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 Sujet du message: Ponyo sur la falaise
MessagePosté: Ven 10 Avr 2009 17:30 
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Certains voyaient en Miyazaki le début de la décadence, reprochant au Château ambulant d’être une œuvre beaucoup trop dispersée et pas assez cohérente. Et ma foi, ils n’avaient pas vraiment tort tant il est vrai que son dernier métrage avant Ponyo aura été controversé et, même si acceptable en soi, pas forcément du niveau que l’on pouvait exiger d’un réalisateur aussi illustre que lui. Cependant, il faut reconnaitre une chose aujourd’hui ; tous ceux qui l’avaient déjà enterré il y a quelques années ont commis une grossière erreur, en fait de décrépitude, il ne s’agissait que d’un accident de parcours : Ponyo sur la falaise est un film d’une beauté atroce, d’où émerge une poésie cruelle et rare.

Je ne vais pas revenir sur l’intrigue de Ponyo, je pense qu’on a suffisamment rabâché le refrain pour que même les moins informés puissent savoir de quoi le film retourne en un tour de main.

La grande particularité du dernier né de Miyazaki réside dans sa narration, très fulminante et vive, libérant des trésors sans cesse nouveaux, pour se concentrer en un fœtus d’énergie, libérant enfin un feu d’artifice d’un éclat saisissant. D’une maîtrise absolue, la narration se veut résolument flamboyante. Depuis quelque temps, le cinéma se confine dans un schéma narratif plutôt limité, imposant par exemple un récit mono-rythmique, faisant l’apologie de l’homogénéisation du rythme au profit de celle du film. Miyazaki brise ce procédé et se paye le luxe de nous prendre à contre-pied en revenant vers un cinéma, certes plus simple, mais aussi et surtout moins scolaire. Et au fond, tout Ponyo peut se résumer à des contre-pieds. C’est précisément de cet aspect qu’il en tire toute sa puissance et sa quintessence.

Il faut savoir que le réalisateur nippon possède une façon de faire qui lui est tout à fait propre. Contrairement à ses compères, Miyazaki, dans l’élaboration de ses films, saute en effet purement et simplement le stade de l’écriture du scénario, passant directement et sans état d’âme des croquis préparatoires au storyboard. De facto, sa méthode est essentiellement visuelle puisqu’il s’affranchit de toutes les contraintes pour s’offrir une liberté d’action considérable. C’est de là que se produit justement le miracle : lorsque cette forme d’écriture est bien menée, elle accouche d’une œuvre insensée, partant dans tous les sens mais qui retombe in fine sur ses pieds.

A cet égard, on peut noter que Miyazaki, comme pour nous montrer que son film n’est pas une science exacte, et qu’il progresse avec ses personnages de manière concomitante, se permet d’étirer certaines séquences en longueur, tout en en raccourcissant, avec une démesure toute contrôlée, d’autres. En définitive, Ponyo progresse par digressions, ajouts et césures. Le rythme du métrage est sans arrêt travaillé, modifié par d’incessantes bifurcations, la plupart du temps surprenantes. De ce constat, il découle que la principale question du film n’est pas de tout nous apprendre, de tout nous faire comprendre : comme tout est affaire de personnages et de rythme, Miyazaki nous propose rien de moins qu’une plongée vertigineuse dans la psychologie, amenant l’évolution, de ces mêmes personnages.

Au fil de ses pérégrinations, Sosuke, enfant déjà indépendant, va en effet subir une sorte de rite de passage, symbolisé par la dernière épreuve, dans le monde des adultes. En fin de compte, Ponyo, le film et le personnage, peut se caractériser par une espèce d’aventure irraisonnée, celle unissant l’amour presque incontinent entre deux enfants de cinq ans à peine. En un sens, cet amour, parce qu’il est fou et contre-nature, est effrayant. Mais c’est aussi de là qu’il puise sa grandeur : c’est parce qu’il pourrait faire basculer l’univers tout entier qu’on se prend d’empathie pour les deux âmes sœurs. L’histoire de Ponyo devient singulièrement touchante du fait aussi des contradictions et contrastes que distillent subtilement Miyazaki au cours du récit. Pour ne citer qu’un exemple, prenons celui-ci : le seau, métaphoriquement la maison de Ponyo, est balayé pile au moment où celle-ci se métamorphose pour la première fois en jeune fille, provoquant par la même occasion un tsunami gigantesque (et somptueux). Est-ce la volonté de Ponyo de devenir humaine qui va la condamner à l’exil ? se dit-on alors. Et le doute s’installe. Prolongé dans sa férocité par l’hésitation de Sosuke.

Il reste tout un ponton de perles à explorer concernant Ponyo sur la falaise, mais j’ai décidé de ne pas trop en dire pour ne pas vous gâcher la surprise de la découverte. En tout cas, ce qui est sûr, c’est que ce film est une totale réussite, tant sur le plan esthétique que scénaristique, bien que la construction de la trame soit volontairement imparfaite. Nous reste également les effluves d’un charme hors du commun, d’une poésie inconcevable, et d’un message cruel et sans concession que les couleurs pastel ne peuvent bien évidemment pas escamoter tout à fait.
Je suis fan de Miyazaki, mais il me prouve à chacun de ses films que je fais bien d’en être fan !

PS : J’ai été surpris de voir que personne n’avait encore créé de sujet pour Ponyo. Je ne sais pas si c’était fait exprès mais c’est clair que je suis content d’avoir eu cet honneur ! ^^


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MessagePosté: Dim 12 Avr 2009 18:52 
The old man
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Localisation: Joker
Un film magnifique qui m'a extrêmement remué.

Nous retrouvons le Miyazaki des Grands Classiques, sans aucun doute. Son habilité à mettre en scène la petite enfance est toujours aussi épatante, tout comme la nature d'ailleurs. Les passages (sous)-marins sont d'une beauté hallucinante de poésie et de magie O_O

Comme dans beaucoup de conte, une partie de l'histoire garde le charme de son mystère et fera les beaux jours de ceux qui désireront analyser et étudier le film sous toutes ses coutures ^_^

Quant à la narration, elle est effectivement une leçon de cinéma.

Bref un film magique.

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MessagePosté: Dim 12 Avr 2009 21:06 
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Localisation: sur Sillage ... Poukram !!
Je viens de m'en mettre pleins les mirettes afin d'aller voir cette petite merveille que nous a concocté Miyazaki ...

*________________________________________________________*

En un mot tout simplement : M.A.G.N.I.F.I.Q.U.E !!!

Les images, dessins sont d'une qualité et d'une fluidité époustouflantes. L'histoire peut - au premier abord - paraître simpliste, mais en fait, quand on y plonge bien, on s'aperçoit que Miyazaki nous fait prendre conscience de la nature humaine face à notre planète (toujours ce fameux thème de l'environnement, et de l'homme et de son comportement face à cela) ...
Réflexion subtilement placée dans le discours du père de Ponyo ^^

Au point de vue de l'histoire, il y a forcément qu'un pas pour remarquer que ce film fait référence à la Petite Sirène d'Andersen ...
Comme dans son précédent film (le château ambulant), on a encore affaire à un magicien (simple réflexion).
J'ai même eu la réflexion que ce dernier (père de Ponyo) m'avait pensé au Capitaine Nemo de Vingt mille lieues sous les mers et son abris sous-marin, au fameux Nautilus ...

On ne s'ennuie pas le moins du monde et on apprécie toujours autant ce petit trésor caché qui nous fait oublier pendant 1h40 nos soucis et tracas, afin de laisser place à une magie sans fin, qui nous fait retomber dès la première minute dans notre enfance ... :Vogue Merry:

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 Sujet du message: yeah
MessagePosté: Lun 13 Avr 2009 00:23 
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Localisation: QG de la D&DF.
En tant que fan incontesté de hayao myazaki je peux dire que c'est un de ces film que j'ai le plus apprecier.
j'ai deja vu tous les film de myazaki....mon voisin totoro,princesse mononoké,kiki la petite princesse,le chateau ambulant,la chateau dans le ciel,porco rosso,conan le fils du futur,la chateau de cagliostro,pompoko,le voyage de chihiro,le royaume des chat,le tombeau des lucioles,nausicaa de la vallée du vent ect,ect...........
parmis mes préferé je cite:mon voisin totoro,princesse mononoké,le tombeau des lucioles.....et desormais ponyo sur la falaise!!
carrement EXTRAVAGUANT ce film!!

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MessagePosté: Lun 13 Avr 2009 00:29 
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Je n'ai pas l'habitude de faire mon Deu$ (hihi) mais là, je me sens obligé de dire à hurl : t'es sûr que t'es fan de Miyazaki ? oO

Edit : Wow, mortel ! Il a un rang spécial en plus ! XD

Edit du méchant : il y en a qu'il ne faut pas trop chercher en MP juste pour se défouler, dire que certains me voient mort en vidéo, ils risquent de se piquer les petits. ^^


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 Sujet du message: oups
MessagePosté: Lun 13 Avr 2009 19:13 
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Localisation: QG de la D&DF.
oups!! exact grave faute impardonnable!!
escusez moi miyazaki sensei!pour la peine je vait m'etripez sur le champ!
non sans rire je suis un de ces plus grand fan! :Ussop tien tien:

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MessagePosté: Ven 24 Avr 2009 18:45 
Ô-Totoro
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J'ai beaucoup aimé ce Miyazaki, bien qu'il ne fasse pas parti de mes favoris du réalisateur.

Et pourtant, pour une fois qu'il sort de son schéma poétique habituel pour nous proposer une œuvre trash et cinglante, on aurait pu se sentir complétement dépaysé, preuve qu'il est capable de se renouveler et d'étonner !
Magnifique coup de maître, Hayao Miyazaki distille dans tout son film une pensée érotique, quasi-charnelle et par moment très crue, au-delà de la vision définitivement mignonne qu'on pourrait en avoir. Ainsi, le vaisseau du père de Ponyo, duquel elle s'échappe au départ, pourrait aisément rappeler l'utérus d'où elle s'extirpe pour naître (découverte du monde humain) ; la transmission du sang entre Sosuke et Ponyo peut évoquer sans complexe le rapport sexuel (découverte de l'amour charnel, physique), voire la consanguinité de la chose (échange d'hémoglobine) ; le père pourrait être aussi la personnification de l'anti-complexe d'Œdipe (ce n'est plus l'enfant qui éprouve l'attirance pour son géniteur) (découverte de l'amour paternel) ; les sœurs de Ponyo ont une forme étonnament phallique (découverte du désir) ; découverte de la frustration par Lisa lorsqu'elle apprend que son mari ne la retrouvera pas le soir ; etc. Tout est question de découverte là-dedans. Ce qui, bien sûr, est un message aussi trash qu'inhérent à tout conte de fée depuis ceux de Charles Perrault !

Plus sérieusement, passons ce bref délire au goût très douteux pour donner mon véritable avis sur Ponyo : la magie est là, la qualité cinématographique aussi, les personnages attachants, mais le tout manque (j'ai trouvé) d'enjeux, d'opposants (alors qu'il n'y a que des adjuvants, car même le Père perd rapidement cette fonction ; et les gens sont très réceptifs au fait de percuter réalité et imaginaire). Il y a bien une quête, celle du passage de l'âge adulte (tiens, on retombe sur les contes de fée, mon paragraphe de départ n'était peut-être pas si délirant que cela), très simple, très bien menée, mais il manque presque de tension dramatique là dedans. On est dans le merveilleux, mais pas l'ambiguïté du fantastique. Tout en pointant cela, il est évident que ce n'est pas un extrème défaut, sachant que mon œuvre préférée du réalisateur n'en dispose pas (mais reste clairement dans le stade de l'enfance et non pas le rite d'initiation), mais cela fait qu'on arrive à la fin sans vraiment le sentir.
Miyazaki ne se refaisant pas, on retrouve du discours écologique de Mononoké (mais beaucoup plus visuel que dit, quasiment muet tant il n'est pas au premier plan), le visuel mignon de Totoro (même la chanson du générique où l'on ne scande plus "Totoro Totorooo !" mais "Ponyo Ponyo !") ou bien l'aspect très blop de Chihiro et le Château Ambulant. J'aime bien, mais c'est surtout le graphisme marin (encore plus que Kiki la petite sorcière parce que là on entre dans la mer) qui fait l'identité du film, et non pas le reste. Il est magnifique, lyrique et poétique, ceci dit.

En définitif, j'aime bien la simplicité touchante qui ressort du film, mais moins son aspect peu dramatique comparé à d'autre des films du réalisateurs. Mais il est très bon quand même, très agréable, très détendant.


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MessagePosté: Ven 24 Avr 2009 19:44 
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Localisation: Académie Honnōji
Si je devais résumer le film que j'ai eu sous les yeux, ce serait grâce à une équation :
Poissons étranges + Voiture véloce + Jambon + Love Tackles = Petite Fille énergique
J'ai plutôt apprécié ce Ponyo sur la Falaise, il y a un Miyazaki-appeal indéniable dans celui-ci ; même si au final on se rend compte que le film a des objectifs plutôt différents des derniers films du réalisateur. Ici, l'intrigue est très délitée, on pourrait même dire absente si on n'arrive pas à adhérer à ce qui se passe à l'écran. Néanmoins, j'ai trouvé que ça passait bien, le côté divertissant du film arrive sans mal à pallier ce retrait dans le développement de l'intrigue. La galerie de personnages passe elle aussi bien. Sôsuke est un personnage attachant dans son innocence, Lisa était une figure maternelle très bien menée à mon sens et bien évidemment, Ponyo éclate l'écran de sa présence. Son côté bon enfant m'a bien amusé tout du long. En revanche, j'ai été un peu déçu par son père dont on ne sait au final pas grand chose sur son parcours et ses intentions... Quant à la réalisation, elle était réellement bluffante dans de très nombreux plans. Bref, ce film est clairement reposant dans sa conception et offre une belle histoire qui ne demande pas grand chose pour que l'on y adhère. C'est un film simple, pas aussi spectaculaire ou profond d'emblée que d'autres œuvres de Miyazaki, mais c'est un film qui amuse avec pas grand chose dans le fond ; et c'est peut-être ça le tour de force de ce Ponyo à mes yeux.

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MessagePosté: Ven 24 Avr 2009 19:55 
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Et bien je vois que Leto II a retenu ce que j'ai dit et qu'il en a parlé comme il l'avait dit qu'il le ferait, d'ailleurs il en a même rajouté. Enfin bref parlons plutot du film.

Comment dire?......J'AI ADORE!!!! Contrairement a Leto, Ponyo fait a présent partie de mes films préfèré de Miyazaki, juste derrière Princesse Mononoke et Le voyage de Chihiro. L'histoire m'a bien plu, les personnage aussi, trés drôles et trés touchant a la fois. Je ne parle pas des dessins qui sont, comme toujours avec Miyazaki, trés beaux et trés fluides, d'ailleurs contrairement a ses précedents films, ils sont plus simples, les couleurs utilisé plus claires, voir pastel mais cela colle bien a cet histoire qui a pour héros des enfants.
Sinon je suis d'accord avec Leto, il n'y a pas beaucoup d'enjeu, d'opposant, c'était la même chose pour d'autres de ces films mais cela ne me dérange pas, au contraire vu l'age des héros, 5 ans, les mettre face a un enjeu trop important m'aurait moins emballé. Là c'est tout mignon, beau, reposant, poétique, bref un vrai conte qui nous fait retombé en enfance.

En gros c'est un film magnifique qui m'a fait passé un trés bon moment, la preuve je n'ai pas vu l'heure passé.

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MessagePosté: Ven 24 Avr 2009 21:02 
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J'avais déjà lu un article dans un journal donc je savais à peu près à quoi m'attendre, et je n'ai pas été déçu ^^

Tout d'abord le film s'ouvre sur une introduction sans paroles, avec de la musique, où d'entrée on voit la beauté du dessin et des couleurs utilisés par Miyazaki, qui sont vraiment très belles.
Ce nouveau film du maître de l'animation japonaise tient donc sur deux bases : l'aspect artistique et l'envoûtement qu'il arrive à procurer au spectateur. Car, et ce n'est pas vraiment un mal vu le public qui est en premier lieu visé, l'intrigue est très simple, même si les points abordés laissent une porte grande ouverte au développement fait par le spectateur. L'humour est très présent, et on peut dire qu'il est représenté par Ponyo herself. "Grâce" à elle, le jambon devient alors un aliment indispensable dans ce film :p
J'ai beaucoup aimé ce thème de l'eau qui est traité dans Ponyo, cela permet beaucoup de possibilités à Miyazaki et c'est du pur bonheur pour les yeux. Bien évidemment, on pourra faire une comparaison entre La petite sirène et Ponyo sur la falaise. Mais à bien y réfléchir je trouve que les deux dessins animés diffèrent en bien des points (il me semble déjà qu'il n'y a pas la question des problèmes environnementaux, bien présents dans Ponyo). On peut aisément affirmer qu'il y a deux points de vus : celui des enfants avec la grande amitié entre Sôsuke et Ponyo, malgré la différence de celle-ci ; et le point de vue des "plus grands" avec une remise en question de nos comportements.
Ponyo sur la falaise passe à une vitesse ahurissante (on s'est tous mis d'accord avec Bullzor, Leto II et les autres sur le temps qui a passé très vite), grâce au fait que l'on est littéralement plongés dans l'atmosphère du film. Alors pour cet enchantement, merci à Miyazaki, qui sait nous surprendre à chaque fois, et l'IRL avec Bullzor, Saito, Demon Slash et Leto II était bien sympa.

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MessagePosté: Ven 24 Avr 2009 22:25 
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Localisation: Ahnenerbe
Miyazaki fait du Miyazaki. C'est un fait, presque absolu. De là, on sait qu'on verra du Miyazaki et qu'on ressortira de la salle avec un grand sourire, comme si on était sorti d'un rêve. Comme si, durant 1h30, on perdait toute connexion avec la réalité pour se laisser emporter par cette féerie. Qu'on verrait défiler devant nos yeux des morceaux de vie, entre rituel initiatique et influence sur l'écosystème. C'est ce qui se passe en ressortant de Ponyo.

Dès la première image, Miyazaki tranche. Certains misent sur une débauche incroyable d'effets visuels, avec des graphismes entièrement assistés par ordinateurs, où l'on peut presque se demander si l'homme a encore un rôle un jouer dans toute cette animation. Miyazaki, à travers Ponyo, revient presque à une animation traditionnelle pure. Dans une interview accordé à Studio, il a dit que pour ce film, il n'avait utilisé l'informatique que pour les décors et les détails. Ce qui fait des traits simples, fluides, humains. Il n'y a pas de recherche incessante du toujours plus impressionnant, toujours plus numérique comme c'est bien trop souvent le cas à notre époque. Juste une recherche de la beauté. Miyazaki offre ici une véritable leçon de cinéma.

Mais, pour faire un bon film, il ne doit pas être juste beau. Il faut des personnages que l'on va suivre. On va rire avec eux, être triste avec eux, ressentir leurs doutes, leurs peines, leurs satisfactions. Miyazaki est passé maître dans l'art de montrer les sentiments. Pour notre plus grand plaisir.

Que ce soit Sosuke, qui va traverser durant le film un véritable passage à l'âge adulte. La toute première phrase du film vient de la mère de Sosuke qui lui dit de ne pas rentrer tard. A ce moment, Sosuke est un petit garçon de 5 ans, qui vit paisiblement avec sa mère, son père étant pratiquement tout le temps absent de chez lui. Et puis, par la rencontre avec Ponyo, il va changer. Il va apprendre la détermination, il va apprendre à se battre pour protéger ce à quoi il tient, à être maitre de son destin. Mais il va aussi à être confronté à des difficultés face auquel il ne peut rien ou presque. Il va prendre la personne qu'il a juré de protéger, il va préférer fuir plutôt que de faire face à ses responsabilités. Ce qu'on voit bien au début lorsque Ponyo asperge sa camarade et la personne âgée. Plutôt que de s'excuser, il va préférer s'isoler, fuir le monde. Juste être avec Ponyo. Envers et contre tous. Des expériences qui lui sont nécessaires pour pouvoir, à la fin du film, traverser le tunnel pour rejoindre sa mère. Cette fois ci, alors même que Ponyo ne le voulait pas, il va de lui même entrer dans le tunnel. Et y ressortir pour faire face au père de Ponyo. Ce tunnel pourrait représenter le temps de l'introspection. Dans le tunnel, il est seul. Ponyo dort et perd progressivement sa forme humaine. C'est à lui de choisir. Entre avancer dans un monde duquel il ignore tout. Un monde qui lui semblait si familier, mais qui a entièrement changé à présent. Ou un monde qu'il connait. Le monde duquel il vient. Un monde dans lequel il pourrait se contenter d'attendre que les adultes arrivent. Après avoir passé ce tunnel, on ne le voit plus, à aucun moment douter à nouveau, fuir ce monde.

Mais les autres personnages ne sont pas en reste, loin de là. Ponyo, qui est si touchante par sa naïveté, son innocence. En un sens, elle est semblable à ces princesses, enfermées dans leur prison doré qui ne connaissent rien du monde. Seulement, elle n'attendra pas que son prince charmant vienne la chercher sur son beau cheval blanc. Elle ira elle même briser sa prison, et ira elle même rejoindre Sosuke. Ici, c'est elle qui chevauche un animal pour aller rejoindre celui qui est cher à son cœur. A la fin, son choix est va impliquer plus de changement pour elle que pour Sosuke. Là où Sosuke a "juste" à accepter la différence, Ponyo doit renoncer à tout ce qu'elle a été jusque là. Elle doit renoncer à être un poisson, renoncer à ses pouvoirs magiques. Elle doit renoncer à voir ses parents, ses sœurs. Elle doit accepter de vivre dans un monde duquel elle ne sait rien, un monde dans lequel les humains détruisent la mer dans laquelle elle a toujours vécu. Elle n'a, bien sur, pas conscience de tout ça. Elle ne veut qu'une seule chose, c'est rester auprès de Sosuke. Elle veut rester auprès de celui qu'elle aime aveuglement. Un amour fou entre deux enfants de 5 ans.

La mère de Ponyo elle, vit dans l'attente du retour de son mari. Elle est à l'image de ses femmes japonaises actuelles qui vivent sans leur mari, qui travaillent par elle même. Fujimoto, le père de Ponyo, va apprendre que les humains qu'il a jadis renié ont aussi en eux une part de beauté. C'est lui qui fera passer le message écologique cher à Miyazaki sur la protection de l'environnement. Pour autant, on peut ne pas être d'accord avec le père de Ponyo sur la manière dont on doit se comporter. Voyant comment les hommes se comportent, il a choisi de ne plus faire partie de ses hommes. Mais, n'étant plus homme, il a du même coup perdu la possibilité de se battre pour changer les choses. Plutôt que de tenter de faire bouger les choses, il a choisi, pour lui et ses filles, de ne pas regarder en face la laideur du monde. Jamais lorsqu'il suivra la voiture de Lisa, il ne regardera les déchets sur sa route. Jamais il ne regardera devant lui. Il lui faudra la rébellion de sa fille pour à nouveau regarder la réalité en face. Reaccepter de se nouer avec les humains. A l'ultime fin, c'est même lui qui tendra la main à Sosuke.

En conclusion, ce nouveau Miyazaki m'a enchanté. Nous montrant bien que le maître est là. Au sommet de son art. Un film d'une rare poésie. Un film onirique. Magnifique.


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MessagePosté: Mar 28 Avr 2009 21:29 
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J'arrive un peu après la bataille... Mais je vais tenter d'être quelque peu original ^^. Même si, tout comme vous, j'ai apprécié la séance, et je n'ai point vu se dérouler les cent minutes de projection. Projection durant laquelle je me suis dit que je faisais "tâche" dans la salle (une quarantaine de personnes, un couple, trois mères de famille, trente-cinq gosses de dix piges, et moi). M'enfin, passons au vif du sujet.

Ce qui marque, encore et toujours chez Miyzaki, c'est bel et bien l'espace dans lequel évoluent les protagonistes. La mer est sublimement animée, c'est quasiment une leçon d'animation lors des déferlantes sur lesquelles Ponyo court. Quant aux décors plus urbains, ils restent très beaux et maîtrisés, aux couleurs chatoyantes, certaines scènes m'ont même donné l'impression de voir un élément bouger sur un dessin en deux dimensions (impression complexe à décrire ^_~). D'ailleurs, en parlant des décors... Je ne sais pas si j'ai rêvé, mais j'ai cru apercevoir un petit Totoro dans le film. Lorsque Sosuke vient montrer le poisson aux femmes âgées, et que Ponyo éclabousse la "mégère" de service, un plan est fait à l'intérieur de l'hôpital sur Lisa, à côté d'une armoire notamment. Le ne dure qu'une seconde à peine, mais sur l'armoire, je crois avoir vu un Totoro blanc. Si quelqu'un retrouve la scène, qu'il n'hésite pas, ce serait un clin d'oeil sympathique à un autre film du réalisateur ^^. J'ai aussi vu un autre p'tit truc, mais il m'échappe pour le moment...

Vous avez déjà parlé en long, en large, et en travers. Je suis peut-être un peu déçu du peu de développement qu'a subi le père, qu'importe, ce n'est pas le point principal qui nous intéresse. Par contre, j'adore le père de Ponyo, ridiculement trippant avec son appareil anti-déshydratation.
Ce qui m'a gêné particulièrement dans le déroulement, c'est la facilité avec laquelle les adultes acceptent la féérie. Que Ponyo et Sosuke ne se posent pas trop de questions, okay, normal. Mais que Lisa ou les vieilles (qui ne sont pas gâteuses, dixit l'une d'entre elles ^^) ne prennent pas le temps de se dire "Oh, mais comment ça s'fait ?", j'ai trouvé cela déplacé.
Enfin, concernant le scénario en lui-même, je pense qu'elle m'a passioné moins qu'habituellement, parce que la relation amoureuse prend la première place. Le côté mystique est ici moins présent que dans les autres films de Miyazaki que j'ai vu, et je m'attendais à plus de présence de ce thème ici (on a beau voir la mère de Ponyo qui ressemblerait à la divinité de la Mer, cela est plus suggéré par l'image que directement dit). Dommage, car c'est bien ce que je préfère dans ses films ^^.

Je suis un très grand fan de Moyazaki, et en somme, un très bon film de celui-ci. Pas aussi excellentissime que Princesse Mononoké, Mon voisin Totoro ou Pulp Fiction, mais toujours bien meilleur que sa série Star Wars, Autant en emporte le vent, Le château ambulant ou encore Danse avec les loups (désolé, j'ai pas pu m'en empêcher ^__~).
Sérieusement, un bon Miyazaki, donc un très bon film en général.

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« No gods or kings. Only man. »


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MessagePosté: Mer 29 Avr 2009 13:12 
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The Undertaker a écrit:
Ce qui m'a gêné particulièrement dans le déroulement, c'est la facilité avec laquelle les adultes acceptent la féérie. Que Ponyo et Sosuke ne se posent pas trop de questions, okay, normal. Mais que Lisa ou les vieilles (qui ne sont pas gâteuses, dixit l'une d'entre elles ^^) ne prennent pas le temps de se dire "Oh, mais comment ça s'fait ?", j'ai trouvé cela déplacé.


Oui, je me suis moi aussi posé la même question. Et, ce constat m'a amené à une hypothèse. Les adultes voient ils réellement ce que vit Sosuke ? Car, personne ne trouve bizarre qu'un poison puisse avoir une tête humaine. Persone ne remarque ne voit les vagues déferlantes comme des poissons. Personne ne voit Ponyo courir sur l'eau. Personne ne trouve bizarre que tout à coup, la faune et la flore soit remplacé par celle du devonien. Personne ne s'inquiète du fait que le monde soit englouti sous les eaux. Personne à part Sosuke et Toki, la grand mère acariatre. C'est la seule qui voit en Ponyo la déesse et le danger. C'est la seul qui se rebellera contre Fujimoto à la fin du film.

De là, on peut se demander si tout le film m'est pas qu'un rêve vu par Sosuke. Il se peut que Sosuke soit simplement en train de rêver. De rêver... jusqu'à ce qu'il passe le tunnel. Et passé le tunnel, il revient à la réalité. Un peu comme dans un certain Chihiro...
Bien sur, on peut se dire que non, certains évènements sont trop réalistes pour n'être qu'un rêve. Ce à quoi, je suis d'accord. Mais, ce sont toutes des scènes où Ponyo n'apparait pas. Et, ce sont des scènes où l'on voit que Toki a une importance particulière. C'est, par exemple, elle seule qui a un origami différent des autres. Et, c'est à elle que Sosuke accepte de confier Ponyo à la fin du film.

Ponyo sur la falaise pourrait n'être qu'un rêve vécu par un petit garçon et dont le rêve va peu à peu finir par prendre le dessus sur la réalité. En chassant du réel les doutes et les angoisses. Seul reste cette vision idyllique du monde d'un petit garçon de 5 ans.


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MessagePosté: Mer 29 Avr 2009 13:47 
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Théorie intéressante que celle du rêve de Sôsuke.
Cela me rappelle la tournure scénaristique qu'Osamu Tezuka nous propose dans son
Shin Takarajima (La nouvelle Ile au Trésor, 1947 pour la première édition, 1984 pour la seconde).
Je cite Jean-Paul Jennequin dans son article publié dans Osamu Tzuka : dissection d'un mythe (Editions H) :

"Pete va se coucher et, avant de s'endormir, raconte au chiot la belle aventure qu'il s'imagine bientôt vivre. Les oreilles de ce dernier se redressent et une sorte de courant électrique semble en émaner. Puis Pete se réveille, va dans la cabine du capitaine et remarque que la lumière électrique y a été remplacée par une lampe à pétrole."

Ensuite :

"Le jeune héros se réveille, et à son grand étonnement, le petit chien se met à parler. L'animal, qui est en réalité un extraterrestre, lui explique que toute l'aventure n'était qu'un rêve qui lui a offert. [...] Le chiot avoue, gêné, que le trésor a fondu en taxes payées à l'importation, que les animaux ont été mis dans un zoo et que Tarzan, n'ayant plas de papiers, a été renvoyé dans son pays d'origine."

Pete = Sôsuke.
Le chiot = Ponyo.

Dans Ponyo, on voit que celle-ci et Sôsuke dorment à plusieurs reprises. C'est sûrement une indication quant à cette théorie du rêve.

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MessagePosté: Mer 29 Avr 2009 13:54 
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