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 Sujet du message: L'Imaginarium du Docteur Parnassus
MessagePosté: Jeu 12 Nov 2009 11:40 
175 000 000 Berry
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L'Imaginarium du Docteur Parnassus[/align]

Le nouveau Gilliam, après de sérieux problèmes, il arrive enfin à faire un film jusqu'au bout ! Je ne le présente pas, le faire serait une injure... Bon un 'tit synopsis pour faire bonne mesure :

"Le Docteur Parnassus présente son spectacle depuis un millénaire; il propose aux gens de fouiller dans le plus profond de leur imagination et d'en ressortir changé à jamais. Pourtant, tout à un prix et bientôt, le diable avec qui Parnassus a fait un pacte vient chercher son dû, Valentina, la jeune fille du docteur, qui doit lui être cédé à ses 16 ans. La troupe de Parnassus ainsi qu'un mystérieux jeune homme vont alors s'efforcer de battre le diable à son propre jeu pour récupérer le destin de Valentine"

Que dire de ce film... Déjà c'est du Gilliam pur beurre, on retrouve son style inimitable en à peine 30 secondes. Pour faire plus précis, ce serait du GIlliam sauce Münchhausen : du rève en boite, une bande d'acolyte, un visuel tantôt sombre tantôt lumineux, une idée de fatalité ambiante, etc... J'ai vraiment l'impression d'avoir vu la version 2.0 de Münchhausen, avec toutes les petites upgrades qui font bien. De ce fait, le film souffre de son statut, c'est un gros Gilliam, mais il peine un peu à être autre chose. On pourrait donc synthétiser, pour quelque amateur averti, qui souhaiterait avoir un avis sur le film, par un "C'est un film de Terry Gilliam"; cette seule phrase peut suffire.

Mais pourquoi est-ce un GIlliam...? Déjà c'est beau ! Avec cette espèce de touche qui rend le temps totalement ridicule et inadapté. C'est visuellement très anachronique, avec ce double-decker à chevaux et un monde totalement onirique et enchanteresque dans un Londres froid, sombre et humide, un Londres d'une autre époque lui aussi. L'effet de l'Imaginarium est relativement jouissif, c'est vraiment beau jusqu'à l'écoeurement, avec des effets spéciaux en avalanche et une espèce de combinaison de magique dans l'imaginaire et dans la réalite (le chariot du Docteur est impec et totalement fidèle à l'esprit de Gilliam). Rien que pour ça, il vaut le coup, c'est un patchwork assez violent de graphisme sauvage, mais c'est dans l'idée et l'atmosphère du film. Le tout pour même pas si exorbitant d'ailleurs (45 millions de dollars, c'est pas si monstrueux je trouve).

Second gros point fort, les acteurs... Franchement : Plummer, Ledger, Depp, Law, Farell, Waits, eh même Stormare fait une petite apparition ! Mais outre le casting d'exception, les autres roles sont loin, très loin d'être à la ramasse. Ledger qui est mort pendant le tournage a donc été remplacé par trois de ses amis. Pour l'anecdote, il ne restait que les scènes de l'Imaginarium a joué, tout le cadre "réel" ayant été fait dans un première partie avec Ledger, cela a permis à Gilliam de finaliser le film en changeant les acteurs et présent dans l'Imaginarium, donnant une nouvelle force au film. Gilliam a eu de la chance dans sa malchance si l'on peut dire... A remarquer que le film devait être au départ "A Terry Gilliam Film" et qu'il est donc devenu un joli "A film from Heath Ledger and friends".

Côté scénario et consort, on retrouve l'univers de Gilliam, le destin qui doit être bravé, qui ne semble pas être ce qu'il est. Le jeu entre Parnassus et Mr. Nick (que seul Parnassus qualifie de Diable d'ailleurs, c'est à remarquer) change perpétuellement ses règles, car au final Parnassus est un jeu en lui-même pour Nick, il pourra toujours obtenir de lui ce qu'il veut... La tromperie, la déception, l'aspect "conte", les retrouvailles heureuses... Des thèmes qu'on avait déjà dans "Münchhausen", qui sont ici portés différement, mais difficile de ne pas faire le rapprochement. Dans celui-ci néanmoins, l'aspect tromperie est encore plus présent. Qui gagne au final ? Mr. Nick a eu ce qu'il voulait ! Il s'est peut-être lassé de Valentina, ou peut-être l'a-t-il désiré pour embêter Parnassus, mais l'idée que le Destin change éternellement selon les modalités des acteurs est un thème récurrent. Parnassus et la troupe s'enferment dans une idée d'irrémédiable, Nick lui en joue pour obtenir ce qui lui plait dans le moment, il est le seul à "jouer" et à rire...

Les personnages sont de même à la hauteur. Parnassus le bourré mystérieux totalement hors du temps n'est pas le plus intéressant mais il est sympa et assez drole. Il est limite pitoyable, mais parvient à remonter la pente... pour se fracasser la gueule encore une fois, c'est le personnage avec des hauts et des bas. Mr. Nick est impeccable sous les traits du terrible Tom Waits. J'adore ce gars et le rôle du mystificateur est parfait. Ce qui est énorme c'est que la lutte entre lui et Parnassus ce résout comme "la cruauté de la réalité contre l'imagination", mais c'est Nick qui manie le mieux la seconde, qui use le plus de tromperie et de pirouettes, il possède tout en un et force Parnassus à ne jouer que sur un tableau. Les assistants sont efficaces, Anton dans le rôle de la tète à claques positive est plutôt bon. Il est de même assez pitoyable, mais c'est le seul qui ne se travestit pas pour autre chose que lui-même. Il ne cesse d'être franc et c'est je pense, ce qui le sauve dans ce récit. Percy est un clin d'oeil effronté à "Bandits Bandits", mais de même c'est le seul sérieux et avec la tète sur les épaules. Il semble être le seul à avoir une vague idée de la situation et c'est inévitablement un personnage qui s'en sort au bout du compte. Valentina n'est pas forcément celle qui ressort, Lily Cole est certes très jolie, quoique ses traits particulièrement marqués sont assez étranges, ce qui sied parfaitement. Elle n'a pas forcément le beau role, vu qu'elle est royalement trimballé et encore une fois, on a un personnage qui ne comprend pas où et sa place et qui ne s'en sort que parce qu'elle ignore tout et que cette candeur lui vaut la salvation.

Tony mérite bien un paragraphe pour lui seul. C'est un personnage très particulier et très Gilliamesque en fait. Il est vraiment facinant et très dur à appréhender de prime abord, même si on voit assez vite qu'il est f***ed up. L'homme qui n'est pas ce qu'il semble être, le mystificateur de bas étage, bel homme , facile dans un récit classique, un peu plus jouissif ici. Son aspect protéiforme est assez génial. Autant la version Ledger semble s'attacher à un état de méfiance, de jeu simple, de dissimulation éhonté, autant les autres version sont beaucoup plus révélatrice. Clown de marbre avec Depp, il nous fait ce qu'il avait déjà systématisé avec Duke et Sparrow, redondant mais au point. La version Law est la plus interessante, car Law a cette capacité de déformé son visage pour en faire quelque chose de profondément inquiétant. Il est bel homme et charmant, mais on ressent la folie et le délire, d'autant plus que la scène est une des plus barges du film. Farell enfin est la version la plus originelle, la plus machiavélique, la plus cruelle, au plus profond de l'âme. Gilliam avait écrit que Tony s'inspire de Mr. Blair : il dit des mensonges qu'il est capable de croire. Ledger, Depp, Law et Farell sont chacun une vision de Tony comme il est et comme il se voit. La transformation physique donne une puissance encore plus folle au personnage et marque on ne peut mieux l'aspect retors et vicieux de l'être. Ledger est au final la face chimérique, belle et séductrice, là ou Depp est l'image, Law la folie profonde et Farell l'aspect pragmatique et cruel. Très Très bon quoi qu'il en soit.

On peut aussi se dire que Gilliam s'est fait plaisir. Je n'est pas fait gaffe à tout, mais on peut remarquer d'innombrables clin d'oeil au Monty Python et à son propre univers. Les policiers gays, l'aspect "rideau" caractéristique de ses dessins qui est ici transcris en Live, la mongolfière digne de Münchhausen, le nain qui sort de bandits Bandits, l'univers sombre et cosmique qui rapelle lui aussi Bandits Bandits, j'en passe et des meilleurs...

Bref, Est-ce un grand Gilliam, peut-être pas, il est en tout cas très très "classique" de l'auteur et est une parfaite forme de ce qu'on peut facilement rapprocher de son univers. C'est néanmoins très beau, très bien joué, très interessant et c'est sans nul doute un très bon film. Je suis vraiment très content de voir que GIlliam c'est fait plaisir et je suis très heureux de voir un beau film, magistralement emmené et maitrisé. Du beau cinéma, du Gilliam, que demander de plus ?

PS : petite anecdote, après la triste mort de Ledge, c'est le producteur qui est mort quelques jours après la sortie du film. Peu après, Gilliam s'est fait percuté par une voiture et s'est brisé le dos. Il estime donc que c'est un complot et qu'on lui fera payer, bien content de s'en être lui sorti... Quand on a pas de bol... c'est pour la vie.

C'est aussi pour cela que ce film est entièrement dédié à ses deux monsieurs qui manqueront... Law, Depp et Farell ont d'ailleurs décidé, d'un commun accord, de ne rien toucher de ce film et de reverser leurs payes, à la fille de l'acteur défunt.

Ledger, peut se vanter de partir sur de grandes, très grandes oeuvres et nous pouvons nous attrister qu'il ne puisse continuer à en faire... Mais comme le dit Depp : il est immortel, il ne craint plus la vieillesse et ses tourments, il vit pour toujours, il est devenu un Dieu...

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MessagePosté: Dim 15 Nov 2009 18:19 
Ô-Totoro
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Localisation: Échappe à la connaissance
Comme l'a déjà dit SneV, il est vrai que pour qualifier le film, dire simplement "C'est du Terry Gilliam" résume aussi bien le contenu visuel et scénaristique que le ressenti qu'on peut en avoir.

Je ne ressors pas déçu du film parce que c'était globalement ce que je m'attendais à voir, avec une proportion de scènes dans l'Imaginarium plus conséquente sans doute.
Mais ce qui déroute le plus en le voyant, c'est que c'est l'une des rares histoires où le personnage le plus mis en valeur (Heath Ledger qui signe tristement un dernier film, et dont beaucoup d'acteurs voudraient bien avoir une sortie - peut-être pas aussi prématurée - aussi bonne que celle-ci) n'appartient presque pas aux enjeux de l'intrigue. L'affrontement/jeu entre Parnassus et Mr. Nick n'a rien à voir avec le passé de Tony et il ne fait que s'y immiscer par intermittence. C'est audacieux, je trouve. Certes, Tony craquelle le pari entre les deux et chamboule tout, mais il m'a semblé en décalé par rapport au reste de l'histoire.
Par contre, le point faible du film est que j'ai le sentiment que l'intrigue se complique, s'opacifie sans trop de raison, tant et si bien qu'on en perd parfois les enjeux. Heureusement, ce n'est pas pendant les 2H15 et c'est vraiment ponctuel, donc ça ne dérange pas tant que ça pourrait l'être. Le fonctionnement de l'Imaginarium (donner un choix à l'entrant, dont l'un conduit à sa mort et l'autre à donner son âme au Docteur) met beaucoup de temps à s'éclairer et n'est jamais énoncé intelligiblement. On le comprend au bon du compte, mais il faut plusieurs passages dedans pour en saisir les tenants et les aboutissants.
L'univers est aussi très Gilliam, en étant à la fois merveilleux et malsain. Ce qui est étrange, c'est que pour une fois, le magique correspond à l'Imaginarium et le malsain à la réalité ; alors qu'il a plus l'habitude de tirer ses histoires d'un monde envoutant et fantasmagorique vers son véritable visage sordide. C'est bien évidemment logique, vu que l'Imaginarium reflète le désir des gens, et que c'est rarement monstrueux.

Le fait que le film rende énormement hommage à Heath Ledger est justifié, même si ça donne droit à des moments vraiment déconcertants : la tirade de Johnny Depp sur l'immortalité de l'image, mise en parallèle avec Ledger, est troublante. Je pense que c'était dans le script initial, mais tout de même.
Et même, cette énième catastrophe de tournage de Terry Gilliam (il aura décidement TOUT vécu, à se demander s'il n'est pas dégoûté à chaque fois du cinéma) a été retournée en avantage avec brio puisque le fait que Tony change de visage dans l'Imaginarium est comme le reflet de l'escroc qu'il est : toujours changeant et fuyant. Les deux premiers changements sont aussi fait de manière très diffuse, le masque permettant de passer progressivement à chaque visage ; et les acteurs ayant un bas du visage ressemblant étonnemment à celui de Mr. Ledger (surtout Depp qu'on confondrait presque).

Pas le meilleur de Gilliam à mon goût, mais il a du niveau et de la gueule, pour sûr ! Ce qui est amplement suffisant et satisfaisant.


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MessagePosté: Lun 16 Nov 2009 11:36 
The old man
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Inscription: 05 Jan 2004
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Localisation: Joker
Bon ce fut un peu épique, après deux essais infructueux (mercredi et vendredi), le troisième (dimanche) fut le bon !!!

Entre univers clochard (gitan ?) et univers onirique, l’Imaginarium est une profession de foi sous forme de récit mythologique où Gillian/Parnassus joue avec le Diable (?) dans le but de promouvoir l’imagination… mais au final dans quel but ? Pour quel résultat ? Et surtout à quel Prix ? Telles sont les questions que le film pose. Le récit à tout prix mais à quel prix ?

SPOIL :

La question du Prix traverse ainsi tout le film et cela sous au moins deux formes : récompense et sacrifice. Si on pense tout d’abord et naturellement à Val, qui passe de récompense à vrai-faux sacrifice, c’est finalement Tony, être éphémère perdu dans les nuages entre illusions et imaginaires, qui sera sacrifié sur l’autel de l’éternité pour que le rêve/récit perdure. Parnassus et le Diable sont complices, conclusion logique, classique mais aussi désenchantée. Le Diable ne veut pas que le jeu s’arrête, tout comme Parnassus, et c’est pour cela qu’il leur faut un Pendu (carte de tarot qui symbolise entre autre le Sacrifice). Le Prix n’est alors plus une récompense (chose qu’on reçoit du Jeu – A la fin), mais un coût (chose qu’on échange pour Jouer – Encore une fois).

L’imaginaire doit-il exister seulement pour lui-même ? Exprimer uniquement des désirs au-delà du réel ? En le liant au réel (scène d’errement finale de Parnassus), le prive-t-on de son sens véritable et le corrompe-t-on ? et cela au prix du bonheur éphémère de la banale mortalité ?

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MessagePosté: Dim 22 Nov 2009 13:31 
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Inscription: 05 Juil 2008
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Localisation: Beyond the time
J'ai été voir L'imaginarium hier, et je ne suis pas déçu du tout ! Je voulais continuer sur ma lancée avec The Box et This Is It, et bien c'est ce qui s'est passé : j'ai encore vu un sacré film. Encore un film assez spécial (mais totalement différent du petit de Richard Kelly), mais néanmoins excellent. 2 heure 08 de pur bonheur. Seul petit bémol : il y a encore beaucoup de monde qui a parlé pendant le film... Et vu que le son n'était pas très fort, on les attendait très bien. Nan mais franchement, c'est assez embêtant, à croire qu'ils n'ont aucun respect pour les gens et pour le film. Et le pire (si il y a un « pire »), c'est que à la fin on les entends dire « c'était bien, hein ? J'ai adoré ». Je leur mettrai des baffes, franchement. Enfin, là n'est pas la question et parlons du film en lui même.

Alors déjà, la chose que j'ai le plus aimé dans L'imaginarium du Docteur Parnassus, c'est sans aucun doute le trio principal : Le Doc, Monsieur Nick, et Tony. Trois personnes on ne peut plus différent et qui nous font le spectacle pendant tout le film. Le premier, Le Docteur déchu qui va perdre sa fille est excellent ; le deuxième, le « méchant », mon préféré est juste EPIC ; quant au troisième j'ai bu ses paroles comme une eau sainte. Puis, ces trois gus sont tout de même sublimement interprétés ce qui fait tout de même leur charme. En particulier Tony, bah oui, c'est quand même un personnage interprété par plusieurs acteurs de talents. C'est même un des points forts du film, ce qui est assez bizarre quand on sait que cela part de la mort de Ledger. Paix ait son âme au passage, car il a encore été un monstre dans ce film... Je pense que si il n'était pas mort, il aurait été un des plus grands acteurs de la planètes pendant quelques temps. Mais le fait est que j'ai adoré tous les acteurs qui ont joués le personnage ; chacun jouant un Tony différent, ce qui fait le charme du personne, donc. Un homme aux multiples faces et aux multiples acteurs, tous aussi talentueux les uns que les autres. C'est vraiment bien foutu. Quant aux deux autres, eux aussi sont pas mals, mais ils n'arrivent pas à la cheville du personnage de Ledger et ses amis.

Enfin, il n'y a pas que eux que j'ai aimé dans ce film en tant que acteurs/personnages : j'ai bien aimé tous les autres qui sont relativement convaincants. A la limite il n'y a que le personnage de Valentine (ou Valentina ?) qui m'a quelque peu agacé. Faut dire que c'est pas forcément le type de personnage que j'aime le plus. Mais bon, il en faut toujours un.

Bref si on veut c'est l'univers du film que j'ai adoré le plus. Les acteurs, les situations pour le décor (ce mélange rétro/moderne qui est excellent), et l'ambiance en elle même (musique compris, j'ai trouvé le thème du film particulièrement adapté à l'ambiance). Merveilleuse avec l'imaginarium (juste magnifique les images quand ils passent de l'autre côté du miroir, si j'avais eu un plus grand écran dans le ciné – fuck j'avais la plus petite salle -, j'aurai eu des étoiles dans les yeux), diabolique avec Mr Nick, mais néanmoins toujours réelle malgré tout. C'est assez spécial, mais particulièrement bon. Je ne connais pas tous les films du réalisateur, mais si ils sont pour la plupart dans le même genre, je veux bien me faire toute sa filmographie. Nan, parce que franchement, ce type d'ambiance étrange et spécial, j'aime, j'adore, j'adhère.
En fait, je crois que j'ai tout aimé dans le film. ^_^

Pour conclure donc, j'ai beaucoup aimé L'imaginarium du Docteur Parnassus qui m'a fait rêver pendant deux petits heures et huit minutes très précisément. Que ce soit avec ses acteurs ou son ambiance bien spécial. A voir donc, c'est vraiment quelque chose. Et ce sera toujours mieux que aller voir 2012 (argh, et dire que c'était complet, quelle honte, les gens regardent vraiment n'importe quoi).

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"Le réel me donne de l'asthme." - Cioran.


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MessagePosté: Dim 22 Nov 2009 16:54 
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Inscription: 13 Oct 2007
Messages: 342
Localisation: Autre part .
ange bleu a écrit:

L’imaginaire doit-il exister seulement pour lui-même ? Exprimer uniquement des désirs au-delà du réel ? En le liant au réel (scène d’errement finale de Parnassus), le prive-t-on de son sens véritable et le corrompe-t-on ? et cela au prix du bonheur éphémère de la banale mortalité ?


Ça donne quand même méchamment pas envie d'aller voir ce film là ^^

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MessagePosté: Dim 6 Déc 2009 13:45 
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Inscription: 02 Déc 2009
Messages: 51
Localisation: CONGO!!!!!!
Je suis allez voir le film , dans la salle ont étaient 15 :Luffy hilare: .
Mais faut avouez que c'est un très bon film , il y a quand même un truc gênant au début . Le film se passe dans notre période contemporaine alors qu'une période "dr parnassus" aurait pu être mieux , mais bon ça ne change en rien le cours de l'histoire. Ce film est vraiment merveilleux dans ce film des gens très pauvre vivant presque comme des roms arrivent à nous montrez des belles choses. C'est là la beauté des spectacles itinérants ça existe depuis la nuit des temps, te donner des rêves avec presque rien d'autre que le talent (et des tours de passe-passe).
De plus ce film est fais à l'arrache avec des acteurs qui arrive et qui reparte (trop vite -_-) , qui joue sans texte avec leur coeur et leurs envies.
Terry Giliams est vraiment le maitre de la cinématographie , à côté la warners est un bambin de 5 ans.
Il ne vous reste qu'une chose à faire les gens , c'est d'allez voir ce film rien que pour le bonheur des yeux. :Ussop vantard:

Je préfère dire ce que pense intelligement plutôt que de réécrite bêtement ce que viennent de dire mes camarades.


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MessagePosté: Ven 11 Déc 2009 22:15 
175 000 000 Berry
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Inscription: 31 Oct 2005
Messages: 1161
Localisation: Non pertinent
Je vous ait tous battus, il n'y avait que 8 personnes dans la salle où je suis allé le voir.

On ne peut pas dire que je sois vraiment familier avec l'univers de Gilliam, vu que sont seul autre film que j'ai vu est Bandits bandits. Il n'empêche que j'ai totalement retrouvé son univers visuel dans L'Imaginarium et que ça m'a enchanté. Ce type insuffle une véritable identité dans ses films, ça poutre.

Plutôt que de répéter les autres, je vais m'attarder sur le point qui m'a le plus intéressé dans ce film : Mr. Nick.
Considérons qu'il est bien ce que le Dr. Parnassus dit de lui : le Diable. Premièrement, il me semble que s'il est le seul à le qualifier ainsi, c'est parce que les autres personnages n'ont pratiquement pas conscience de son existence, sauf peu avant la fin, mais à ce moment-là tout le monde à d'autres problèmes que d'essayer de comprendre qui est Mr. Nick. Il n'y a bien que Percy pour bien le voir, mais je ne me souviens pas qu'il lui fasse une référence directe une seule fois durant le film. Ce qui accentue d'ailleurs le côté duel entre Mr. Nick et le Dr Parnassus.
Ce qui m'a un peu embêté au départ avec ce personnage, c'est que j'ai eu du mal à saisir ses motivations, et donc l'enjeu du duel. C'est un problème qui a déjà été soulevé. J'ai bien saisi le fait que Parnassus œuvrait (et œuvre toujours) pour le récit au sens large, dont l'existence soutient l'univers. Quel est donc l'intérêt de Mr. Nick quant à affronter Parnassus ? Apparemment aucun. Et c'est bien ça tout l'intérêt. Nick dit lui-même qu'il adore les parieurs. Et Parnassus en est un de première qualité ! Tant par son obstination, sa longévité et par les modalités de l'épreuve qu'il propose. Le fait que Nick donne à Parnassus ses pouvoirs puis rende Parnassus immortel prouve bien que ce qui l'intéresse le plus, c'est le jeu, pas de gagner (ce qui est une interprétation possible de sa phrase "Damn ! I won."). Voilà donc ses motivations éclairées et l'explication de la fin très ouverte du film.
D'ailleurs, si l'on considère les questions liées au récit et à l'imagination soulevée par ange bleu, le fait que ces questions soient difficiles à répondre, voire impossibles, expriment la forme du duel entre Nick et Parnassus : répondre à ces questions est un chemin tellement long qu'il ne se finira jamais vraiment.

Par contre, j'ai vraiment du mal à voir le lien entre l'imagination et le choix. Est-ce qu'il y en a vraiment un, ou la présence du choix est uniquement due à l'aspect pari de l'épreuve de l'Imaginarium ? Même en y réfléchissant a posteriori, j'ai du mal. Si quelqu'un a une idée, qu'il se manifeste.

NB : Je n'ai peut-être pas fait beaucoup avancer le schmilblick, mais j'avais besoin de poser ces réflexions à plat pour éviter qu'elles ne me parasitent le cerveau plus longtemps.

Autre remarque sur le film : pour appuyer encore plus sur la qualité du personnage de Tony. La troupe de l'Imaginarium du début du film m'avait énervé : pourquoi rester toujours avec la même formule d'itinérance lorsque l'efficacité en est aussi minable ? Ça fait peut-être très terre-à-terre, mais ce comportement m'avait vraiment insupporté. Heureusement qu'il sert à justifier par la suite la présence de Tony, qui apportera le changement nécessaire à l'Imaginarium, au duel même, pour relancer les deux.

Au final, j'ai vraiment été enchanté par ce deuxième contact avec l'univers de Gilliam et j'ai hâte d'y revenir. Je suis aussi content que mon cerveau n'ait pas trop frit à cause de l'incompréhension (je craint beaucoup ce genre de choses).

Une petite anecdote pour finir : je me suis presque levé de mon siège lorsque j'ai reconnu le lieu de tournage de l'avant-dernière scène du film (celle où Parnassus revient à la réalité). La grande bibliothèque de Vancouver (Vancouver Public Library de son petit nom) ! Un endroit qui a trop la classe. Pas utilisé symboliquement, mais un joli endroit (Vancouver est un lieu de tournage de plus en plus réputé).

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