne circule pas. La peur de se faire voler son vélo est également présente mais en s’équipant de bons antivols et en choisissant un lieu sécurisé où laisser son vélo, il n’y a pas de problèmes.

Parlons maintenant de la pluie et du froid, autre sujet de conversation fréquent quand on dit qu’on se déplace à vélo. Comment je fais ? Je suis équipé, tout simplement. J’ai un imperméable et un surpantalon pour la pluie. Pour le froid, j’ai le même manteau que je mettrais si je prenais le métro. Les jours de pluie sont même agréables au final. Passé les premières minutes où je me demande si je suis vraiment en train de partir alors qu’il pleut des trombes, je suis toujours ravi de me rendre compte que je ne suis pas du tout mouillé grâce à l’équipement. Le moment que je préfère est quand j’arrive à destination et que j’enlève le surpantalon, il y a toujours un petit moment où je vois les yeux des personnes autour de moi se demander : « mais il ne va quand même pas se mettre à poil ici ? ».

Pour finir, le code de la route. Oui je suis également consterné par l’attitude de certains cyclistes qui ne respectent rien. Ni les feux rouges, ni les passages piétons, ni les autres. Le pire c’est qu’ils se mettent en danger eux-mêmes et je fini toujours par les rattraper parce qu’ils sont obligés de s’arrêter au milieu du carrefour et d’attendre que les voitures passent. Le code de la route est obligatoire. Point barre. Ce n’est pas une suggestion. Et cerise sur le gâteau : c’est la meilleure manière de rester en vie. C’est comme s’il était construit pour garantir la sécurité de tout le monde.

Les plus :
• Une vraie sensation de liberté,
• L’impression de réellement profiter de la beauté de Paris,
• La décompression de fin de journée de travail,
• Une meilleure forme physique,
• La régularité du temps de trajet, le temps gagné par rapport aux transports en commun,
• Les rencontres et conversations aux feux rouges.

Ennuis rencontrés :
• Les taxis parisiens sont de vrais chauffards. Dès que j’en vois un, je considère que son objectif est de m’écraser, comme ça je ne suis jamais déçu.
• Une chute due principalement à l’alcool. Du coup je ne prends jamais mon vélo si je sais que je vais boire et je me limite en consommation en cas de bière improvisée. Ça permet de moins boire.

Conseils :
• RESPECTER LE CODE DE LA ROUTE. Ce n’est pas juste une suggestion, c’est obligatoire et c’est la meilleure manière de rester en vie.
• Ne pas rechigner sur le prix de l’antivol. C’est le prix à payer pour la tranquillité d’esprit. Je conseille personnellement d’avoir au moins deux antivols : un en forme U pour fixer le cadre et un autre de type différent pour fixer la roue avant.
• Bien s’équiper, surtout l’hiver. Les lumières sont obligatoires et signalent votre présence aux autres, surtout quand il fait nuit. Le gilet jaune/orange est obligatoire la nuit. Ce n’est pas très sexy mais on peut aussi opter (comme moi) pour l’option housse de protection du sac à dos fluorescente. Un imperméable et un surpantalon sont également nécessaires en cas de pluie. Du coup je conseille également le sac à dos.
• Repérer son trajet dans le week-end si on le peut. Prendre le temps de chercher les pistes cyclables qui peuvent se cacher, repérer les bornes de gonflement en cas de besoin, adapter son trajet aux circonstances (pente trop forte, route dangereuse, etc.). Je fais personnellement chaque jour 2 km de détour pour éviter ce genre de désagrément.
• Anticiper le plus possible ce qu’il se passe sur la route : les voitures, les bus, les piétons, les scooters et même les petits chiens.
• Toujours avoir sur soi une chambre à air de secours et une petite pompe.
• Contrôler son vélo une fois par mois : graissage des pignons, pression dans les pneus et réglage des freins.
• Demander des conseils à des amis cyclistes si on ne se sent pas rassuré.

Matériel :
• Un vélo Decathlon Triban RC 100 avec guidon cintré - 260€
• Un casque – 26€
• Lumières avant et arrière rechargeables – 20€
• Surpantalon et imperméable : 20€
• Gants – 15€
• Sac à dos - 36€
• Equipements divers : Porte-bidon, antivols, garde-boue, supports divers – 85€
• Optionnel : porte bagage arrière – 30€

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