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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Lun 29 Juin 2015 16:15 
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Nous voici donc au moment de la révélation de la troisième et dernière partie des minis textes :


"Compte, comte, conte"


Ainsi pour "Compte, comte, conte" nous avons pour participants :
  • Celeglin
  • Dark Knight
  • Enitu
  • solino
  • Triplem
  • vista


Petit rappel, le but de ces minis textes est l'amusement et la distraction durant l'épreuve principal, je vous invite tous donc à préparer un petit top 3 ainsi que vos paris sur qui-a-écrit-quoi et à participer au concours principal où il ne reste plus qu'une semaine pour s'inscrire ! Pour ceux ayant proposé un texte je vous invite par contre à envoyer vos paris par mp pour raison évidente !

Et voici les textes :

Texte n°1 :
Spoiler: Montrer
« … sept mille trois cent quatre-vingt-douze, sept mille trois cent quatre-vingt-treize, sept mille trois cent quatre-vingt-quatorze …
- Maître que faites-vous ?
- … sept mille trois cent quatre-vingt-dix-huit … Et bien vois-tu, je suis en train de regarder combien de Mallornes nous avons dans le Comté … L’hiver promet d’être rigoureux, et les hommes du Comté vont encore nous prélever plus que leur part de bois de chauffe.
- Ne peut-on pas leur interdire de les couper ? C’est un arbre sacré ! On ne peut pas laisser faire ça !
- Tu ne connais pas l’histoire toi ? Je vais te la raconter …
- Mais …
- Il était une fois, il y a fort longtemps dans le Comté de Grand’Cave un Seigneur qui voulait rendre la gloire passée de son pays. Il alla voir le Sage qui lui remit des graines de Mallornes. Ces graines germèrent et firent naître un somptueux bosquet. Un hiver vint plus rigoureux que les autres et le peuple pour survivre fut autoriser à venir prélever du bois de chauffe dans ce jardin. Depuis quand l’hiver est froid, les hommes du Comté sont autorisés à venir chercher de quoi alimenter leur feu.
- Voilà une bien étrange histoire Maître Myrddin…
- … Qui remonte à très longtemps»


Texte n°2 :
Spoiler: Montrer
Mike marchait dans la rue, la nuit noire est seulement transpercée par les fais eau lumineux des lampe à daires. La lune, grosse, lumineuse, mais lent colique lui rap pelle quelque chose qu'il a où Blier. En face du trop toit re un groupe de jeûne marchait, il ne savait rien d'E si ce n'était les goûts musicaux clairement affiche et via le Gay tôt Blaster visible sur l'Et Paul d'1 jeune. Bien et vie dame ment Mike se méfia, il sont bien louches ... Mike était bien con tant de ne pas être sur le même trottoir. Quels coups mijotent ils ? Mike se rendit vite conte qu'il s'en fit chai(se), après tout il ne va pas se sous scier de problèmes qui ne sont pas les siens. Mike ne put s'empêcher de remarquer la petite damme qui croix za la route du groupe, sans se retour nez Mike suivit la route de la mamie. Il prit son port table pour vite hap peller la police si quelque chose tournait mal. Soudainement un jeune interpella la vieille dame.
“Vous avez fait tomber ça madame”.
Le jeune lui tendit une boucle d'oreille.


Texte n°3 :
Spoiler: Montrer
C’est parfois si difficile d'écrire que l'on se demande si cela en vaut la peine. On enchaîne les petites merdes, les petites raclures, toutes ces fautes gênantes et malhabiles. Parfois, l'apostrophite aiguë nous guette, ivre de plaisir à nous voir fauter, encore.
Finalement, écrire, c'est un peu l'obsolescence même d'un système imparfait. C’est poser des mots insuffisants sur des idées insuffisantes pour un lectorat lui-même insuffisant. Oups, pardon, le terme exact était "lectorat au cerveau lui-même insuffisant".

Non mais sérieusement, à quoi ça rime tout ça ? À quoi bon jouer à un concours aussi sérieusement que si la vie du kéké du village en dépendait ? Pourquoi l'effort ? Pour quelle récompense ?

J’entends quelqu'un murmurer « la reconnaissance ». Troufion ! Tu n’as pas encore compris que le jour où l'homme aura fini de chercher la reconnaissance de ces paires, cela signifiera la liberté complète des idées, de l'imagination, de la prose ?

J’ai encore tellement à dire. À partager. À blâmer. Mais qui s'en soucie alors que le principal intérêt est de savoir qui gagnera ce foutu concours ?

Sur ce, je vous laisse sur trois mots, vastes, consensuels et attendus :

Conte. Compte. Comte

.


Texte n°4 :
Spoiler: Montrer
Un compte pour enfant dicté par un conte pour un comte, c’est plutôt renversant, non ?
« Un jour un vaillant Dix qui… Qui saute par-dessus le un et forme le Onze et puis… Bon le Douze.
- Tu as sauté une ligneu !
- … Et puis il roula et partie voir le grand et méchant Deux pour former le Douze… Qui n’était pas très content. Mais Dix le vaillant l’obligea à libéré les enfants qui allait firent dans une grosse multiplication. … …
- Continueu…
- Seulement, le Deux avait plus d’un tour dans son sac, car le Quatre trahie les autres et un gros Six mille trois cents sortie d’un coup de la… Le Deux n’arrive pas à le contrôler et le Six mille trois cent repartit sur les routes… Monsieur le comte je suis obligé de continuer ?
- Ouieu… !! »


Texte n°5 :
Spoiler: Montrer
Cher Comte, que me contez-vous là ? Comptez-vous me dire ce que vous conspirez tout bas, que le monde sache ce que vous complotez ? Ou plutôt... contre toute attente cher Comte, je préfère ne pas en connaître le contenu. Dieu sait quelle concupiscence vous anime pour être empreint de conviction si secrète. Non, quand bien même vous seriez en train de concentrer quelques contingents, je me refuse à présent à contrecarrer vos plans. Faites comme bon vous semble cher Comte, comptez sur le bout de vos doigts les ennemis à abattre et les richesses à accaparer. Allez-y ! Moi, je sais que tout cela n'est que rêve, une histoire que vous continuez à vous conter, dans l'attente à jamais éternelle de pouvoir un jour, enfin prendre ma place.


Texte n°6 :
Spoiler: Montrer
-Dans ces livres de contes, est-ce amusant qu’Étienne accède en ses livres de compte, et sa muse enquête, hyène axée, danse et livre deux comtesses, âme usant quais, tienne, ah! que sait?
-N’y compte pas.
-Lol.
-Lol.

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Lun 29 Juin 2015 20:19 
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Sujet très dur et j'en tiendrais compte dans mon classement. En lisant les textes, je n'ai eu aucuns coups de coeur, et pour être honnête j'ai détesté la plupart des minis-textes (celles que je ne déteste pas m'ont juste laissé de marbre). Je mets ça sur le compte (lol) du sujet tordu. Le seul truc qui m'a marqué, c'est ça: Je ne participe pas au paris sur les auteurs, je n'ai cherché à le faire avec aucun texte d'aucuns des sujets. Et malgré ça, sans le vouloir, en lisant le texte 3 j'ai immédiatement reconnu Enitu^^

Désolé pour l'auteur qui met toujours en scène Myrrdin (texte 1), mais je ne suis pas fan de ses textes. Son style me plaira surement lors du véritable concours si tu as la place de développer ton univers, mais ici ça me semble trop développé pour moi, au point d'étouffer le sujet comme si le thème était facultatif. Or pour ces mini-concours sans prétentions, j'y accorde beaucoup d'attention. C'est ma façon de noter désolé ^^

Pour moi, seuls les textes 2 et 6 sont dans le thème. Pour moi le sujet portait sur les homonymies avec une indication sur le thème à aborder. Il ne s'agissait pas de juste placer les 3 mots le plus de fois possibles :/

Le texte 3 est HS même si ça a l'air voulu^^ (quoi que tu "comptes" les raisons de ne pas répondre directement au sujet) J'ai eu un début de coup de coeur en commençant à lire ce passage "Finalement, écrire, c'est un peu l'obsolescence même d'un système imparfait. C’est poser des mots insuffisants sur des idées insuffisantes pour un lectorat lui-même insuffisant." La 1ere phrase me laissait envisager une analyse de la littérature, et le début de la 2nde m'a fait jubiler à l'idée de lire un "c'est poser des mots insuffisants sur des idées qu'on ne saurait parfaitement exprimer", ou quelque chose dans le genre. En tout cas c'est l'idée que j'en ai. Je vois la littérature comme une tentative d'exprimer le plus parfaitement possible une idée, sans jamais y arriver mais en s'y approchant. Bref, fin de la digression.

Le texte 4 a une idée intéressante, celle de faire parler un conte pour conter une histoire. Malheureusement mal exploité je trouve. En plus c'est truffé d'erreurs horribles :/

Le texte 5 a essayé de placer le plus de fois possible les 3 mots du sujet, c'est donc lourd (et moitié hors sujet pour moi)

De ce fait, les textes 4 et 5 sont exclus de mon classement. Puisque des texte 1 et 3, le 3 est moins bien axé sur le sujet selon moi, ce dernier ne sera pas dans le classement non plus. Je classerai donc les textes 1, 2 et 6.

En 3e position, je mets le texte 2. Les homonymies sont balancées ça et là (même si je reconnais que c'est dur à amener). Je ne comprends pas la chute, malgré 5 relectures, dont 4 consécutives et une à tête reposée.

En 2nde position, le texte 6. Pleinement ce que je recherchais, avec un triple jeu de mots, et une rupture brutale mais que j'ai apprécié. Cependant, comme pour le texte 5, une partie non négligeable des mots est utilisée sans aucun sens (ou tout du moins aucun sens trouvé^^).

En 1ere position, le texte 1. Très poétique, avec une mise en abyme (un conte dans un conte) et une certaine légèreté très appréciable. En terme de style d'écriture, c'est pour moi le meilleur et de loin. Très envoutant.

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le plus puissant des démons, ma fan-fic sur le précédent possesseur du fruit du magnétisme.

goodeed Venez faire des dons gratuits pour aider des enfants du Tiers Monde à se nourrir et être vaccinés, et pour planter dans arbres en Inde !

le même genre de site, mais avec un peu plus de choix dans les dons

Fluctuat Nec Mergitur.


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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Mer 1 Juil 2015 02:29 
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Localisation: Dans tes rêves.
Voici mon classement!

Hors du palmarès :

Position VI : Texte 2
Un texte déplorable et bourré de fautes. Je n'ai pas vraiment compris l'intrigue tellement il y a des erreurs.

Position V : Texte 4
Beaucoup de fautes malheureusement et les paroles sont insérés maladroitement. L'intrigue est peu intéressante et on s'y perd.

Position IV : Texte 6
Un jeu de mots bien pensé, mais ce texte est beaucoup trop court et il aurait pu être davantage exploité.

Palmarès :

Position III : Texte 3
Une belle réflexion philosophique menée à terme, mais qui ne respecte pas entièrement le thème.

Position II : Texte 5
Nous voyons une exploitation maximale du thème avec des jeux de mots et des métaphores habiles tout en gardant le texte compréhensible. Hélas, cette exploitation m'a semblé un peu exagérée (nombre de mots en lien avec les thèmes).

Position I : Texte 1
La trilogie de Myrddin se termine d'une façon impeccable. Voici le meilleur des textes de sa catégorie. Poétique, mythique et envoûtant, il a su m'enchanter.

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Jeu 2 Juil 2015 11:46 
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Localisation: Au fond de ton regard.
Je vote pour les 3 catégories à la fois !
Ouais je suis un fou dans ma tête, mais personne ne m'arrêtera !
Bon je vote pour les textes qui me donnent envie de lire plus plutôt que le respect stricto sensus du thème.
Et je fais mon petit prono sur les trois textes qui sont sur chacun de mes podiums.

La Main Verte :

3ème : Texte 2, j'ai bien aimé l'enchainement de tous ces jeux de mots, l'histoire en elle même n'a ni queue ni tête ni main mais ça m'a fait plaisir à lire. Je parie que vista est derrière ce texte.

2ème : Texte 5, une intervention chirurgicale je m'attendais à ce que ça soit le chirurgien qui ait la main verte, mais non. Bon retournement et petite blagounette pour détendre l'atmosphère à la fin. Je parie que Triplem est derrière ce texte.

1er : Texte 6, des végétaux tueurs, une romance tragique, un jardinier trop talentueux, c'est vraiment agréable à lire. Je parie que Porito est derrière ce texte.

Mousse :

3ème : Texte 4, quelques fautes malheureusement qui m'empêche de mettre ce texte plus haut, mais les prénoms Rémy et Ben parlant d'un tel sujet ne sont pas sans m'évoquer quelques souvenirs ! Je parie que vista est derrière ce texte

2ème : Texte 5, Ca va vite, on a à peine le temps de finir le texte pour comprendre de quoi il s'agit mais ça passe crème. Je parie que Solino est derrière ce texte.

1er : Texte 2, vraiment bien aimé à la lecture, la mousse se retrouve partout. Une belle narration. Je parie que Dark Knight est derrière ce texte.


Compte, Comte, Conte :

3ème : Texte 3, le style est vraiment super bien rendu juste dommage que l'auteur n'ait pas plus essayer de raccrocher le thème à son texte. Je parie que Solino est derrière ce texte

2ème : Texte 4, un pu bizarre de prime abord, au final ça m'a bien plu ces jeux de comptes. Je parie que Triplem est derrière ce texte.

1er : Texte 2, pas forcément super fan, mais c'est probablement le plus original des 6 textes avec ces jeux de mots. Je parie que vista est derrière ce texte.



Voilà voilà, j'ai bien aimé ces petits exercices d'écriture et de lecture. Bien joué Foul pour cette nouveauté sympathique.

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Nous sommes de l'étoffe dont sont tissés les vents - Alain Damasio


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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Lun 6 Juil 2015 10:02 
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Dernières heures avant la deadline !
On se bouge pour m'envoyer son texte !

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Mar 7 Juil 2015 13:48 
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Après quelques demandes je repousse donc la deadline à jeudi.

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Jeu 9 Juil 2015 15:56 
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Etant donné le nombre de participants je m'autorise à allonger le temps de rédaction des textes, je le fixe actuellement jusqu'à la fin de cette semaine mais pas d'inquiétudes il ne sera indéfiniment repoussé. Je comprends que cela puisse sembler injuste mais que ce soit d'un niveau organisationnel ou tout simplement au niveau de l'intérêt du concours il est préférable d'attendre quelque peu pour gagner quelques participants. Je comprends les contestations mais en tant qu'organisatrice je me réserve le droit de changer le planning.

En espérant que de nouveaux écrivains en herbe se manifestent !

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 16:03 
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Voici enfin l'heure de la révélation des textes !


CCE 3ème édition : Etre femme


Texte 1 : Elise
Spoiler: Montrer
- Papa, aujourd’hui un copain m’a demandé comment c’était d’avoir un Papa.
- Et que lui as-tu répondu ?
- Je lui ai dit que c’est comme être au milieu de l’océan le plus profond du monde et savoir qu’on ne peut pas couler.

Surpris par la réponse de sa fille, Papa se leva de son fauteuil en ébène et rejoins sa fille sur le tapis afghan qui recouvrait tout le salon, il s’assit en tailleur et demanda à cette dernière :

- Penses-tu qu’il a compris ce que tu voulais dire ?
- Il m’a raconté qu’il avait posé la même question à sa Maman et qu’elle avait beaucoup pleuré. Alors vu ce que je lui avais répondu, il a pensé que sa Maman se noyait.

Papa regarda sa fille l’air empli d’une infinie tendresse, il la prit sur ses genoux et commença à caresser sa longue chevelure blonde.
Son regard se perdit par la fenêtre du salon qui donnait sur un immense jardin de Sakura rose, une vision qui ne cessait jamais de l’enchanter. La demeure entière était un véritable travail d’orfèvre, elle rappelait la meilleure période de l’architecture viennoise et son jardin exotique à l’orientation japonaise en était la pièce maitresse. Eloigné du monde, Papa se sentait bien, passant ses journées à écrire ou à lire. Papa avait une passion pour les arts quels qu’ils soient, une curiosité qui ne l’avait jamais quitté, un goût pour la différence, être un esthète éphémère qui laisserait une empreinte indélébile.

- Tu veux jouer du piano ? lui murmura t'il à l’oreille
- D’accord.

Papa s’approcha du piano à queue couleur blanc cassé qu’il possédait, il installa sa fille à côté de lui puis commença à jouer un air qu’elle connaissait bien.

- Tu es triste, Papa ? demanda-t-elle en le fixant avec ses grand yeux bleu.

Papa regarda sa fille avec étonnement, elle savait lire en lui comme dans un livre ouvert toutefois il fit mime de ne pas comprendre.

- Pourquoi me demandes-tu ça ?
- Car à chaque fois que tu joues cette musique au piano, je sais que tu es triste.

Elle avait raison, comme à chaque fois, un véritable livre ouvert.

- Cette musique m’apaise beaucoup.

L’enfant se mit debout sur le banc et commença à fixer les cordes, elle attendit 3 minutes comme à chaque fois, le temps que Papa arrête de jouer. Et comme toujours elle ne comprenait pas comment cela était possible.

- Je ne comprends toujours pas.
- Comment des cordes peuvent faire pleurer ? Devina Papa sans trop de difficulté.

Il pleurait à chaudes larmes, sa fille s’approcha de lui.

- Alors c’est comme la Maman de mon copain, tu te noies dans l’océan ?
- Sais-tu comment c’est d’avoir une fille ?
- Non, lui répondit cette dernière.
- C’est savoir que sa fille est sûre que son Papa ne la laissera jamais couler et ça lui donne toute la force du monde.

La jeune fille se fendit d’un immense sourire qui barra son visage. Elle courut vers Papa pour lui faire un gros câlin.
La tête au creux de son ventre, elle demanda à voix très basse :

- Alors… Maman a coulé ?


***********************************************************************************



- Et n’oublie pas ta serviette de bain, Elise ! Et tes baskets, prend les marron, elles sont nettoyées !
- Je sais Maman, j’arrive !

Elise avait 17 ans et comme chaque été, elle devait supporter la douloureuse épreuve de la plage. Non pas qu’Elise n’aimait pas la plage, au contraire elle adorait la sensation du sable chaud sur ses orteils, la fraicheur de l’eau et la douceur de l’écume sur son visage. Le constant va-et-vient, inéluctable, irréversible, ce puissant courant qui emporte tout et ne s’arrête jamais. Elle aimait ça.

Enfin, au début.

Et puis Elise grandit, les vacances avec sa famille ont commencé à la lasser, elle ne prenait plus plaisir à venir dans leur maison de vacance, maintenant la mer lui paraissait froide, si froide.

- Oh, n’oublie pas non plus le cadeau pour l’anniversaire de mariage de ton oncle et ta tante !
- Ah le bijou en diamant noir ? Oui, il est dans mon sac !

Une fois tout le monde installé dans la voiture, la route pouvait commencer.

- Tu joues à quoi, Camille ? S’interrogea Elise.
- C’est un Tower Builder ! Faut construire la plus grande tour possible et le jeu s’arrête quand tout s’écroule, mais plus je m’entraine plus ça monte haut, j’essaye de battre mon highscore !

Elise lui lança un sourire amusé, et se plongea dans sa lecture.

- Et toi tu lis quoi ? Demanda Camille à sa sœur, d’un air intrigué.
- Ah, ce sont mes partitions, à mon retour des vacances, j’aurai des répétitions.
- Oh, j’espère qu’un jour je jouerai du piano aussi bien que toi ! S’exclama Camille avec des étoiles dans les yeux alors qu’elle se remettait déjà d’aplomb à son jeu vidéo.


***********************************************************************************



- Bonjour à tous, je m’appelle Mica et aujourd’hui cela fait 6 mois que je n’ai pas touché une goutte d’alcool.
- Bonjour Mica ! Saluèrent les autres participants tout en applaudissant.

Mica continua alors :

- Hier encore, j’étais allongé sur mon lit, et je me suis rendu compte de tous le gâchis que j’ai pu faire ces 10 dernières années, le monde du mannequinat m’a détruit, physiquement, moralement, psychiquement. J’ai tout perdu, même mon identité, alors on boit, on boit pour oublier, on fume pour décompresser, on se drogue pour rêver. Et on meurt petit à petit, moi qui ait bâti ma carrière sur mon look androgyne, je n’étais ni femme ni homme, j’étais mort à l’intérieur et à l’extérieur. On cherche desespérement une échappatoire, et nous voilà plongé dans un océan de solide, une mer froide et bestiale qui nous emporte. Plus on essaye de se relever, plus on se fait emporter... Aujourd'hui je suis seule mais solide, je l'espère. Merci.

Mica alla se rasseoir à sa chaise. Cet endroit lui glaçait le sang à chaque fois, des murs en granit gris passés par le temps et sentant la mort, des vieilles affiches de spectacles déchirées rappelant avec honte les vestiges d’une ville qui fut belle. Maintenant c’était un taudis sans saveur, les rues empestaient la pisse, même la mer n’arrivait pas à donner une vie à cet endroit. « Dire que c’est ici que j’ai passé mon enfance et c’est ici que je finirai ma vie… »

Voilà que maintenant passait une femme d’une cinquantaine d’années environ, elle portait un voile si bien qu’il était difficile de la reconnaitre elle parlait de sa dépendance et du fait qu'elle avait rechuté la semaine dernière.

- … Et vous luttez chaque jour pour oublier ce que vous avez subi, ce traumatisme dans votre estomac, combien de fois par jour ai-je vomis repensant à ça. Le plus dur est de se dire que c’est venu de votre être cher. Et vous sombrez...

Mica se leva et quitta la réunion, elle passa par la machine à café et un expresso en main elle rentra chez elle. Sur le chemin du retour, elle fut interpellée par un homme.

La quarantaine, il semblait relativement propre sur lui, toutefois il avait la typique gueule de celui qui avait été rongé par la drogue, des cernes bleuâtres, un nez bouffi et une musculature plus qu’inexistante.

- Excusez-moi Mademoiselle ! J’étais à la réunion tout à l’heure et je n’ai pas m’empêcher de faire le rapprochement, vous êtes bien ce mannequin qui avait fait un show spectaculaire lors d’un grand évènement de mode, n’est-ce pas ? Une pyramide humaine avec vous tout en haut.

Mica était étonnée, non pas que quelqu’un puisse se souvenir de ce show mais que quelqu’un puisse la reconnaitre.

- C’est bien cela, répondit-elle d’un air surpris
- Oh, je le savais ! Je m’excuse de vous déranger comme cela Mademoiselle mais, est-ce-que vous voudriez bien boire un verre avec moi, je connais un café sympa dans le coin.
- Non, je vous remercie.

Elle reprit sa route, et du coin de sa poche, sorti une fiole de brandy.


***********************************************************************************



- Il est temps d’y aller, lui souffla son avocat.
- D’accord, j’arrive.

Sous les huées de la foule, Marie sorti de la salle d’audience, elle, la femme de ce monstre. On l’accusait de l’avoir toujours su et de ne jamais avoir rien fait. On l’accusait d’avoir été l’intraitable complice de ce massacre.

Et pourtant la nuit où il avait été arrêté, Marie s’était battu et c’est grâce à elle qu’il avait pu être remis à la justice. Elle s’en souvenait parfaitement, il avait encore bu et voulait la frapper. Ce fut le soir de trop, Marie avait pris la bouteille de Whisky et l’avait éclatée sur la tête de son mari, le geste fut tellement intense qu’elle en éclata son magnifique diamant. Le souvenir d’un passé macabre avait-elle alors pensé.

Mais voilà qu’elle s’était battu, s’était relevé et avait eu le courage de le confronter. L’opinion publique ne fut pas tendre pendant les semaines voire les mois durant lesquels le procès fut médiatisé. Le monstre avait déjà été surnommé « Le Diable ».

Le choc terrible fut d’apprendre le nom de sa première victime, Marie n’avait pu retenir ses larmes. Toutes les forces de police du pays furent mobilisés pour essayer de retrouver la dite victime, elle n’avait pas donné de signe de vie dans le pays depuis plusieurs années et n’avait pas cherché à contacter les forces de l’ordre après le début du procès.

La première rencontre avec sa sœur fut extrêmement dure.

- Thérésa…

Thérésa avait le visage fermé, bouffi par les larmes, elle regarda sa sœur avec un étrange regard un mélange de profond ressenti mais aussi de compréhension. Un regard que seule une sœur pouvait avoir. Marie ne put se retenir et éclata en sanglot, un sanglot silencieux, le sanglot de celle qui avait vécu dans la terreur pendant tant d’années, le sanglot qui doit être discret. Puis elle rejoint sa sœur, et le sanglot devint bruit, il se perdu dans celui de Thérèsa. Leur longue embrassade sembla éternelle.

Marie était venue chez sa sœur pour discuter, expliquer mais aussi comprendre. Depuis plusieurs jours Thérésa avait été visité par multiples policiers et détectives, elle avait inlassablement répété la même histoire, elle non plus n’avait jamais su.
Une fois le calme revenu, les deux sœurs avait pu s’entretenir, échanger, se remémorer.

- Quand ?
- Quand vous veniez en vacances à la maison je pense, je ne vois que ça.
- Mon dieu, pendant toutes ces années ?
- …
- Et Camille ?
- Il n’a jamais répondu.

De nouveau, Thérésa ne put retenir ses larmes, son rôle de mère avait été un échec, au fil des années, elle avait perdu contact avec ses deux filles, et alors qu’elle voyait encore en leur enfance une période heureuse voilà qu’elle apprenait qu’elles avaient toutes les deux vécu l’enfer.

- Tu sais qu’il y a 4 ans de cela, j’ai vu Camille.
- Pardon ? Ou ça ? S’exclama Thérésa.
- … À une réunion d’alcooliques anonymes, elle se présentait sur le pseudonyme de Mica, elle nous a raconté son parcours dans le mannequinat et la suite que cela a donnée comme tu le sais…
- Mais où était-ce ?
- Dans votre ville de l’époque.
- Elle est revenue là-bas ?! Mais pourquoi… Penses-tu qu’elle était à la recherche de sa sœur ?
- J’y avais pensé à l’époque en effet, je n’avais pas voulu t’avertir car je ne voulais pas que tu saches que ta propre fille et ta sœur se retrouvaient dans ce genre de… groupe…
- Oh Marie… Se lamenta Thérésa.

Marie fixa sa sœur un long moment, elle ne savait que faire, toutefois elle ne put se résoudre à cacher plus longtemps la vérité.

- Je sais où se trouve Elise.


***********************************************************************************



- Papa, on sonne à la porte !
- Ouvre ma chérie, je suis occupé !

Elle s’exécuta, la tête à hauteur de la poignée de porte, devant elle se dressait deux femmes. Elles se ressemblaient beaucoup, celle qui semblait la plus jeune pris la parole :

- Bonjour ma petite, comment t’appelles-tu ?
- Elise ! Répondu-t-elle avec ferveur !

La plus âgée des femmes sembla surprise.

- Peux-tu me dire ou se trouve ton Papa ou ta Maman ?
- Mon Papa est là, il arrive.

Papa arrivait par derrière depuis le salon, les yeux encore plongés dans ce qui semblait être des notes d’écriture.

- J’arrive, j’arrive !

Papa s’arrêta net devant sa fille et leva les yeux vers les deux femmes. Papa marqua un grand coup d’arrêt. Même après toutes ces années, on ne pouvait oublier… On ne pouvait oublier le regard de sa mère.

Cette dernière était bouche bée, comme absorbé dans un autre monde, elle ne comprenait pas ce qu’elle regardait.

- Elise, peux-tu monter dans ta chambre s’il te plait ? Papa doit accueillir nos deux invités
- Oui ! Je vais allez jouer aux Legos ! Je suis en train de construire une magnifique tour !
- Parfait, tu me montreras ça plus tard, d’accord ?

Elise parti l’air fier dans sa chambre, alors qu’elle jetait un dernier regard à ces biens étranges dames.

- Entrez.

Marie et Thérésa passèrent le pas de la porte et s’engouffrèrent dans l’immense hall qui amenait jusqu’au salon. Là trônait un massif piano à queue blanc cassé dont les touches étaient ensevelies sous des partitions.

- Je vous en prie, asseyez-vous.
- E... Elise ? s’y tenta Thérésa
- … Oui.
- Mais… Pourquoi ? Comment ?
- Tu le sais très bien pourquoi.
- Elise, reprit Marie, que s’est-il passé ?

Elise se pose quelques minutes, essayant de mettre ses propos en ordre, elle inspira profondément.

- Quand ton corps est souillé, souillé au point de ne plus te reconnaitre dans la glace, de ne plus savoir qui tu es, où tu es, tu meurs. Tu cherches inlassablement un sens à tout ça. Tu te demandes pourquoi ta famille n’a jamais été là pour toi. Tu cherches une réponse, du réconfort alors que tu es plongé au milieu de cet océan.
- Oh mon dieu Elise, sanglota Thérésa, mais quand es-tu devenu…
- Un homme ? répondit-il, quand je suis devenu mère et que j’ai voulu protéger mon enfant comme le père que je n’ai jamais eu, j’ai vécu une renaissance dans cet enfant et je la chérirai jusqu’au bout de ma vie. Car c’est ça Être Femme, Être Homme, Être Humain.


***********************************************************************************


Le téléphone avait déjà sonné 4 fois quand Mica décrocha :

- Allo ?
- Camille ?
- Qui êtes-vous ?
- Elise.
- …
- Si tu le veux bien, ma fille aimerait beaucoup rencontrer sa marraine.

Camille lâcha la fiole qu’elle avait entre les mains.

- Oui.


***********************************************************************************



- Non ma chérie, Maman n'a pas coulé, et en lui indiquant la poitrine, Papa lui dit, elle se trouve ici pour toujours et elle te suivra jusqu'au bout, et même quand Papa ne sera plus là, elle te ne laissera jamais couler.

Ma douce Elise.


Texte 2 : Les sirènes
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Les sirènes


Alex déguisé en femme rentre sur la scène.

Alex
Voix faussement aigüe, s’adressant à quelqu’un dans les coulisses.

Non, non, je ne t’ai pas trompé
Moi, jamais je n’aurais trempé
Dans quelque affaire que ce soit…
Allons, tu me connais, François.

Il montre sa fausse poitrine en la présentant en avant, de manière exagéré.

Veux-tu bien te calmer, …
Mais je suis ta petite fe.. fe… femme
C’est pour ça que…

Il tend son bras en avant de manière brusque et bouscule le vase.

Ho merde ! …
Il faut que tu m’é…m’é… m… Merde !

Il jette sa perruque sur le sol, dépité. S’adresse aux coulisses.

Venez plus tard. Vous aurez qu’à demander à une femme de jouer le rôle d’une… femme.

Au public.

Je savais que j’allais me foirer. Ce rôle pourri. Une femme… Une femme… Qu’est-ce qu’une femme ? « C’est simple, c’est juste un peu plus intelligent que l’homme ». Ouais ouais. Ben je suis pas assez intelligent pour le comprendre alors. Une femme…
Je voulais pas jouer ce rôle. Ah non, ça, je le voulais pas, je ne connais pas les femmes. Mais bon. Deux rôles masculins, quatre rôles féminins. Écrasante majorité. Et nous… : Une belle parité. Trois - trois. Paraît que je suis pas bien non plus dans le rôle d’un homme, alors fallait bien qu’on se sacrifie. Ouais, c’est sûr, fallait se sacrifier. Être femme c’est donc un sacrifice ? Intéressant comme vision des choses.
J’ai fait ce que j’ai pu pour être dans le rôle. Les femmes, c’est beau, on m’a dit, alors je dis, ouais, ouais, mais comment jouer, et on me dit, ben je sais pas, tu as des accessoires, bien sûr que j’en ai des accessoires, je fais partie d’une troupe de théâtre, il est bête… Alors je réponds oui, ok ben dans ce cas, tu les mets et tu imites ta mère,… ma mère ? Elle est morte ma mère… Bon j’en sais rien moi, va voir ailleurs… Ouais ben j’y vais et là, on me dit, les femmes c’est un peu un idéal tu vois, c’est beau, c’est brillant, je constate que j’ai pas d’accessoires brillants, mais non, je te parle du rôle, … ah… d’accord, ben alors ? Ben je sais pas, faut que tu sois attirante. Attirante ? Ouais… Je me suis dit que les hommes me renseignaient mal. Je devais avoir raison.
La première fille que j’ai croisée m’a rembarré aussi sec. L’autre me dit : heu, je sais pas c’est une nature, quelle nature ? Ben elle me dit je sais pas c’est inné d’être une femme, ça s’apprend pas… Mouais. Je suis pas convaincu alors je réitère. Sans succès. Personne ne me comprend ? Serai-je seul ? Au théâtre on me dit : alors ? Ben j’ai rien trouvé, ils répondent, nan mais t’abuses, ce n’est pas si compliqué de jouer une nana, alors je dis, ben t’as cas le faire, toi, ben non ça te laisserait le rôle d’un mec et t’es nul dedans, tu colles pas… Je colle pas non plus avec le rôle de Camille, il me sort, ouais ben t’as rien trouvé alors, alors je vide mon sac, ben on m’a dit que c’est une nature, et qu’il faut être brillant. Et là, ils se sont tous tus.

Il se tait et s’agite sur scène en marchant de long en large.

Et vous, alors ? Et vous vous savez ce que c’est qu’être une femme ? Parce que moi j’ai su finalement. On m’a rembarré, méchamment, durement, et mon texte qui venait pas :

Alex prend une voix aigüe.

Oh non, pas lui, pas mon m… m…mari !
Que fais-tu à cette…heu… heure ici ?

Reprenant une voie normal.

Et quand je demandais à Chantal – vous la verrez sans doute tout à l’heure, c’est l’une des comédiennes – elle me répondait : non mais c’est bon, vas-y lâche-moi.
Et moi... Un rôle raté, un comédien raté. Un enfant raté, méprisé, insulté, les insultes tombaient comme la pluie des nuages, et ceux-ci s’accumulaient dans les cours d’école. Les petits garçons, eux, francs, laissaient éclater l’orage. On donne des coups, on cogne. On prend. Et puis, viennent les petites remarques des petites princesses rêvant de petits princes… Oh, je ne suis pas un petit prince ! Que n’ai-je vu, que n’ai-je compris, lors-ce que ces pestes, me charriaient, moi… Oui. Je suis seul dans la cour, seul, et elles viennent. Elles sont grandes, si grandes, oh… et belles… D’une beauté… Terrifiante. Et te jaugent, et ne te trouvent pas assez intéressant, pas digne d’elles. Et tu tombes dans ce cercle vicieux, dans ce petit typhon, cette tornade, ce sont les sbires de ces sorcières qui t’agressent et te tabassent maintenant, les petits princes aliénés par le succès. Moi, ce succès, je ne l’ai pas connu.
Et si l’on pouvait choisir à quoi on allait se confronter ? Une présentation où l’on choisirait ? Une présentation très claire à laquelle on s’engage. Monsieur cravate et madame décolleté, quelques cours pratiques et ensuite le choix. On pourrait se préparer, on pourrait être au courant… On pourrait savoir quelle est le véritable cœur d’une femme, ce qui fait sa nature, et moi ça m’aurait bien aidé pour ce rôle. Le petit garçon est bagarreur, colérique, la petite fille est maline, futée et souriante, l’homme est stupide, dur, la femme est cruelle, vile et perfide.
Tout le monde pourrait choisir son sexe, ses goûts et son rôle. Tout le monde, même… Moi. Même vous ! Tout le monde… Un rôle plus adapté peut-être. Plus adapté que celui d’un comédien raté.

Il s’arrête un moment sur la scène. Son visage est de plus en plus grave.

Quoi que non. Maintenant je sais, mais ça ne rentre pas … Parce que les femmes… Les FEMMES ! Les dernières me renvoient, ne veulent pas se livrer et me crachent dessus. Et me jettent comme une vieille chaussette.
Les femmes sont viles, les femmes sont cruelles, les femmes ne veulent qu’une chose, notre destruction. Elles ne sont que mensonge, un mensonge insidieux qui s’enroule sournoisement dans nos maisons, qui vient, qui reste, qui ne part pas ; un mensonge qui garde précieusement ses secrets, et qui ne veut pas qu’on découvre à quel point elles sont cruelles et habiles. Elles ne montrent pas leurs faces pourries, faces cachées des femmes.
Et pourtant j’ai essayé de rentrer dans le rôle. Adoptons un visage de supériorité, voyons les gens comme des insectes qu’on peut piétiner… Allons-y. Mais ça ne marche pas. L’homme n’est pas fait pour faire la femme, maintenant je n’en suis que plus persuadé, non pas parce qu’il ne la comprend pas, juste parce que son âme n’est que trop pure, à sa façon, pour pouvoir saisir... Trop brutal, et pas assez maline.
Je ne peux jouer ce rôle, je ne le peux !

Alex s’agenouille subitement, en pleure.

Ce rôle est souillé ! Et je ne peux me corrompre davantage ! Je ne peux pas ! Non ! Je ne veux pas ! Non.
Il semble entendre des voix que le public n’entend pas. Il agite ses bras un moment.
Non. Je n’irai pas jusqu’au bout. Non. Voyez comme elles sont perfides et moi, je ne suis là qu’au beau milieu du monde, je ne peux rester ainsi. Je ne peux.

Il éclate en sanglot et met la tête la tête dans ses mains, baissé.

… Je le dois… Un rôle… Il me faut jouer ce rôle mais… Savoir comment ça fait. Comment ça fait… D’être un monstre. Comment… comment…

En hurlant.

Chantal !

Il sort de scène en courant et revient en trainant une femme vêtu d’une robe rouge de haute couture, qui semble se débattre mollement.

La voilà. La fameuse. Eh bien, maintenant, je suppose que ton aide me sera d’une grande utilité.
Il l’étrangle et se met à rire, hystérique.
Voilà ! La véritable nature ! Mes doigts autour de votre cou ! Mes doigts qui étranglent et mon esprit qui s’imprègne enfin de cette aura ! Le voilà, le sacrifice ! Enfin ! Je peux changer ! Je peux m’adapter ! Je sens le sang qui bat dans mes paumes, cette douce chaleur qui peu à peu s’atténue pour laisser place à une froideur vive. Qui m’emplit, me caresse, me réjouit. Je… Je le sens… Et j’y suis ! Je suis… Femme.

Rideau.


Texte 3 : Madame Émeline Schmetterling
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Madame Émeline Schmetterling


Je me souviens de ce jour. Terrible. Une belle journée ensoleillée de juillet pourtant. L’air était chaud, le ciel bleu, de ces azurs d’été qui semblent à jamais rester dans le demi-voile de l’éther. Comme moi d’une certaine façon. Sur l’estrade et sous le ciel, la tête face à la foule qui me regardait furieuse, curieuse, mon visage trahissait parfois quelques spasmes sous l’expression pourtant indignée que j’arborais, tant en signe de défi qu’en manifestation de ma résistance. Celle qui pouvait se sentir indignée ici comme maintenant, les souvenirs se rappelant à ma mémoire, c’était moi. Moi qui subissais la colère des hommes. Moi qui étais promise à la plus grande humiliation. Moi enfin, qui ne méritais pas tout cela ! Quel crime avais-je donc commis pour recevoir pareil châtiment ? Tandis que les cheveux tombaient devant moi, il me parvenait de temps à autres des « sale bosch ! » et autres « salope ! », lancés à ma figure comme on m’aurait décochés autant de flèches. J’entrapercevais les injures comme j’apercevais par-delà l’écran de poils, le spectacle édifiant qui se dressait devant mes yeux : une assemblée hétéroclite rassemblée dans le seul but de me voir mise à nue.
Je ne saurai dire littéralement.
Le gendarme qui me tenait m’avait d’ailleurs ôté un peu plus tôt ma liberté. J’étais prisonnière, et si je devais plus tard retrouver plus ample mouvement, je n’aurai su si la liberté qu’on me rendait était bien réelle. Comment marcher dans la rue ? Comment aller faire ses commissions quand le boucher et le maraîcher faisaient partis de l’assistance ?
J’avais dans cette scène, l’impression d’un prélude.
Sur la fin, je les regardais d’un air méchant, je m’en souviens. Eux, comme si mon visage justifiait à présent leur désir de justice, pleine de rage et d’injustice, montraient les crocs. Un ou deux tentèrent de venir jusqu’à moi. Je vis, le regard fixe et noir, cet homme à la quarantaine monter sur l’estrade de la place. La dégaine tenant davantage du bovidé qu’à l’homme, il me révulsait. Il me regarda, et le temps que deux gendarmes viennent le remettre à sa place, il se passa un temps… ses yeux vitreux où l’on pouvait voir une autre époque reflétaient ma silhouette. Je m’y voyais, captive et soumise, le visage sans visage, la tête brûlée par le soleil, et le regard si obscur à la manière de deux trous, que cela me donnait l’impression d’un monstre.
Une bête de foire.
Il m’aboya une saloperie, déboula sur moi à la manière d’un taureau. Moi… moi, je ne fis rien. Je le regardai. Et arrivé si proche de mon visage que je pouvais sentir son souffle, il se stoppa net. Avant de repartir vivement vers l’arrière. « Traître ! Putain ! » me cria-t-il. Je continuais à le fixer et ne dis rien. Rien jusqu’à la fin… Où ayant ramassé le gros de mes cheveux tondus, les ayant mis dans un sac, on me les jeta à la figure sous la jubilation quasi-générale. Là, la femme muette que j’avais été, libre de son étreinte policière, récupéra le sachet tombé au sol et fit quelques pas vers ses détracteurs, amassés encore en nombre sur la place. Puis, de son estrade, tendant le bras, elle jeta de toute ma rage, de tout mon poids, de toute mon amertume vers les spectateurs, villageois, vicieux, à vomir, le sac.

« Gardez-les ! … En souvenir ! »

Aujourd'hui encore, c'est eux qui l'ont.


Texte 4 : Etre femme
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« Bonjour à tous. Certains me connaissent déjà mais je vais me présenter pour ceux dans le cas contraire. Je m'appelle Monsieur Maison, le doyen de cette école. Si je viens vous parler aujourd'hui c'est parce que dans un mois jour pour jour vous débuterez vos examens. Et vous savez ce que cela signifie. Il est inutile de préciser que nous attendons de vous les meilleurs résultats pour obtenir le meilleur choix. Quand, dans dix ans, je jetterais un coup d’œil sur ce que vous êtes devenu, je veux voir que vous êtes des hommes couronnés de succès. C'est pour cela que vos parents vous ont inscrits chez nous, à la grande école du Choix Divin. Je le répète, j'attends de vous le meilleur. Inutile de vous souhaiter bonne chance. Merci de votre attention. »
Après ce discours, chaque classe retourna dans sa salle, en silence total. C'était normal, tous les élèves venaient de prendre conscience que leur futur se jouait maintenant. Ils avaient désormais tous fait un pas dans la vie adulte. Et puis entendre le doyen parler face à une assemblée était impressionnant. C'est pour ça qu'il était à la tête de l'école la plus importante de l'empire (et celle qui réussissait le plus, le taux de production de garçon étant de 99,7%).

« Hé ! » BRB17 donna un coup de poing sur l'épaule de DCF84. « Il est impressionnant Maison, non ? 
- Mmouais.
- Je pensais prendre deux semaines de vacances avant de travailler mais après ce discours, je crois que non. »
DCF84 ne répondit pas, préférant regarder par la fenêtre le ciel d'un bleu immaculé. Le discours du doyen avait été épuisant psychiquement, mais aussi les propos que son tuteur avait tenu hier au soir, propos qui étaient tous deux dans la même veine.
« Qu'est ce qu'il t’arrive ?
- Rien, marmonna DCF84
- On se connaît depuis qu'on est né, je peux dire quand il y a quelque chose.
- Je ne vais pas le travailler cet examen, déclara DCF84 après quelques secondes de silence.
- Ouais mais toi t'es chanceux à ce niveau là, tu n'as pas besoin d'étudier t'as déjà tout dans le crâne.
- C'est pas ce que je veux dire.
- Je comprend pas, déclara BRB17. » DCF84 ne voulait pas expliquer le fond de sa pensée. Tous deux se connaissaient depuis toujours, et c'est pour cela que DCF84 savait comment BRB17 allait réagir.

« Si tu me réponds pas tant pis. Moi, je vais réviser. Je veux être un grand homme. » Et BRB17 prit le chemin de l'Est, alors que DCF84 suivit la route inverse, réfléchissant à comment son tuteur réagirait en apprenant la nouvelle. Mal, très certainement. Mais sa décision était prise depuis bien longtemps. Tout le chemin jusqu'à la maison, DCF84 tourna et retourna les mots dans sa tête pour trouver la meilleur formulation, mais tout à coup un éclair de génie l'atteignit. Cet examen serait une réussite et l'élève comptait bien obtenir la meilleur note du pays. En effet, l'étudiant qui obtient la meilleur note à le droit de choisir en premier et de prononcer un discours devant l'assemblée de l'empire, qui sera retransmit dans tous les pays du monde.
Son tuteur et BRB17 ne saurait pas, personne ne saurait jusqu'à son discours. DCF84 rentra dans la gigantesque maison de son tuteur, qui avait été dans le top 10 de sa génération. Cette position lui avait permis de choisir l'enfant qui le suivrait et immédiatement il avait ciblé DCF84. Dès 2 ans, le tuteur avait remarqué l'étincelle d'intelligence pure dans l’œil de cette petite chose. Il comptait bien en faire l'un des plus grands hommes du pays.

En rentrant, DCF84 se précipita dans sa chambre et commença à réviser. Son temps libre sera consacré à cette tâche désormais. Au bout d'un quart d'heure, son tuteur se fit entendre dans les escaliers. Il va me parler du discours, pensa DCF84, il va me dire ô combien il avait été impressionné quand il était à ma place, combien il a travaillé pour non pas avoir la fierté de son tuteur à lui mais juste pour pouvoir serrer la maison de Maison.
« Hey, fils !
- Pas encore, répondit DCF84.
- C'est plus qu'une question de jour maintenant. Alors le discours de Maison ?
- Époustouflant, mentit DCF84. Il ne doit rien savoir, jusqu'au moment ou tout le monde saura. Il considère Maison comme le fils de Dieu.
- Je me souviens quand j'avais ton âge, clama le tuteur. Je pensais m'en tirer sans travailler et toujours avoir le choix. J'étais premier de ma classe et second de l'école, derrière celui qui maintenant est le conseiller principal de l’Empereur. » (Il se signa) Voila donc qui est le père de Maison, selon lui, pensa DCF84. «Son discours m'avait bluffé, il a tellement de prestance. J'espère qu'il t'a convaincu de la même façon qu'il m'a convaincu avant toi.
-Oui, je compte bien avoir la meilleure possible à cet examen.
- Très bien . Dans ce cas je te laisse réviser. Je suis fier de toi. » Pour le moment, mais ça s'arrêtera bien vite j'ai l'impression.

Le lendemain, DCF84 s'excusa envers BRB17, lui disant que le discours de Maison avait instauré le doute dans sa tête, mais que maintenant tout allait mieux. Leur mois passa extrêmement vite, du aux révisions. Les professeurs, connaissant le stress et l’inquiétude que généraient les examens dispensèrent les étudiants de travailler en classe, ce qui laissait plus de temps à DCF84 pour préparer son discours.
Les examens consistaient en cinq épreuves de huit heures chacune. Les étudiants doivent hypothéquer leur temps d'examen s'ils veulent manger ou boire, de sorte que seuls les plus fort aient les meilleures note car les épreuves sont faites de sorte que les huit heures soient le temps exact qu'il faut pour finir. Pour avoir une note supérieure il fallait donc se priver de s'hydrater et de se nourrir. Ce n'était pas un problème pour DCF84. Toutes les réponses lui venaient immédiatement.
Les épreuves prirent fin et les résultats allaient tombés. Pour la première fois concernant sa scolarité, DCF84 paniquait. Et si la seconde place lui était attribuée ? Alors son discours serait inutilisable et l'élève pensait que si un telle défaite lui était imposée, plus rien n'importerait. Le suicide serait la seule solution. Toutes ces questions, DCF84 se les posait la nuit avant de recevoir les résultats. Puis finalement le sommeil vint, alors que, dans deux heures, le monde connaîtrait la nouvelle élite du pays.
DCF84 se réveilla non au son du réveil mais à celui de la sonnerie de son portable : BRB17 l’appelait : « Pourquoi t'es pas ici ? Les résultats sont affichés depuis trois heures maintenant. Il serait temps que tu te bouges ?
- Quoi ?! » DCF84 vérifia l'heure. Onze heures. Merde. « T'es toujours là, lui cria BRB17
- Ouais, ouais j'arrive.
- Merde, je te le dis maintenant. T'as réussi. T'es premier de notre classe, premier de l'école et premier du pays. Quant à moi, je crois que je vais m’appeler Damien ou Jonathan. Parce que je suis troisième de l'école ! Sinon, quand est-ce que.. » DCF84 raccrocha. Ça y est. C'était une réussite. Demain, son discours allait résonner dans le monde entier. Enfin, les choses changeraient. Voulant rester dans le même état d'esprit, DCF84 parti de sa maison, enjambe son vélo et alla s'isoler dans un parc à cinq kilomètres de sa ville. C'était un endroit désert. Demain, beaucoup de choses allait changer.

Le lendemain, l'amphithéâtre dans lequel se faisait la remise de diplôme était plein. Tout était prêt mais il manquait l’élément le plus important : l'élève qui succéderait à l'empereur, l'élève qui avait obtenu la meilleure note du pays. Voulant garder la face, Monsieur Maison fit comme si de rien n'était et commença son discours de fin d'année. Les dix meilleurs élèves devait faire leur choix devant l'assemblée. Tous des garçons, bien évidemment. Enfin on annonça le nom de DCF84. Personne ne l'avait vu nulle part mais autant prendre le risque. Mais c'est à ce moment qu'enfin l'élite du pays fit son apparition. Tout le monde l'applaudit. Puis enfin vint l'heure du discours.
« Bonjour à tous. Merci. Merci. J'ai atteint l'objectif que tous les élèves du monde visent et pour ça je devrais remercier mon tuteur et mes professeurs et Monsieur Maison tous ici présents. Mais je ne le ferai pas. Je ne vais pas être humble aujourd'hui, et si j'en suis là aujourd'hui c'est parce que moi et uniquement moi me suis donné les moyens.
Je voudrais tout d'abord aborder un point d'histoire. Comme vous le savez tous ici, le Grand Holocauste nucléaire de 2054 à rendu tout les êtres humains qui n'ont pas été tuée par les bombes stériles. L'avancée scientifique a fait que vous pouvions créer des nourrissons en parfaite santé mais malheureusement sans sexe. Les humains, à cette époque, était toujours dans le même mode de pensée qu'avant l'holocauste ont donc décidé que le choix de sexe se ferrait suite aux résultats des examens, aux dix-huit ans de chaque individu. Ainsi, c'est à nous maintenant de choisir notre sexe.
Le problème c'est qu'avec cette manière de générer des hommes et des femmes, la supposée égalité des sexes a volé en éclats. La place des femmes s'est rabaissée comme jamais car presque aucun des postes de l'état n'était occupé par une femme et maintenant qu'on a le choix, l'élite des élèves préfère choisir le sexe masculin parce qu'ils convoitent des postes importants. Et donc ceux qui ratent le concours ne peuvent plus choisir ce qu'ils seront alors ils deviennent femme. Mais elles ne peuvent rien faire à leur échelle.
C'est pour cela qu'au début je ne voulais pas travailler cet examen. Et puis je me suis dit que la meilleure chose à faire pour changer les choses était de réussir, d'avoir la meilleure note du pays. Parce que cela signifie une visibilité totale. Aujourd'hui, à cette heure, je change les choses. Aujourd'hui, à cette heure, je choisi d'être femme. Je changerai les choses. Merci. »


Texte 5 : Dæmon
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Dæmon 


Les pieds nus dans le sable rouge de l’arène, Simin répétait les mêmes enchainements. Traçant des arcs de cercle dans l’air avec ses bras et ses mains. Des katas répétés tant de fois au cours des dernières années que son corps les exécute sans y penser.
A peine consciente de la foule qui la fixe, Simin, dans ses vêtements blancs mangés par le sable rouge, est en transe. A la fois au plus profond de son être, à la fois englobant l’univers lui-même. Elle scrute la bête tapie au fond, sa vieille amie, une partie d’elle-même.

« Viens à moi Dæmon ! »

Saisissant l’anneau d’argent qui pendait autour de son cou à l’aide d’une cordelette, elle l’enfile à son annuaire gauche. Un éclair lumineux déchire l’air au niveau de sa poitrine, et dans un nuage de poussière pourpre apparait une créature monstrueuse.
Deux paires de bras, deux paires de jambes, un corps haut à n’en plus finir et à l’allure insectoïde surmonté par une tête osseuse avec de petits yeux oranges. Une gueule garnie de crocs pointus prêts à déchirer la chair. La créature tient dans ses mains une longue chaine faisant de nombreuses boucles pour qu’elle ne traine pas sur le sol. De chaque côté de la chaine un bloc de pierre taillé sur lesquels sont inscrits des caractères en un alphabet oublié.

« Thémys ! Nourris-toi de ma volonté pour venir à bout de notre adversaire ! »

Thémys, le Dæmon de Simin, l’incarnation de son âme, est dans l’arène prête à combattre.

En face un homme couturé de cicatrices et au regard cruel exécute lui aussi quelques mouvements de méditations avant d’enfiler à son tour un anneau d’ébène sur son pouce droit.
Dans un crépitement d’étincelles pareil à des grenats son Dæmon apparaît. Presque deux fois plus grand que celui de Simin, ses pieds sont des sabots qui soulèvent des panaches de fumée à chaque pas. Le torse est large et musculeux, des bras épais comme le tronc d’un chêne massif qui se terminent par des poings qui enserrent une lourde lance au fer brûlant d’un éclat blanc presque aveuglant. La tête toute aussi monstrueusement et gigantesque que le reste du corps est surmontée par deux cornes immenses prêtes à embrocher son adversaire.

Dans un hurlement de la foule les deux bêtes s’empoignent ! Le Dæmon cornu beugle et ses muscles saillants sont gonflés de veines bleues. Il essaye d’écraser par sa force Thémys, alors qu’elle ploie sous la force de son adversaire, elle saisit l’abdomen du colosse entre ses deux mâchoires et arrache une partie de la chair.
L’homme pousse un cri et plaque sa main sur son propre abdomen. Ses vêtements se tachent de sang.

« Justice sera faite ! » hurle Simin.

Alors que Thémys s’apprête à lancer un de ses blocs à la face de son opposant, celui-ci se reprend et utilise sa lance pour pourfendre le Dæmon de Simin. La pointe incandescente s’enfonce dans l’épaule gauche de Thémys dans une gerbe d’étincelles qui s’enflamme. Une langue de feu parcourt le bras gauche de Simin et de la créature de son âme. Elles résistent. Pivotant sur ses quatre jambes, Thémys parvient à faire tomber son adversaire à l’aide de sa chaîne.
Alors qu’il s’empêtre dans ses entraves et roule dans le sable rouge de l’arène, Thémys se rapproche de lui portant au-dessus d’elle un de ses blocs. La foule hurle, les spectateurs crient à leur favoris d’achever l’opposant. Mais rien n’y fait, les liens dans lesquels le colosse est piégé ne se brisent pas. Son adversaire le surplombe à présent. L’homme en face de Simin lui hurle :

« Tu m’as vaincu ! Mais je reviendrais ! Les cycles ne sont pas finis ! »

Et l’énorme pierre vient percuter le crâne cornu qui explose en une myriade d’étincelles rouges qui s’évaporent avant même de toucher le sol.
L’homme tombe dans le sable rouge. Une gerbe de sang, d’os et de cervelle mêlée se répand sur le sable qui les boit goulument. Il n’a plus de tête.

Une voix s’élève alors de la loge centrale, l’impératrice Nam.
« Par les pouvoirs conférés à mon mandarin Simin, juge des âmes et dépositaire de la volonté impériale, nous déclarons le général Thrin coupable de crime contre l’Etat Impérial »
De nouvelles clameurs de joies se répandent dans les tribunes et s’élèvent dans les cieux bleutés.

Simin retire l’anneau de son doigt et Thémys disparait en un éclair lumineux. Elle avance sous les vivas des spectateurs dans une arène vidée des immenses créatures qui la peuplait une minute plus tôt.
Elle s’avance jusqu’au corps de l’homme, cet ancien militaire ayant fomenté un coup d’Etat, qui git au sol et lui retire son anneau avant de le faire disparaitre dans une des poches de sa tenue.
Derrière elle une jeune femme se précipite dans l’arène depuis le portail donnant accès aux coursives de l’arène.

« Ton bras ! Tu as vu ton bras ?

- Ne t’en fais pas Arezu, je ne sens presque plus rien. Sa flamme ne peut rien me faire tu sais bien. Tu sais, mon Dæmon est de plus en plus fort. Je le sens à chaque combat. La prochaine fois que nous serons dans le bardo, je te le promets, les hécatonchires ne nous empêcheront pas de passer aux Royaumes Védiques.

- Sa flamme peut être bien, mais sa pointe est bien rentrée ! Le bardo peut attendre, c’est la vie qui compte aujourd’hui !

- Oui oui, je vais me faire soigner ne t’en fais pas. »

Elle se retourna vers elle et l’embrassa tendrement.
Dans sa loge l’impératrice avait déjà disparu, Arezu le remarqua.

« L’impératrice Nam, elle prend beaucoup de risques. S’opposer ainsi à l’armée, cela risque d’affaiblir nos positions dans le nord du pays.

- Pour une plus grande justice, une meilleure vie, pour tous ses sujets, elle est prête à transgresser tous les codes. L’Empire doit changer de peau. Face aux armées du comte Nitu au nord, il faudra bien que les femmes et les hommes quittent leurs champs et prennent les armes pour défendre leurs terres.

- Nous sommes un peuple de fermiers à la main verte. Des combattantes comme toi il y en a trop peu, je ne sais même pas quel est le dernier compte des possesseurs d’anneaux invocateurs de Dæmon. Mais on raconte que vous n’êtes plus qu’une poignée au service de l’impératrice.

- C’est vrai, nous allons devoir agir vite, probablement avant la mousson. La mort du général va être vite connue au nord, il faut agir avant eux. Avant que ce traitre, l’infâme comte Nitu lève ses armées.

- Allons bon, laissons ces sujets de côté pour le moment et profite de la vie de ce cycle. Au moins pour ce soir, une fois que tu te seras soignée.

- Arezu, ma chérie, heureusement que tu es là à me rester fidèle et me rappeler de vivre ! Tu as raison, oublions le temps d’une nuit les arcanes de l’âme et la politique. Nos corps ont besoin d’exulter nos passions. »

Plus tard, à la nuit tombée les deux femmes s’entrelacent, le corps étroitement serrés, le sourire aux lèvres, leur cœur palpite. Leur souffle ne fait plus qu’un alors qu’elles explorent leurs intimités chaudes et humides. Le corps pâle, presque argenté de Simin tranche avec la peau solaire d’Arezu. Et sous le regard des étoiles, enfin elles s’endorment paisiblement.

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 16:08 
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Texte 6 : L'absurdité d'(Ê)tre femme ?
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L'absurdité d'(Ê)tre femme ?

Avant propos : La planète Glubard est divisée en 23 poullatons. Un rinophrage est élu chaque 50 PE qui peut s'allier avec d'autres rinophrages pour soumettre au surcanton une candidature au statut de poullaton. Si le surcanton estime que la dite zone a suffisamment de moyens pour vivre en toute autonomie, alors le sipoullaton est officiellement promu comme poullaton. Cette zone devient alors indépendante du surcanton qui garde néanmoins un fort pouvoir de regard et d'influence. Cette mesure a pour but de développer l'autonomie des zones de la planète sans pour autant favoriser l'enfermement sur soi ou la dégénérescence législative.
Chaque poullaton dépêche alors un membre représentatif qui siège au sinulacre. Chaque loi est prédéfini par un sujet, si le sujet est validé par le surcanton et le parolier suprême alors les débats et votes s’effectuent au sinulacre.


Lexique :
- Un poullaton est une zone indépendante du surcanton, dont l'espace comprend les territoires de plusieurs rinophrages (11 min pour 99 max). Un poullaton gère sa zone de la manière dont il le souhaite. Seul le surcanton et les lois reines peuvent supplanter l'autorité d'un poullaton.
- 1pe = 1.8km
- Un rinophrage est une personne désignée par les diverses associations officielles d'un lieu affectée à la gestion du dit lieu. Chaque rinophrage gère 50pe de terrain.
- Les piounosphères sont les espaces représentées par l'alliance de 2 (min) ou 10 (max) rinophrages. Les surcolonies sont d'énormes poullatons dont l'espace dépasse celle de 99 rinophrages. Les piounosphères sont directement régies par le surcanton, tout comme les surcolonies. Les surcolonies étant des espaces extrêmement puissants (de par leur taille et influence) le surcanton ne prend pas le risque de laisser les surcolonies s'autogérer.
- Le surcanton est l'ordre autoritaire le plus puissant de la planète Glubard régissant les diverses composantes de la planète. Le surcanton agit comme un veilleur passif mais ferme concernant l'application des règles du parolier suprême.
- Un sipoullaton est un espace ayant fait la candidature au titre de Poullaton attendant la réponse du surcanton.
- Le conseil du sinulacre est la deuxième autorité la plus puissante de la planète. Le sinulacre est composé de représentants des poullatons, piounisphères et surcolonies. C'est le sinulacre qui vote les lois reines, c'est à dire s'appliquant à toute la planète sans distinction.
- Le parolier suprême est un recueil recensant les règles les plus importantes et élémentaires régissant la planète.


Sujet : Être femme ?



Il fallait mettre l'accent sur ce problème, il fallait le mettre en évidence. Cela ne pouvait pas continuer.
Il faisait chaud dans ce bâtiment, Camille étouffait, heureusement que des rafraîchissements sont à la disposition des membres.
Tout cela est la faute de Dominique, toujours le ton conservateur, immobiliste, moqueur.

Charlie s'approcha de Camille, il fallait faire le point sur la suite des événements.

“Bon écoutes moi bien, jusqu'à présent on tient bien, ta partie sur l'aspect évolutif d'une telle réforme était bien faîte, même si Dominique a mis en avant la “faible importance d'un tel changement”.” Camille grogna.
“Bien sur que le changement en lui même n'est pas important, c'est surtout l'image que nous donnons qui importe, nous remettre en question, nous et nos usages, nos pensées, nos pratiques, remettre en questions nos habitudes et acquis.”
Cette logique, Camille savait que Dominique y était complètement fermé, néanmoins le reste du conseil peut être pas.
Charlie reprit,
“Reste calme surtout, il ne faut pas s'emporter, met en avant les aspects positifs de tes idées, n'oublie pas il faut que tu parles de-”
“Je connais mes idées Charlie” trancha Camille.
“Très bien très bien, assure toi d'enlever toute cette transpiration avant de retourner au conseil.”

Camille se débarbouilla, respira un bon coup.

Quelques instants plus tard



Mettre l'accent sur cet etre est une aberration discourisa Dominique, le conseil n'a t'il pas mieux a faire que de débattre sur cette futile question : “Être femme ?” C'est bien ce qu'indique le sujet. Regardez cette heresie, nous foulons des annees de traditions et notre propre culture pour permettre une soie disante nouveautee. Ha oui, pour etre nouveau ça l'est, mais l'originalite seule n'assure en rien l'intelligence d'un propos si elle ne sert pas durablement un but viable aux consequences positives. Des idees nouvelles nous avons tous la possibilitee d'en proposer, ce que Camille ne comprend pas, c'est que nous ne voulons pas de nouvelles idees, nous voulons de bonnes idees. Il ne s'agit pas de mettre en place une sorte de quota abject ou le ratio de nouveautes devrait supplanter certaines bonnes traditions. Et ce n'est pas l'agitation frenetique et fanatique d'agitateurs qui doit faire chanceler le conseil. Oser reunir cette si prestigieuse assemblee pour la bete question de l'etre, c'est une aberration au mieux, une provocation au pire.

Dominique se retourna vers Camille et prit une voix douce.

Camille, voyons Camille, je salue votre courage, venir proposer un tel changement devant tout le conseil, c'est d'un … dramatique ! Neanmoins il est de mon devoir ... de notre devoir de se mettre en opposition de cette demande, nous ne pouvons remettre en question ce qui est durablement acquis et ce qui a fait ses preuves pendant tant de temps, nous ne pouvons accepter un dementellement de nos fondamentaux, des bases qui soutiennent la plus elementaire forme de notre societe : la definition formelle des entites. J'implore le conseil de refuser cette proposition.

De plus, reprit Dominique, je m'interroge fortement sur l'utilitee d'un tel changement, j'admet sans mal que l'evolution se fait parfois dans la difficulte. Certes, mais de quelle evolution parlons nous ici ? Une bete changement de traitement sur ce pauvre etre. Changer nos reperes, je suis pret a le faire si cela vaut le coup, et cette proposition n'en vaut decidemment pas le coup.

Camille sentit peser le poids des regards. Camille savait que certaines personnes du conseil la soutenaient, mais malgré cela, Camille sentit la solitude peser sur ses épaules, c'est à se demander si parfois, il ne fallait mieux pas rester au lit. Ne pas paniquer, rester calme, c'est le moment décisif. Camille prit une bonne inspiration et regarda à nouveau le sujet pour se donner du courage : Être femme ?

Camille sentit le calme revenir.
Camille se leva.
Camille balaya lentement la salle du regard, s'arrêtant tout spécialement sur Dominique.
Camille sourit alors et d'une voix tonitruante s'adressa à la foule.

Si nous écoutons le membre Dominique, nous apprenons alors qu'affirmer “Être femme” est une aberration, une abomination contre nature allant à l'encontre de nos valeurs et traditions. Ce cher membre ici présent nous affirme sans sourciller que la société entière pâtirait du changement que je propose. Que de grands mots, que de grands concepts, venant d'une personne qui ne maîtrise même pas le sens du mot : futur. Oui le futur, cet illustre inconnu que nous redoutons tous et qui agit sur nous de la manière la plus imprévisible et personnelle qui soit. Certains se complaisent alors dans le passé, caressant le doux rêve que tout reste figé à jamais. Ces gens là, mués par la peur, ne désirent rien d'autre qu'un monde en pause, immobile. Le temps pour eux de bien s'harnacher à leur vision petite du monde et de son évolution. La peur d'être perdue, de la peur de ne plus être à sa place ou plus simplement : la peur d'être laissé pour compte. Voila ce qui anime ces personnes. Oui, le monde, le futur, tous ces grandes notions invoquées ne doivent pas nous intimider ou nous faire douter, car ce sont ces concepts qui régissent l’avenir, hors l’avenir est la seule temporalité que nous pouvons modeler. Il ne s'agit pas de perdre nos repères, mais de les façonner à notre manière, de les rendre malléables à nos besoins, à nos êtres ! Avoir peur du changement, ce n'est pas avoir peur de perdre ses repères mais bien de la peur de notre propre incapacité à nous adapter, à nous remettre en question. Aujourd'hui ce n'est pas “Être femme” dont il est question, mais véritablement l'avenir. Si le conseil décide que rien ne peut être amélioré, que rien ne peut être simplifié, si le conseil pense que l'accent ne vaut pas la peine d'être mis sur le problème évoqué, si le conseil estime que le monde légué au futur est parfait alors je m'inclinerai. Mais il existe une autre option, une possibilité annexe où le conseil considère plus attentivement la notion de changement, d'évolution, car si les traditions font hier, demain est assurément sous la bannière du changement. Je vous propose de prouver à tout le monde que nous avons la capacité d'aller de l'avant, la capacité d'effectuer ces changements allant à l'encontre des facilités de notre quotidien mais qui vaillent le coup. Au nom de la richesse, au nom de la reconnaissance, au nom de notre culture ! Je demande au conseil de voter en tout état de cause, cet accent que je demande a pour vocation d'uniformiser les pratiques, à ne plus faire la différence entre grands et petits*, sous cette bête demande, je vous demande un peu d'égalité. Merci à tous.

Silence intima Maitre Sacha,
Maitre Sacha présidait le conseil,
Maitre Sacha se leva,

Que le vote commence, je rappelle les options, si vous êtes pour la mise en place d'un accent circonflexe sur le “E” majuscule, comme l'indique l'exemple “Être femme”, alors remplissez votre feuille d'un “oui” bien lisible. Si vous être contre ce changement et que vous souhaitez ne pas voir d'accent circonflexe sur le “E” majuscule alors inscrivez "non" tout aussi lisible sur votre feuille.
Merci.

Après dépouillement



Maître Sacha se leva,
A 679 voix contre 422, la décision est prise,
Dorénavant les “E” majuscules doivent prendre un accent circonflexe, dans le cas bien sur où le mot en minuscule en prend un.


*Grands et petits caractères.


Texte 7 : Rêves
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Rêves


- Bouge-toi Glandu ! Bon Dieu, mais qui m'a donné un commis pareil ! Tu crois que ces carottes vont s'éplucher toutes seules ?

Le couteau fusa comme l'air, arrachant la peau en un geste précis et net, découvrant la chair nue et colorée. Lentement, le fluide s'écoula, goutta, petit à petit, sur les mains habiles du cuisinier. Le regard vide derrière ses sombres mèches, l'homme s'appliqua à trancher diligemment sa victime agonisante. Nulle trace d'horreur ni de dégoût dans son regard : juste une colère, cachée telle un monstre au fond de ses prunelles, impatient de s'attaquer à sa prochaine cible. Bientôt. Oui, bientôt, se disait le jeune homme, un rictus au coin des lèvres, alors qu'il abattit une dernière fois son couteau, dans un mouvement sec et contrôlé, comme le lui avait appris son mentor.

- Voici vos carottes, Monsieur, épluchées et coupées comme vous l'aimez.
- Et tu crois qu'elles cuiront toutes seules, bougre d'âne ? Mets-les dans l'eau immédiatement !
- Bien monsieur !

La femme. Peu de personnes avaient parié sur ce projet complètement novateur, lorsque l'idée avait été couchée sur papier. Qui aurait été capable de prédire un tel avenir à ce restaurant cabaret à ses débuts de l'air prude et bourgeois du 19e siècle ? Personne. Seul Armand Demoussure avait eu le cran et l'audace, il fallait le dire, d'ouvrir un tel établissement. La femme. Qui n'avait jamais entendu parler d'elle, de ce néon arborant une jambe des plus sexy, du bout des orteils au haut de la cuisse ? Tout le monde la connaissait et surtout, tout le monde en avait parlé. D'abord pour critiquer ce manque de goût et de noblesse flagrant, de la part du financier. Mais la qualité de la nourriture et la finesse des shows présentés chaque soir avaient vite fait de convaincre l'ensemble de la ville. La femme était un must-have, un endroit chic et distingué, qu'il fallait absolument côtoyer pour oser prétendre que l'on appartient au monde d'en haut.

Les années s'étaient écoulées, emportant avec elles toute une époque et les fondateurs du projet. Mais la volonté d'Armand Demoussure, elle, était restée intacte et se transmettait de génération en génération, de fils en fils, d'époque en époque. Comme le vieil homme aimait le dire avec son sourire malicieux et avenant : une cuisine fine et un show succulent. Et même plus : une cuisine succulente et un show fin. Seuls ces deux éléments étaient importants, comme aimait le rappeler le vieil homme lors des dîners de famille, et seules ces deux choses permettaient à la Jambe de perdurer.

Ainsi, la volonté du vieux Armand avait été respectée et les deux éléments intemporels de la Femme avaient traversés le temps : la cuisine était assurée par de grands maîtres en la matière, tandis que le show, lui, était tenu par les meilleurs artistes, troupes ou groupes de musiques du moment. À l'arrachée, le grand chef étoilé Diego Pancha avait hérité de la place convoitée de chef cuistot. Rigide, impoli et emmerdeur, tels étaient les mots les plus justes qui caractérisaient le cinquantenaire. Mais la qualité de sa cuisine était aux antipodes de son caractère et il fallait bien l'avouer, l'homme était un des meilleurs de sa génération, le plus cruel aussi avec son personnel de cuisine. Nombreux étaient les bleus récoltés qui ne correspondaient pas aux attentes du chef étoilé. Ils étaient à peine moins nombreux quand les commis réussissaient leurs tâches dans les temps impartit.

Le terrible chef aimait se promener à travers les cuisines, tel un général passant en revue ses troupes avant la grande offensive. Pour les galvaniser, pas de grands discours, ni même de compliments : les insultes, ordres et coups de louches étaient ses plus redoutables armes de motivation. Les départs anticipés étaient nombreux à la Femme, mais cela importait, à vrai dire, peu, Armand Loic Junior Demoussure, gérant actuel de l'établissement. Les commis se présentaient par légion à ses portes dans l'espoir d'être engagés. Tant que le chiffre d'affaires dépassait le nombre de départs de personnel, Armand s'en fichait comme d'une guigne.

Aimée Sonate, quant à elle, se chargeait d'animer la majeure partie du show. Elle aussi, constituait certainement la plus prisée des stars du moment : chanteuse inégalée, danseuse incroyable et actrice hors pair, la belle accumulait les qualités sur scène et dans la vie. De l'avis des régisseurs sons et lumières, des costumiers et maquilleurs, des danseuses et roadies, la belle était la personne la plus agréable avec qui travailler. Un maquillage trop appuyé ? Un sourire venait le récompenser. Une épingle oubliée sur un bord de manche : un rire l'accompagnait. Une demande en mariage bien trop précipitée par le chef du local poubelle ? Une bise lui répondait. Tout, avec Aimée, se faisant dans la douceur, la gentillesse et la joie de vivre. Tout dans sa personne poussait les gens à l'aimer et il n'était pas rare que l'on entende, dans son sillage : "mon dieu qu'elle porte bien son nom".

Les deux étoiles montantes s'appliquaient donc à faire la fortune de la Femme, et la Femme, elle, leur rendait bien, en leur attribuant chaque mois un cachet exorbitant. Mais qui s'en souciait, lorsque l'argent rentrait à flot et que le summum du chic et de la gastronomie se rencontraient, le temps d'une soirée. Personne? Et entre ces deux étoiles ne subsistait qu'un seul homme ; le jeune Fred. Le commis avait été engagé en même temps que les deux stars, à vrai dire et sa durée exceptionnelle dans les cuisines faisait de lui un être admiré par tous ses compairs. Mais la reconnaissance de ses paires et le mépris du maître, Fred n'en avait cure. L'homme ne s'échinait qu'à une seule et même chose ; tailler le mieux possible ses légumes. Réussir de son mieux possible la mayonnaise.

Assaisonner de la meilleure des façons, la soupe servie par le maître. Fred avait un objectif, unique en son genre et lancinant dans sa tête : Fred voulait, un jour, être la star dans la Femme. Mais pas n'importe laquelle. Il voulait à la fois devenir le chef étoilé, le commandant en chef des forces culinaires de la Femme, mais aussi et surtout, Fred voulait se produire sur scène, ne serait-ce qu'une fois. Sa témérité et son acharnement le mettait selon lui sur la bonne voie : non seulement le jeune homme s'était développé un sens musical hors du commun pendant son temps libre, mais surtout, il était parmi ceux qui recevaient le moins d'insulte de la part de Diego. Une fierté pour lui !

- Arrête de rêver, idiot d'âne, la vaisselle ne va pas se faire toute seule !

La réflexion fut accompagnée, par le bruit de verre brisé, alors qu'une fine assiette, à la dorure magnifique, était brisée et écartelée de toute part, sans aucune pitié. C'était ce qu'on appelait la faute à pas de chance. En criant, le chef avait fait sursauter le jeune homme qui, dans son sursaut, avait cogné un des derniers commis fraîchement arrivé qui portait sur sa main, l'assiette préférée de Diego Pancha, celle qui mettait, disait-il, le plus en valeur son art. Un coup de louche cueillit Fred au creux du menton, alors que l'assiette gisait par terre, en mille morceaux.

- Que tout le monde quitte la cuisine maintenant, rentrez chez vous bougres d'incapables ! La salle est vide mon petit vieux, mais toi, abruti, tu finiras ta soirée ici, tout seul, à faire la plonge jusqu'à ce que tu comprennes que ta place n'est pas ici ! Dépêche-toi !

Fred sourit. Que pouvait-il faire, à part sourire ? Renoncer et quitter son poste ? Jamais. Se rebeller contre le maître ? Non plus. Fred avait bien trop d'estime pour celui qu'il comptait un jour dépasser. Il regarda l'heure, en souriant. Minuit et demi. S'il travaillait bien, il aurait fini juste à temps pour le déjeuner du lendemain.

Soudain, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir, puis claquer sous l'effet d'un courant d'air alors qu'une douce voix s'excusa, avec un petit gloussement enjôleur. Tendant l'oreille, Fred pu saisir au vol la conversation, son attention toute portée sur ses oreilles alors que ses bras, machinalement, frottaient des restes de purée séchée.

- Aimée, que puis-je faire pour vous ?
- Bonsoir Diego... Dis, je suis un petit peu gênée de te demander cela, mais est-ce que je pourrais avoir un repas, vite fait ? Je comptais souper avec un de mes producteurs, mais il a annulé au dernier moment et comme je sais qu'ici, on mange plutôt bien...
- Plutôt bien ?
- Je rigole Diego !
- Bien, tu peux t'installer ou bon te semblera. Je ne peux pas te refuser cela. Mais ne t'attend pas à manger "vite fait". Ça n'existe pas ici !
- Merci Diego ! Tu es un ange !
La porte claqua une nouvelle fois, cette fois-ci celle des cuisines, alors que le chef bedonnant entra, la mine déconfite.
- Minable, file à la chambre froide voir s'il reste quoi que ce soit comme viande ! J'ai bien peur qu'elle ne soit vide.
- Monsieur, j'y suis rentré il y a moins d'une heure et je sais qu'il ne reste plus qu'une seule chose : un gigot d'agneau.
- Epluche vite des pommes de terre, je me charge de la viande.

Le rythme des casseroles tambourinant et des ustensiles bruyants repris vite son cours en cuisine et les deux hommes, inconsciemment, se mirent à travailler de concert, tel un couple de longue date, anticipant le mouvement de l'un et de l'autre, dans une vitesse d'exécution époustouflante. Ce plat, ils l'avaient tant fait : le gigot d'agneau mariné au miel avec son lit de pommes de terre mitonnées au vin rouge. Fred le connaissait par cœur et était bien décidé, quoi qu'il advienne, de cuisiner de tout son cœur pour la tant aimée Aimée. Le plat, doucement, prenait consistance, le doux fumet s'élevant sans peine dans toute la cuisine.

- Je vais donner un peu de compagnies à notre star nationale. Il ne reste que deux minutes à l'agneau, bougre d'avorton. Pas une seconde de plus tu m'entends bien ? Sors-le à l'heure exacte sinon, c'est toi que je servirai à manger !
- Bien monsieur !

Aimée. Rien que l'évocation de ce nom provoquait chez le jeune homme des papillons dans le ventre. Personne, de son rang social, n'avait aussi bien traité le jeune homme qu'elle. Il avait eu l'occasion de la croiser plusieurs fois, sur le parking ou dans les couloirs. Jamais elle ne l'avait regardé de haut : son sourire lui avait plusieurs fois réchauffé le cœur alors qu'il s'apprêtait, il savait, à vivre une nouvelle soirée d'injures, de cris et de coups de louches. Aimée. Ses yeux souriant lui rappelaient à quel point la modestie rendait une telle femme encore plus belle qu'elle ne l'était. Dommage, pensait Fred, que tant de stars actuelles ne cultivaient pas une telle qualité.

Le jeune homme, les yeux dans le vide, continua de penser à celle qui embellissait ses journées. À son futur sur les planches aussi, ou il l'espérait, sans trop se l'avouer, partager un duo avec elle. Plus que tout, ce serait pour lui une véritable consécration. Soudain, les rêves de sourire, de projecteur et d'acclamation furent remplacés en un claquement de doigt par une odeur des plus désagréable qui soit dans une cuisine ; une odeur de brûlé.

Le gigot se consumait dans le four, telle une sorcière sur un bûcher, fumant et exaltant cette odeur désagréable dans toute la pièce. La panique s'empara rapidement du jeune homme qui, sans réfléchir, ne trouva rien de mieux que de jeter immédiatement le gigot dans la poubelle après l'avoir passé sous l'eau. Ce fut précisément ce moment-là que choisi le chef étoilé pour rentrer dans la cuisine.

- Ça vient ce...
- Monsieur, je m'excuse, je vous en supplie...
- Je... Je vais te tuer !!!

L'homme se rua sur le jeune homme, son visage bouffi rouge de colère, alors que ses yeux sortaient de ses orbites, comme si eux même voulaient faire du mal au jeune commis. Les mains du chef se refermèrent sur la gorge de Fred qui, tellement habitué à se faire disputer et brimer par son supérieur, avait totalement perdu ses réflexes d'auto défense et se laissait secouer et étrangler, comme un prunier. Le chef, sa voix étranglée par la rage, serrait de plus belle ses mains noueuses autour de la trachée du jeune homme :

- Qu'est-ce que je vais servir maintenant, bougre de salau...

L'insulte, la toute dernière insulte que prononça la chef étoile, lui qui les avaient tant choyées tout au long de sa vie, fut interrompue par un coup de couteau, sec et précis, en plein œil. Pas de main tremblante, pas de regret, pas de pitié. Proprement, le jeune cuistot sortit la lame avant de l'enfoncer une deuxième fois, cette fois-ci dans l'autre œil, afin d'être sûr que son chef tant adulé était mort. L'homme s'effondra en avant, a même le plan de travail.

- Parfait pour travailler ça !

Avec application, Fred entreprit de découper les vêtements de son maitre et sélectionna les morceaux qu'il pensait être les meilleurs. Un peu d'épaule, l'arrière de la cuisse et une bande de peau, qu'il passa au chalumeau avant d'envelopper la viande avec. Avec dextérité, le jeune commis signa le plus étonnant plat de sa vie : une aumônière espagnole sur son lit de pomme de terre. Un sourire pointa sur ses lèvres, alors que la viande finissant de cuire, l'homme disposa les restes de son défunt chef dans la chambre froide.

L'odeur s'échappant du four harcelait ses sens ; mélange de porc et de bœuf, qui finit de conquérir totalement le jeune chef : ce plat serait étonnant et détonnant. Il avait tout fait pour pouvoir servir à manger à Aimée et, il le savait, elle ne serait pas déçue. Tout son talent s'était concentré dans un ultime effort pour proposer à la jeune femme sa plus belle création.

- Mademoiselle Aimée ?
- Oui ?
- Le chef Pancha vous demande de l'excuser, mais il est sujet ces derniers temps à quelques chaleurs et il est parti se rafraichir à la chambre froide. C'est moi qui vous présenterai le plat ! Cela ne vous pose pas de soucis ?
- Vous plaisantez ? Aucun souci. Fred, c'est bien ça ?
- Oui mademoiselle. Voici donc, une Pancha espagnole marinée au miel sur son lit de pomme de terre au vin rouge. Et son accompagnement, un beaujolais de 1975.
- Merci. Cela sent délicieusement bon ! Voulez-vous rester un peu ?
- Si ma compagnie ne vous dérange pas...
- Pas du tout ! Ce n'est pas agréable de souper toute seule. Les cuisines sont bien calmes...
- À vrai dire, le service des autres est fini depuis une heure. Il ne reste plus que moi... Et le chef !
- Je suis désolée de vous avoir fait rester plus tard juste pour moi... Je n'ai pas d'habitudes de telles excentricités.
- Ne vous inquiétez pas, c'est un plaisir de cuisiner pour quelqu'un comme vous.
- En tout cas, ce plat est délicieux... Et la viande... Fondante à souhait ! Vous remettrez mes compliments au chef, si je ne le vois plus.
- Je n'y manquerai pas !

Le temps défile, au rythme des mastications et des gorgées de vin que prend la jeune star. Aux anges, le jeune commis savoure chaque instant de ce repas fantastique où il contemple la femme la plus fascinante de sa génération dévorer une partie de son talentueux et défunt patron. Son sourire s'élargit de plus en plus, alors qu'Aimée, les yeux brillants, l'assiette vide, parle de sa voix douce et joyeuse :

- J'aimerais vous remercier d'avoir cuisiné aussi tard pour moi !
- Mais non, voyons, vous n'êtes pas obligées !
- J'insiste, ça me fait plaisir ! Que puis-je faire pour vous ?
- Eh bien, comment dire... Vous savez, j'ai un rêve...
- Vous avez raison, c'est important les rêves ! Ils permettent de faire des choses totalement folles pour eux !
- Ça oui ! Mon rêve, c'était de pouvoir travailler comme chef, ne serait-ce qu'une fois dans ma vie. Et en venant aussi tard, vous m'avez permis de réaliser ce rêve ! Et maintenant, grâce à vous, mon deuxième rêve peut se réaliser aussi.
- Oh ! ça serait avec plaisir Fred !
- Chantez avec moi ! Sur scène ! Une seule chanson sur scène avec vous à mes côtés et je serai le plus heureux des hommes !

Les chaises coulisses, la guitare s'accorde, les micros sifflent : tout est installé rapidement par les deux artistes afin que leur duo puissent se mettre en place. Les regards s'échangent, d'abord timidement, avant d'être franchement complice.

- Connaissez-vous For You, du groupe Angus et Julia Stones ?
- C'est l'un de mes groupes préférés !
- J'aimerais interpréter celle-là, si ça vous va.
- Musique, maestro !

Les accords résonnèrent dans la salle, vide, mais pourtant emplie de joie, de sourire et de musique. Deux ou trois fausses notes résonnent, le stress aidant, avant que le jeune musicien se transcende par la douce voix fraîche qui entame la musique. Pas d'hésitation. Pas d'accroc. Aimée maitrise parfaitement sa voix, dont elle fait cadeau, de tout son cœur. La jeune femme était ainsi : qu'il y ait une personne ou mille personnes dans la salle, seul la sincérité de son interprétation comptait pour elle.

Et puis, ce fut le tour de Fred. Sa voix, légèrement grave et atypique résonne dans le micro, trop fort à son gout. Pourtant elle résonne et sonne même, à son plus grand étonnement, plutôt bien. Et puis, qu'importe le jeune homme s'il se révélait au final le plus mauvais chanteur au monde : rien ne pouvait briser, en cet instant, cet intense moment de bonheur.

Survint alors le moment ou les deux voix se marient, dans une symbiose des plus parfaites. Fred sent son cœur battre à 100 à l'heure, alors que la jeune femme le regarde de ses grands yeux bleus. Dès demain, plus rien ne sera plus jamais pareil pour lui. Dès demain, sa vie prendrait une tournure inattendue et surprenante. Mais demain était loin, demain était insignifiant. Seul comptait l'accomplissement de ses rêves. Seul comptait, l'instant présent, qui, gravé en lui, résonnerait encore, encore et encore.


Texte 8 : Linda
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Linda




Agenouillé avec trois brigadiers au milieu de la pièce déserte, devant le cadavre de Linda Villiers, en lambeaux du torse aux cuisses et à la tête ruinée, le docteur Gibbs soupira. Quand les autorités de Metz allaient-elles enfin engager un vrai légiste à plein temps et le laisser à son armoire à pharmacie ? Bien que n’étant pas lui-même policier, son premier constat était sans appel : l’opération d’infiltration des Œcuméniques s’avérait un échec.
Le commissaire Janvier lui tapota l’épaule.
-Des pistes ?
-Ce n’est pas normal… marmonna le médecin. Ils s’étaient fait connaître pour plus de discrétion – la strychnine, ce genre de sirops. Pas une telle sauvagerie. Ce n’est litérralement pas catholique.
À cet instant, Gibbs s’arrêta, fixa le bas-ventre. Puis, il indiqua du bout du doigt le seul morceau encore identifiable :
-Bon, voilà déjà qui explique leur rage. Au moins, sa couverture était solide, ou en tout cas elle n’a percé qu’après coup.
Janvier était trop absorbé pour lui répondre. C’est avec une face sanguine qu’il ordonna au brigadier le plus proche :
-Tout le monde dans la pièce à côté dans dix minutes.


Les vingt policiers et le médecin étaient alignés en rangs serrés devant le commissaire. Toute une gamme d’anxiété était observable en leur sein. Le commissaire passa en revue ses hommes pendant un moment, mais aucun d’eux n’osa broncher.
-Gibbs, chargez-vous de l’exposé ! trancha Janvier, faisant sursauter l’épais bonhomme qui consulta ses notes.
-Oui, commissaire. Bien… Pour faire court, du peu que j’ai vu de la victime, il s’agissait bien de la recrue Linda Villiers, c’est incontestable. Cependant… ses organes sont sans plus de conteste ceux d’un homme. Sans doute là ce qui a provoqué le châtiment des membres de la secte.
Janvier reprit la parole :
-Quelqu’un peut m’expliquer ça ?
Silence général. Le silence était généralement de mise lorsque le commissaire Janvier se montrait dans cet état. Il insista :
-Est-ce qu’enfin quelqu’un peut m’expliquer quoi que ce soit ?
Cette fois-ci, le commissaire réussit à déceler un regard dans ce silence.
-Autelbas ?
-Je… crois pouvoir répondre, répondit timidement le plus maigre des policiers. À bien y avoir regardé maintenant, on dirait Alexandre Vilmin. Je crois. Il était en services à Lyon à la même époque que moi. Il a quitté son poste pour une dépression…
-Bien, bien ! l’interrompit le commissaire, qui n’avait visiblement pas besoin d’en apprendre plus. Donc, on a réussi à écoper d’un trave dans l’équipe. Il faudra savoir comment.
-Ça vous intéresse tant que ça, commissaire ? s’enquit Autelbas.
-Je veux, que ça m’intéresse ! Vous avez pu le constater, mais votre Loïc a foutu en l’air trois mois d’investigation avec ses conneries ! Jamais un vrai pro n’aurait fini comme ça !
Gibbs saisit la balle au bond pour intervenir :
-Sauf votre respect, commissaire, travesti ou pas travesti, je vous avais prévenu que cette mission se terminerait dans-
-Et sauf votre respect, doc, restez en dehors de ça ! Ce sont mes hommes, ils sont prêts à risquer leurs tripes, c’est à ça qu’on les prend !
-Même si vous saviez ce qui pendait au nez des femmes dans ce genre de secte ?
-La cible lambda étaient les femmes, on envoie une femme pour pas se faire repérer, c’est si compliqué à comprendre ? Vous voulez m’apprendre mon métier, peut-être, doc ? Les gars ici sont tous rodés, c’est comme ça que ça marche!
Le médecin leva les paumes en guise de capitulation. À peine moins renfrogné, Janvier se retourna vers ses troupes :
-Quoi du côté des affaires du mort ?
Le brigadier Merai prit la parole :
-Les affaires personnelles qu’elle… qui avait été emportées, chef. Pas de manque suspect. On n’a pas encore retrouvé à coup sûr ce qui a mis la puce à l’oreille des Œcuméniques concernant la mission. En revanche, nous avons aussi mis la main sur une lettre, a priori un testament ou quelque chose du genre.
-Bien, vous rassemblez le tout et vous me mettrez tout ça sous scellé dès le retour dans les locaux. On s’occupera de tirer tout ça au clair plus tard.
Du rang le plus à l’arrière, une main se leva.
-Excusez-moi commissaire, mais qu’il… enfin, qu’elle ait été un homme, c’est si important que ça dans l’affaire qui nous intéresse ? On risque de laisser filer les suspects.
-Les suspects ne nous ont pas attendus. C’est une question de principe, Laurel. On ne dissimule pas ça à son propre service. Et soit dit en passant, personne n’aurait dû être assez incompétent pour laisser passer une chose pareille.
-Sauf vot’ respect, commissaire, il était connu pour être un spécialiste en-
-ROMPEZ AUTELBAS ! Si y’a des responsables à tout ça, c’est au niveau du recrutement. Qu’ils fassent leur boulot ! Ce qui est sûr, par contre, c’est que quelqu’un parmi nous a permis ceci. Et sitôt rentrés, on s’occupera à trouver le coupable, que ça ne recommence pas.
Le signal était suffisamment clair. Quelques regards s’échangèrent à la vavite entre quelques-uns des gradés, pour revenir le plus vite possible au calme de mise.
Après de longues secondes de silence, Merai se décida à poser la question fatidique :
-Hem… Commissaire? Que devra-t-on rapporter à la presse ?
Bien que le regard du gradé fut une réponse déjà claire en soit, il clarifia d’emblée :
-On rapporte rien du tout. Le service est pas foutu de reconnaître un bonhomme, les suspects ont filé à l’anglaise et on a un corps sur les bras. Je pense qu’on va se passer de la publicité pour l’instant.


Dans les locaux de la police messine, Albin Merai venait d’apposer le cachet de cire sur le vingtième scellé de la journée. Au moment où il posa le testament devant lui, le grincement de la porte de son bureau le fit sursauter. La tête maigrelette de Cyril Autelbas dépassait de l’ouverture.
-Hé, tu es partant pour une pause ?
-Café ?
-Les gars s’apprêtent à cuisiner le doc. Histoire de voir si c’est lui, rapport à Loïc. Tu viens voir ?
Albin dressa devant lui sa main gantée et souria en coin de sa grande bouche :
-On me paye pas pour lire l’annuaire.
-Rho, t’es con alors, pas pour le médic quand même. À toutes !
Sitôt la porte fermée, Albin glissa la main dans la poche interne de sa veste et en tira son portable, tout en se mettant dos à la caméra de sécurité. La lettre de Linda n’était pas encore dans l’enveloppe. Albin se satisfit intérieurement d’avoir été celui désigné pour réaliser les scellés. Il jeta un dernier coup d’œil alentours, déplia délicatement la lettre de feu son amie, et prit une première photo du recto.


Texte 9 : Le Bonheur
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Le Bonheur


L'ange, blasé et mal rasé, conduisit l'âme à travers le dédale obscur du paradis. Au détour d'un couloir, ils croisèrent une cohorte de faucheurs, capuchons rabattus. Leurs grandes faux brillaient d'un éclat malsain tandis qu'ils avançaient résolument en direction des portes noires. L'âme examina curieusement ces bourreaux : c'était l'un d'entre eux qui lui avait arraché la vie, alors qu'il était encore un vieillard au bord de l'agonie. Désormais, l'âme n'était plus rien, elle attendait simplement sa réincarnation, et l'ange la conduisait vers ce nouvel espoir. Les faucheurs disparurent dans le néant en sifflant de mortelles mélodies. Maugréant contre la lenteur des circulations dans ce vaste au-delà, l'ange continua de guider son âme attitrée. Ils dépassèrent le mausolée des dieux - décédés depuis des siècles -, enjambèrent le Styx, grignotèrent un morceau de biscuit sur la terrasse céleste puis plongèrent dans les entrailles enfumées du Bonheur.

Le Bonheur, officiellement appelé le centre des réincarnations, était un bâtiment informe, qui pulsait parfois comme le ferait un coeur. Ses murs suintaient l'humidité et crachaient littéralement des bulles de savon. C'était assez ironique que l'endroit soit aussi délabré, alors qu'il représentait pour les âmes une chance de repartir à zéro. Le guide épousseta ses ailes. Ici, un brouillard épais ne cessait de se frotter aux visiteurs. Probablement pour les dissuader de déserter le paradis. Après tout, c'est contre-productif pour un cimetière céleste de laisser ses morts s'évader ! Mais ils n'avaient guère le choix. Les anges devaient suivre l'antique Charte du Paradis, rédigée par une divinité quelconque. C'était évidemment une farce, mais personne n'avait jamais pensé à démasquer la supercherie. L'auteur de cette blague devait bien rire !

L'âme se présenta au guichet, toute guillerette. L'atmosphère ambiante ne semblait pas la décourager ! Elle voulait revenir sur terre et essayer une nouvelle existence. Expérimenter de nouvelles sensations ! Elle n'avait même pas besoin de jeter un oeil aux affiches décolorées pour faire sa décision. Des pancartes tentaient effectivement de séduire les touristes avec des slogans aguicheurs, des cadavres sortant de leurs tombes et se métamorphosant en beaux jeunes gens, des chats évoluant en truites, des marteaux muant en portraits d'art contemporain. L'ange s'accouda au comptoir en soupirant.

-"J'vous comprends, au final. La vie en bas doit être vachement plus cool qu'ici." cracha mollement la créature ailée. "C'est vrai quoi, on a même pas le droit de faire la fête et les congés payés n'existent pas."

Un deuxième ange s'approcha, coiffé d'une auréole fabriquée avec du papier mâché et des néons recyclés. Il arborait un sourire commercial et riait sans aucune raison valable. L'âme essaya de lui serrer la main, avant de se souvenir qu'elle était translucide. Tant pis ! Le secrétaire se mit à débiter son texte, sans cesser de sourire - véritable exploit ! - :

-"Bienvenue au Bonheur ! Parce que le Bonheur est à portée de paradis ! Nous sommes heureux de vous offrir le moyen le plus rapide et le moins éthique pour vous réincarner dans le monde tel que vous le connaissiez. Vous aurez le droit à une seconde chance ! Si vous en êtes à votre dixième réincarnation, j'ai bien peur que notre forfait ne puisse pas s'appliquer à votre fréquence d'âme. Veuillez dans ce cas vous adresser à mon collègue Larry, qui s'occupe des suicides célestes."

L'âme confirma qu'elle était une petite nouvelle. Elle découvrait tout ce joli système. L'ange à l'auréole en fut enchanté et continua :

-"Mais c'est formidable. Alors, voici votre formulaire d'inscription. Vous pouvez choisir votre nouvelle vie en un seul coup de crayon divin ! Il suffit de cocher les cases. Nous acceptons les réincarnations en animaux, végétaux et même minéraux, mais vous n'êtes pas autorisés à bénéficier de la célébrité automatique. Il faudra que vous mettiez vous-même les mains dans le cambouis, comme on dit chez vous ! Faites votre choix. Cependant, avant de nous intéresser à tous ces détails techniques, il faut que nous sachions : voulez-vous être mâle ou femelle ?"

Il y eut un moment de silence. Le guide-ange-blasé-qui-veut-des-congés-payés s'envola ailleurs devant le sérieux qu'avait prit la conversation. Il ne désirait pas être mêlé à un débat sans queue ni tête. L'âme réfléchissait. Elle avait été homme dans sa vie précédente, masculin et viril jusqu'au bout des ongles. Jamais il n'avait eu de considération pour le sexe opposé. Peut-être était-ce là l'opportunité de comprendre ? De saisir tout le sens d'être homme ou d'être femme ? D'abolir tous ces préjugés qu'il sentait encore en lui ? L'âme se pencha au-dessus du comptoir et chuchota.

-"Je veux être femme."

-"Excellent choix ! J'ai pu suivre le cours de vos pensées grâce à mes capacités angéliques - ange, un si beau métier -, j'ai donc le regret de vous annoncer que vous ne garderez aucun souvenir de vos vies passées. Il se pourrait qu'une fois femme, vous ne compreniez pas les hommes et décidiez de vous réincarner dans un futur proche en homme. Ce serait une boucle infernale ! Mais ce n'est pas de notre ressort. Cet avertissement sera aussi effacé de votre mémoire, mais je tenais à vous le dire. Maintenant que votre choix est fait, vous ne pouvez plus revenir en arrière.

Bon, à présent, voulez-vous avoir une ou deux têtes ?"


Texte 10 : Hermione
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Hermione.

Ô Muses, chantez le destin d’Hermione.

Le fruit d’un inceste royal thessalien.

Fille adoptive de la vierge Artémis.

Blonde d’une beauté digne d’Hélène de Troie.

Gracieuse et séduisante telle Aphrodite.

À la robe rouge soyeuse tissée par Arachné.

Aux yeux verts enflammés d’Hestia.

Chasseresse aguerrie de la férocité des Amazones.

Fière et forte comme Pallas Athéna.



Calaurie, VIIe siècle…

Une fois par semaine, Hermione quittait l’Argolide et venait au marché portuaire de Calaurie troquer quelques proies chassées en retour de provisions et de flèches. Montant Pyrrhus, un cheval thessalien noir, elle observait laconiquement la foule bruyante en compagnie de son fidèle chien Lysias, un molosse de pelage beige. Trop proche des humains bien que vierge, Hermione fut rejetée par Artémis. Tout près du port et devant l’acropole, les kiosques multicolores connaissaient une activité florissante : les marchands tentaient d’écouler leurs produits, parfois de luxe comme le pourpre phénicien, l’ivoire des confins de la mer Érythrée, de l’ambre des îles nordiques et de l’or pur. Hermione désirait aussi éviter de croiser Diogène, un prince fourbe qui s’était violemment épris d’elle et voulait obtenir sa main.

Pendant qu’elle magasinait, un mendiant dans la vingtaine, nommé Ménandre, se faisait malmener par Diogène et ses soldats. Il avait les yeux bruns, un grand corps bien bâti, une longue barbe rousse crasseuse et des cheveux courts de la même couleur. Habillé d’une paire de sandales et d’une tunique brune trouée, le clochard cherchait de la nourriture. Ayant pitié de l’homme, Hermione menaça les assaillants.

-Lâchez-le, sinon je fais un malheur! Vous savez bien qui je suis!

Contrarié, Diogène obéit et ses hommes le copièrent. Arborant un chiton et un himation blancs avec des motifs dorés, le prince, âgé dans la trentaine, possédait un physique svelte, des cheveux et une barbe noirs bouclés ainsi que des yeux bleus.

-Tu le regretteras tôt ou tard, Hermione! Aucun sujet ne s’oppose aux ordres de son prince, sauf le roi!

---------------------------------

Tard dans la soirée, dans le temple dorique de Poséidon…

Au milieu d’encens à myrrhe, Diogène avait fait coucher un bœuf sur l’autel. À partir du sommet, il pouvait contempler les côtes forestières de l’Argolide et de l’autre côté, les eaux tempétueuses du golfe Saronique. Une imposante chaîne de crêtes dominait l’île et les hameaux dispersés. Diogène enfonça un couteau en silex dans l’artère carotide du bovidé. Le sang inonda le plancher de marbre et le pratiquant. Après avoir entendu les derniers mugissements et vu l’œil palpitant de la bête se fermer, ce dernier effectua une libation et se mit à genoux devant la statue du dieu en trident.

-Ô Ébranleur du sol, Souverain des mers, Taurin!

Que tu puisses assurer l’honneur de ma famille!

Qui t’a vénéré depuis des temps immémoriaux!

Face au sacrilège commis par Hermione!

Et son ami Ménandre le barbare!


Une fois la prière achevée, il poussa un rire néronien et retentissant.

---------------

Trois ans plus tard au nord-est de l’Arcadie, lors d’une fin d’après-midi…

Depuis cet incident, Hermione ne retourna plus jamais en Calaurie. Ménandre devint son meilleur compagnon et se montrait très habille en chasse. Après deux ans d’amitié, ils formèrent un couple fort uni. Aussi, la chasseresse tomba enceinte et devait accoucher dans deux semaines.

Supportée par Pyrrhus, Hermione se promenait allègrement au pied d’un ruisseau et était suivie par son amoureux et Lysias. Provenant d’une chute, ce cours d’eau translucide se déversait dans le golfe Argolide une centaine de mètres plus loin. Outre la mousse, de la vigne et des fleurs multicolores, des châtaigniers, des cyprès, des myrrhes et des tilleuls dominaient les côtes en falaise. En bas, une plage de galets offrait une vue superbe sur le golfe. Ils y parvinrent et décidèrent y faire une pause. Ménandre aida sa dulcinée à descendre de Pyrrhus et l’embrassa.

-Mon amour, on devrait y passer la nuit. Je suis fatigué.

Elle prit place sur un rocher et commença à jouer avec sa lyre.

-Ô femme, sors de ta coquille.

Cesse de te lamenter.

Chante face au vent marin.

Entre les îles et les côtes.

Contemplant Ouranos.

Bravant le souffle d’Éole.

Face aux profondeurs de Phorcys.

Plongé dans Érèbe.

En attendant Éther.

Dompte ton cerbère.

Ce défi prométhéen.

Ce labyrinthe crétois.

Dépourvu de fil d’or.

Assume-toi et affirme-toi.

Bats-toi comme le bel Achille.

Ou la farouche Penthésilée.

Promène-toi dans les villages.

Pour réciter les épopées.

Des héros du bronze.

Tel le virtuose Homère.

Soigne les malades.

Sous l’œil d’Asclépios.

Pars à l’aventure.

Avec les brillants Argonautes.

Libre comme Zéphyr.

Pourquoi être femme?


Soudain, de la mer, surgit un taureau noir carnivore et grand de deux mètres. Le cheval paniqua et prit la fuite en direction de la forêt alors que le molosse jappa à tue-tête pour intimider la créature. Piqué sur le vif, le taureau visa le chien pour l’encorner mortellement. Alerte, Ménandre plaqua brutalement son adversaire qui trébucha. Sous le choc, Hermione pleurait.

-Ça doit être un coup de Diogène qui a l’aide de Poséidon.

L’animal mordit une patte antérieure de Lysias et projeta le canidé en direction de sa maîtresse. Impuissant, l’ancien mendiant défia le taureau par un cri de guerre et bloqua son élan en empoignant les deux cornes. Cependant, la bête était trop forte et le repoussa. Impuissante et sentant des contractions au ventre, la fille adoptive d’Artémis vit le taureau transpercer le ventre de son amant. Vaincu, Ménandre s’effondra et attendait Thanatos. Furieuse, Hermione ramassa son arc et se plaça devant sa cible pour décocher une flèche qui se logea dans son cou. Le monstre poussa un râle et rendit l’âme.

Avec toutes les émotions vécues, la beauté fatale perdit ses eaux. En larmes, elle embrassa son bien-aimé.

-Ménandre, ne me quitte pas! Le bébé s’en vient!

Il caressa tendrement son ventre.

-Je ne pourrai pas te voir grandir… Ô Zeus tonnant…

Il s’arrêta à cause de sanglots étouffés.

De l’Olympe, le roi des Dieux eut pitié d’eux et leur dépêcha Héra et Illythie. La déesse du mariage, suivie de sa fille, arriva dans une nuée de papillons. Grande et élancée, la parèdre de Zeus respirait la grâce et la prestance. Ressemblant à une femme à la fin de la cinquantaine, elle avait des cheveux châtains et grisonnants en chignon, des yeux bruns enflammés, un péplos rose et un visage pointu. Plus petite et ronde, Illythie éblouissait par sa beauté : de longs cheveux auburn bouclés, une bande rouge au front, un péplos pourpre, des yeux bleus pétillants et des lèvres charnues. La Cronide déposa une main apaisante sur la future mère.

-Les Parques ont bientôt fini de tisser ton destin, ma belle. Au fond de mon cœur, je t’admire, car tu as su être une femme. Tu as tracé ta propre voie en dépit de plusieurs obstacles, ce qui est très rare chez les femmes.

Sentant la douleur décupler, Hermione était prête à accoucher et Héra la regarda dans les yeux.

-Malheureusement, comme toutes les femmes, tu enfanteras dans la douleur. Les dieux connaissent vos destins et n’y peuvent rien changer, mais nous pouvons vous aider un peu. Ton corps est fragile et tu y laisseras ta vie. Cependant, Zeus a décidé de vous accorder le bonheur éternel dans les Champs Élysées. Nous nous occuperons du bébé. Il sera nourri par Amalthée avant d’être élevé par Apollon. Je vous garantis qu’il connaîtra une vie heureuse.

Illythie se pencha en direction de la vulve de la chasseresse et délivra le fœtus, un garçon, après une vingtaine de minutes de pénibles efforts. Après l’avoir lavé, elle le donna à ses parents. Par la suite, les deux déesses regagnèrent l’Olympe. Ayant perdu trop de sang, Hermione sentait la vie lui quitter graduellement. Ménandre lui caressa affectueusement la tête alors que sa dulcinée lui donna le sein. Elle lui chuchota.

-Bonne chance, Lysandre.

Après une dizaine de minutes d’intimité, les deux tourtereaux s’éteignirent et accédèrent à la félicité divine. Hermès arriva du ciel. Nu et portant un casque ailé en airain, l’Olympien séduisait par son corps mince et bien taillé ainsi que ses cheveux châtains bouclés et ses yeux bruns énigmatiques. Il prit le nouveau-né et s’envola en direction de l’est sous le soleil couchant.

Ô Muses. Que cette légende soit gravée dans les méandres du temps!


Formalités des votes


Etant donné du nombre de participation et de l'anonymat que je souhaite conserver pour les auteurs, nous allons passer à un Top 6, ainsi :
1er ----- 12pts
2nd ----- 10pts
3ème --- 8pts
4ème --- 5pts
5ème --- 3pts
6ème --- 1pt
De plus les coups de coeur ne serviront qu'à départager les égalités, vous disposez donc de deux coups de coeur à donner à deux textes différents.
Enfin les participants auront le droit à 2pts bonus s'ils postent un classement et 4pts si leur classement est accompagné de commentaires.

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Lun 13 Juil 2015 22:01 
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Bravo à tous les participants, merci à vous et à foul'bazarre pour cette nouvelle édition. Je passe à mes impressions^^

Texte 1 :
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excellent ! Juste excellent !! à l'instant où je me disais qu'il était dommage que ces différentes personnes n'aient pas de lien entre elles, qu'est ce qui arrive ? Le lien !! Proskynèse ! Un sans faute, quoi que quelques fautes d'orthographes disséminées dans le texte. C'est bien le seul truc que je peux reprocher. Quoi que j'ai du mal avec un détail du texte : je crois comprendre que le père de Camille et Elise est le mari de Marie et le beau frère de Thérésa, mais ce que je ne comprends pas avec certitude c'est l'objet du procès. Je pense que le mari de Marie a violé de nombreuses femmes (y compris ses filles a priori) et Thérésa le suspecte d'avoir fait ça durant les vacances à la plage. Cependant, il est fait mention d'un massacre, donc il aurait en plus tué les femmes qu'il a violé (hormis ses filles) ?

Pire encore, suite à une deuxième lecture, je remarque des passages à double sens qui ne se comprennent qu'avec la chute. Sacré travail.


Texte 2 :
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fort d'un ressentis a priori issu d'une bien mauvaise expérience, on effleure le sujet mais le style est prenant. On imagine très bien l'acteur pris d'une envie soudaine de faire son monologue puis qui pète un plomb et dézingue l'actrice. J'aurais aimé une phrase finale pour assurer qu'il s'agissait bien là d'un pétage de plomb de l'acteur et non du script (par exemple : « Rideau. Stupéfaits de cette chute soudaine et brutale, persuadés d'avoir été bluffés par l'originalité d'une pièce moderne, la salle se lève comme un seul homme et applaudit, étouffant accidentellement les cris et les pleurs mêlés des intervenants du spectacle qui tentent d'immobiliser Alex et de vainement ramener Chantal d'entre les morts, et le rire grave de l'homme. »)


Texte 3 :
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traiter du cas des femmes françaises ayant copiné avec des allemands est une idée intéressante. J'attendais du texte qu'il mette bien en évidence les divers sentiments de la femme dans cet état, tels que la honte vis à vis de sa famille, l'amour isolé car personne ou presque ne soutient ce couple, la peur, l'incompréhension face aux actes de violence. Je suis déçu sur ce point. Cependant l'auteur propose les pensées de cette jeune femme durant son humiliation publique et ce n'est pas mal du tout. Enfin, le texte est très court alors qu'il aurait pu être complété de bien des façons.


Texte 4 :
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un aspect SF intéressant, malheureusement je le trouve complètement hors sujet. Il n'y a que 7 lignes sur le sujet « femme », et la partie « être femme », si tant elle qu'elle ait été traitée volontairement, n'est qu'évoquée. Je pense saisir le fait que l'auteur tente de montrer qu'objectivement (grâce au fait que les personnages sont asexués) les femmes sont dépréciées dans le monde professionnel. Mais je trouve ça trop peu présenté.


Texte 5 :
Spoiler: Montrer
Si l'idée était de concilier dans un même texte une femme guerrière mais aussi sentimentale, alors je trouve que l'idée du texte n'est pas mal. Je dirais même qu'il est dans l'aspect du sujet que j'avais imaginé. Pour moi, le sujet demandait de traiter de l'essence de la femme, et cela doit passer par un ou plusieurs exemples précis. Or comme on ne peut pas parfaitement réduire un tel sujet à un simple aspect, il faut absolument traiter plusieurs exemples (une femme dans plusieurs situations ou des femmes différentes). Cependant l'arrière plan prend beaucoup trop de place à mon goût, à tel point que je me suis souvent demandé le rapport au sujet. En plus, la majeure partie du texte est consacrée à l'aspect guerrier, contre 5 lignes pour le sentimental. C'est une distribution maladroite.


Texte 6 :
Spoiler: Montrer
Une erreur fondamentale sur la façon de mettre en œuvre le dialogue, j'ai finis par comprendre qu'il s'agissait là de la retranscription manuscrite d'un huissier présent lors du référendum. J'ai trouvé ce texte... HS. Certes c'est très original, mais même le plaidoyer est mal foutu. Sans la chute, on pense que l'oratrice se répète et parle pour ne rien dire, et avec la chute, on comprend que le plaidoyer n'a rien à voir avec la défense des femmes, ce qui, pour le coup, n'est pas HS.


Texte 7 :
Spoiler: Montrer
Un texte atypique. Il mélange habillement la douceur d'Aimé avec l'horreur de la situation. Qui plus est, associer l'esprit de la femme au fonctionnement d'un restaurant était une idée très originale que j'ai grandement apprécié. On a donc une mise en abyme subtile entre le restaurant et Aimé qui est l'un des rouage de ce restaurant. Même avec relecture, j'ai du mal à associer certaines interactions entre les membres du restaurant à un aspect de la femme. En tout cas c'est du bon boulot !


Texte 8 :
Spoiler: Montrer
Dur de dire si ce texte est dans le thème selon moi. On a une femme qui fut un homme, ce qui rentre dans le thème mais... là c'est « être travesti » qui est traité... Je n'ai pas compris la fin.


Texte 9 :
Spoiler: Montrer
je le trouve aussi hors sujet. Faut-il détailler ? 3 phrases sur le sujet, à peine... Détailler le choix de l'âme aurait pu être intéressant. Je note tout de même l'attitude de l'ange qui décide de partir pour ne pas avoir à entendre les arguments en faveur de l'un ou l'autre sexe. Ça, c'est bien joué, dommage que cela s'arrête là !


Texte 10 :
Spoiler: Montrer
on finit en beauté. Difficile d'évoquer la femme sans penser à l'accouchement. Le style et l'univers de l'auteur qui ne m'avait pas plu durant les mini-concours m'a semblé tout à fait de bon ton ici. Je pense que c'est le seul texte de SF (ok, c'est pas vraiment de la SF, mais c'est du mythe) qui est parvenu à un équilibre entre la présentation de son univers et le lien au sujet. D'ailleurs, le sujet est habillement traité. Évidemment, l'univers ne permettait pas de parler de certains sujet, mais l'accouchement et l'amour correspondent très bien à l'univers proposé. Bref j'adore.


En dehors du classement, je mets les textes 4, 6, 8 et 9.

En 6e position, je place le texte 5. Un peu à l'image du texte 4, je le trouvait mal dosé. Mais il traite du sujet. Cependant j'avoue n'avoir rien ressenti lors de sa lecture, je ne me suis pas du tout senti dedans.

En 5e position, le texte 2. Une analyse incomplète, bien que je dois reconnaître que la thèse défendue est amenée à terme. L'auteur s'embrase mais j'ai l'impression qu'il se déchaîne sur son texte, ce qui gâche un peu le style.

En 4e position, le texte 10. Beau et léger, il m'a moins marqué car peu (pas ?) engagé.

En 3e position, le texte 3 principalement pour sa force. Un peu trop court.

En 2e position, le texte 7. Son style m'a presque autant plu que le texte 1, mais il est bien plus loin du sujet.

En 1ere position, le texte 1. Il m'a énormément plu !

résumons:
Spoiler: Montrer
12 points ==> texte 1
10 points ==> texte 7
8 points ==> texte 3
5 points ==> texte 10
3 points ==> texte 2
1 point ==> texte 5


EDIT: ah oui, et pour mes coups de coeur, textes 1 et 2

_________________
le plus puissant des démons, ma fan-fic sur le précédent possesseur du fruit du magnétisme.

goodeed Venez faire des dons gratuits pour aider des enfants du Tiers Monde à se nourrir et être vaccinés, et pour planter dans arbres en Inde !

le même genre de site, mais avec un peu plus de choix dans les dons

Fluctuat Nec Mergitur.


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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Mar 14 Juil 2015 16:33 
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Bon, à moi,

Préambulons d'abord le top et les commentaires qui vont suivre.
Déjà ma "grille de notation" est bien différente de celle de Musicman (bien que nos tops aient malgré tout quelques affinités). A mes yeux il ne s'agit pas de traiter frontalement de sexualité, accouchement, séduction ou autres douceurs pour parler de "Etre femme". Au contraire, j'ai pas mal d’animosité envers les textes qui utilisent ces raccourcis pour parler de la femme (car oui bien sur, une femme est caractérisée par sa douceur et sa faculté de mettre au monde #17eme siècle). Je n'ai rien contre le fait d'aborder ces thématiques bien sur, mais mettre (par exemple) la sexualité comme le thème principale de son texte est à mes yeux un ratage total. De plus, à mes yeux, le respect du thème ne se mesure pas de manière quantitatif (je dis ça en fonction des fois où Musicman évaluait le nombre de lignes traitent frontalement le sujet du concours). La part aux sous textes, à l'imagination et au background me suffisent amplement (du moment que c'est bien fait). En gros, chez moi un texte peut se passer de parler de "Etre Femme" du moment que, d'un point de vue global, le thème est abordée. La pertinence peut se faire dans la sobriété ou dans le sous entendu.

Bref, on en vient aux textes éliminés :

Texte 1 : L'idée de fond n'est pas mauvaise, j'apprécie l'idée de faire pleins de minis textes reliés sobrement (l'utilisation du diamant par exemple pour la tante). Néanmoins, au delà de l'idée de départ sympa, je trouve le texte extrêmement laborieux voir lourdingue (les descriptions/remplissages du premier mini texte par exemple sur l'origine du tapis ou la couleur du piano ... je déteste ce type de descriptions). Je n'ai pas pris de plaisir à le lire, en fait il m'a fait l'effet de ces films ultra premiers degrés, ultra sérieux, ultra relou (j'ai pas dis nul, con ou stupide hein, mais relou ^^).

Ou alors c'est mon texte et en fait je trouve les transitions intelligentes tout comme je trouve génial la manière dont l'histoire sobre et d'apparence classique se forme pour former un récit inédit.

Texte 5 : Alors l'idée du combat d'âme ma bien plu, malheureusement c'est la seule chose qui m'a intéressé du texte. Le background est inséré un peu putassièrement, le liant entre le texte et le thème est la sexualité du personnage principale (qui n'apporte rien au récit ni à la construction du personnage). Au final beaucoup d'éléments dispersés, sans trop de liens entre eux, le thème est à mon sens pas respecté, le développement du background est racoleur (le compte bidule, l'imperatrice machin ... très name dropping in fine). Par contre, bon point, l'auteur est un petit rigolo, entre les références aux membres et aux anciens thèmes du CCE, c'est presque si Enitu lui même avait écrit le texte ^^

Ou alors c'est mon texte et en fait l'adore la manière dont le sujet est traité, au coeur du problème (les pulsions naturelles --> sexualité), j'aime beaucoup la dualité entre un texte qui met en avant combat et complot pour finir sur de la douceur montrant à la fois différentes facettes de la femme et de son âme (à travers daemon).

Texte 6 : Là on a le texte d'un petit malin dont le texte ne l'est pas tant que ça au final. Pour le coup on est dans un autre registre avec des planètes et une sur description un peu HS du fonctionnement d'une sorte de conseil. Toussa pourquoi pas à la limite, dommage que le texte mette en avant une litanie de propos creux qui finit sur un "twist" qui fait plus l'effet de pétard mouillé que de véritable fin, c'est quand même con de créer volontairement un anti climax, le texte commence sur une planète et un conseil de l'espace pour finir sur un putain d'accent circonflexe ^^ Alors certes on retrouve quelques liants avec le thème (liants apportés avec la subtilité d'un pachyderme néanmoins), dommage qu'ils soient présentés dans une grosse bouillabaisse textuel ^^

Ou alors c'est mon texte et j'adore la manière dont le sujet est traité uniquement en sous texte tout en mettant en avant des discours grandiloquents pour un sujet qui au final, traite plus de l'habitude et des traditions.

Texte 8 : Je vais être direct : Je me suis juste fais chié. Je suis désolé pour l'auteur du texte, mais j'ai juste eu absolument aucune implication dans le texte, aucune empathie envers quoi que ce soit. Je ne saurais même pas dire si le texte est bon ou pas, si le thème est bien abordé ou pas. Non il m'est juste passé au dessus de la tête.

Ou alors c'est mon texte et j'adore la manière dont le texte traite de la place de la femme dont notre société actuelle (et pas dans un univers fictif) ainsi que dans une institution tout ce qu'il y a de plus officiel (la police) afin de mettre en avant la frontalité du problème du sexisme dans notre propre société.


Bon, je clash un peu les textes, mais si vous êtes l'auteur d'un de ces textes, je vous demande de pas prendre mal (ou au mot) ce que je dis, rappelez vous que je clash mon propre texte ^^


Passons aux textes primés, sachez néanmoins, que seul les 4 premiers m'ont vraiment plu (du coup désolé aux 5eme et 6eme mais je vais pas chanter des éloges sur vous ^^).

6eme --> 1 point
Spoiler: Montrer
Texte 10 : Hermione
J'aime bien la mythologie grecque (mais si vous savez, le truc aux antipodes de la sf ^^) du coup ce texte fut agréable à lire, même si je me suis pas spécialement impliqué dedans, notamment à la fin où je me suis rendu compte que je me fichais un peu du sort des personnages (surement du à un développement des personnage un peu chaotique)


5eme --> 3 points
Spoiler: Montrer
Texte 2 : Les sirènes
Ce texte c'est du style "tout ou rien", ce qui veut dire que l'auteur met tout l'intérêt de son texte dans un élément qu'il développe à fond, ici, l'élément est le pétage de plomb de l'acteur. C'est balancé très vite et le texte est défouloir, ce qui a tendance à me plaire (pas de chichis), néanmoins, je trouve que le texte est un peu le cul entre deux chaises, pas assez fun pour être jouissif mais pas assez sérieux pour se rattacher sur d'autres critères d'appréciation. Du coup on a texte semi fun mais qui a la bonne idée de pas péter plus haut que son cul (et éviter le racolage). Par contre je suis en total désaccord avec Musicam, je trouve que le fait de pas savoir si le pétage de plomb est voulu ou pas est un gros point fort du texte, cale créer une certaine ambiguïté qui est laissé à l'appréciation du lecteur, d'un côté on a un fou psychotique qui tue quelqu'un, de l'autre on a une pièce de théâtre rigolote, ce grand écart est amené justement par le fait de pas savoir ce qu'il en est vraiment, et c'est amené subtilement avec des non dis. Sur ce point je dis chapeau.



Là on rentre dans ce que j'aime vraiment

4eme --> 5 points

Spoiler: Montrer
Texte 9 : Le Bonheur + coup de coeur
On a un thème bien sérieux sur le fait d'être femme, avec tous les points que cela amènes (sexisme, identité, points de repères, vision par rapport au sexe masculin ...). Ce texte s'en bat les couille, il est marrant.
Je pourrez couiner sur le manque de traitement de fond mais au final c'est un partie pris de l'auteur que je respecte. Et dans ce que le texte propose, ben il le propose bien. Ca me rappelle coco l'asticot de l'an passé ^^
Je vois bien Portgas proposer ce texte ^^


3eme --> 8 points

Spoiler: Montrer
Texte 7 : Rêves + coup de coeur
Dans les textes éliminés je vous ai parlé de textes qui ont de bonnes idées de base mais un mauvais traitement, là je trouve que l'idée de base est mauvaise mais le traitement réussi. C'est marrant parce que il y en a des choses qui vont pas dans ce texte. Ce raccourcis un peu nul où "homme = bourrin" et "femme = douceur", ce partie pris n'est jamais remis en cause dans le texte et c'est nul (Na !). De plus niveau cohérence je trouve ça bof, on passe d'un commis qui respecte trop son chef pour se défendre d'insulte à un meurtre froid associé à une sorte de "cannibalisme". Le commis passe de déterminé à taré psychopathe, et cela sans aucune subtilité.
Mais voila, j'ai quand même kiffé le texte, il a une ambiance très forte, j'ai eu aucun mal à m'impliquer dedans, d'un point de vu formel le texte me semble assez irréprochable, le texte met peu de choses en avant mais les met bien en avant (tu m'entends texte 5 :P). C'est du pur feeling ce dont je parle, et le courant est passé avec ce texte ^^


2eme --> 10 points

Spoiler: Montrer
Madame Émeline Schmetterling
Clair, net précis, concis. Pas de chicis, pas de thèse, pas de grandiloquence, la scène se suffit à elle même. La sobriété grandit l'impression, on est dans de la pure retranscription qui permet une identification et une appréciation de la scène sans rentrer dans le larmoyant grossier. Bref, je m'en fiche que le texte n'apporte pas d'éléments de réflexion sur tel ou tel point concernant la femme, pour la simple et bonne raison que cette scène (ayant vraiment éxistés) se suffit largement à elle même. J'imagine bien Dark Knight écrire cela.


1er --> 12 Points

Spoiler: Montrer
Etre femme.
C'est à mes yeux le seul texte excellent de cette fournée (avec le mien bien sur 8-D). Je vais pas m'éterniser 107ans (la position du texte dans le classement parle toute seule), mais le texte est juste réussi du début à la fin, je pourrai peut être reprocher une fin qui manque de punch mais c'est pas si grave que ça in fine. D'ailleurs, pendant longtemps je pensais que les personnages étaient des spermatozoïdes ^^



Voila voila, c'était Vista !
Sinon oui, bravo à Foul et aux participants, le CCE est toujours un plaisir :3

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Mar 14 Juil 2015 23:32 
175 000 000 Berry
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Messages: 1119
Bon et bien on y va pour mon propre avis ^^ Avant de commencer, j'espère que Foul ne sera pas déçue du nombre de textes proposés (en plus du nombre de tops, je compte sur vous pour voter bande de chenipans è_é) et qu'elle aura été contente d'avoir organisé cette édition :D
En ce qui concerne les minis-concours j'ai trouvé ça intéressant comme concept, j'ai pas forcément tout aimé (et loin de là désolé par avance ^^') mais c'était très intéressant.

Alors je préfère prévenir avant, je vais faire 2 posts, un concernant les tops des minis-concours et un concernant le concours principal. Sinon cela va donner un post beaucoup trop grand et cela sera plus lisible. Post trop grand car cette année j'ai proposé à une amie de participer au concours (je trouvais ça plus intéressant que ma propre plume). Malheureusement elle n'a pas pu, je lui ai quand même proposé de se racheter en donnant son avis sur les différents textes ce qu'elle a accepté. En effet je trouve quand même ça intéressant d'avoir un avis en plus, et je trouvais ça assez intéressant en tant qu'homme d'avoir l'avis d'une femme sur le sujet principal. (Du même genre que le sujet être homme doit sans doute intéresser les femmes, je suppose (?))

Voici donc les avis, avec mon top (comptant pour le concours) et celle de mon amie que l'on appellera Volontée (Voui c'est cool et top qui ne compte donc pas pour le concours)

Avoir la Main Verte


Yuushi


Hors-Top 3

Texte n°1 : Ne m'intéressant pas trop aux minis-concours dans un premier temps, j'avais aucune idée de la longueur que pouvait avoir les textes. Quand j'ai ouvert le premier je me suis dit "Ah ouais, quand même, si court? Oo". Finalement en voyant les autres, j'ai compris que ce dernier était vraiment court !
Alors évidemment ce n'est pas un défaut en soi, ça peut être court et bien évidemment (hum hum) mais ici il n'y a même pas d'histoire, de cohérence je dirais.
Pour faire simple je n'y ai pas compris grand chose du but de ce texte mis à part entasser 2-3 jeux de mots autour des couleurs. Donc pour moi ça ne suffit pas ^^

Texte n°3 : Quand j'ai lu ce court texte ça m'a immédiatement fait penser à une des critiques que j'avais déjà fait lors de la dernière édition du CCE. J'avais dis qu'un texte du CCE doit être pour moi soit un One-Shot soit une mise en bouche style Romance Dawn. Chose encore plus difficile à faire je le conçois avec ces minis-concours, d'ailleurs je ne les conçois pas tout à fait pareil mais l'esprit reste là.
Et je reste toujours pas fan de l'idée on balance directement avec tel nom de personnage, tel nom d'objet, tel truc sans un minimum d'introduction avant. Un texte réussit à le faire plutôt bien selon moi donc j'y reviendrais en-dessous :)

Texte n°4 : Là c'est clairement le style et le ton de l'histoire qui m'ont un peu dérangé. Pourtant je suis un grand fan de ce que j'appelle "l'écrit-parlé" autrement dit tout ce que l'on aurait dit à l'oral on le pose à l'écrit alors que normalement à l'écrit on enjolive toujours les choses. Mais ici les phrases comme "oh le con", le champ lexical utilisé ne me plaît une fois de plus pas du tout et en plus il revient 2 fois donc bon.. :p

Top 3

3ème - Texte n°5 : J'aime bien l'idée d'avoir articulé le texte autour des mains, et d'avoir appuyé la description là dessus, c'est d'ailleurs pour moi plus important que le côté "Vert" du thème. Après ce dernier n'est peut-être pas assez poussé ici du coup mais forcément avec la restriction c'était pas facile ^^
Par contre ce qui m'a achevé de le mettre 3ème c'est les minuscules lors du dialogue, ah vraiment je trouve ça d'un laid à lire, désolé ^^'

2nd - Texte n°2 : Alors, quand j'ai lu ce texte (après le texte n°1 en plus logique) j'ai quand même eu peur que tout les textes soient autour de jeux de mots etc. Ça m'a fait un peu rire je l'avoue mais sur le coup j'ai eu peur car c'est ce que je craignais un peu en fait avec les minis-concours. Vu la longueur, ça ne m'aurait pas étonné de voir que des jeux de mots sur chaque thème à la manière d'une blague Carambar ou un truc comme ça quoi.
Pourtant je place quand même haut ce texte car il réussit vraiment bien je trouve dans cette idée là et en plus derrière il y a une chouette idée, celle de perdre la main.
Pour moi faire arriver son histoire jusqu'à cette conclusion en ayant caser des jeux de mots qui arrivent à rendre cohérents cette conclusion mérite bien la seconde place.

1er - Texte n°6 : Ici c'est le texte où j'ai dis plus haut qu'il arrivait plutôt bien selon moi à introduire son histoire de façon à ce qu'on veuille en savoir plus. J'ai clairement plus apprécié la première partie du texte mais le tout donne envie d'en savoir plus. En général quand j'ai fini de lire un texte je m'imagine souvent ce qu'il va y avoir après, où tout l'univers autour etc. Et ce texte là est celui qui m'a clairement le plus inspiré, d'où la première place :)


Volontée



Texte 1 : Je n'ai pas tout compris à l'histoire.. Trop de noms sont énoncés en si peu de temps alors même qu'on ne connait pas le narrateur, cela a peu d'intérêt je trouve. De plus, on reste un peu sur notre faim, l'histoire n'a ni vrai début ni réelle fin, donc on est un peu perdu et encore plus à cause de détails superflus sans qu’on connaisse le narrateur ou le héros. Par contre, j'aime beaucoup l'aspect compétition entre les mains de différentes couleurs, avec les préjugés des familles, selon la couleurs de celles-ci, on ne tombe pas trop dans le classique main verte = jardinerie. Dommage.. 


Texte 2 : Beaux jeux de mots bien construit, plutôt drôle, mais parfois un peu de répétition et quelques phrases qui ne signifient plus grand chose. Le fait d'avoir fait un texte court avec des jeux de mots, est une jolie réponse au problème du peu de mots demandé. Et j'aime beaucoup la fin, on a l'impression que c'est un texte comique à cause des jeux de mots pourtant l'histoire en elle est même plutôt triste. Bref moi je trouve ça sympa !


Texte 3 : Joli texte avec plein de noms de personnages très étonnants ! Et plein de noms d'arbres très bizarre aussi, mais le début de l'histoire parait très prometteur. Cependant, on se rend vite compte que l'histoire n'a pas beaucoup d'intérêt, beaucoup de détails nous échappe. A partir du moment où les graines de Malhornes sont annoncés, l'histoire perd un peu, on ne connaît rien de cette ville et de sa culture. D'ailleurs la dernière phrase n'apporte pas énormément et au final on se demande surtout si ce texte est dans le thème.. Mais j'aime le style d'écriture !


Texte 4 : Bon je déteste les histoires gores, c'était donc déjà mal parti ! Mais, en lisant le premier paragraphe j'ai pensé (à part *Beuuurk*) que ça pourrait être intéressant comme idée, être créatif et différent. J'ai donc continué et, oh surprise, en plus de fautes d'orthographe (alors que pourtant je ne les remarque pas souvent) il y a une répétition du passage gore, mot pour mot.. Une histoire qui aurait pu être comique gore reste seulement gore gore pas drôle et sans fond.. Par contre, j'aime bien la morale un peu de comique de l'histoire ! 


Texte 5 : Le rapprochement humain/légume est intéressant encore une fois, c'est créatif et l'idée est plutôt intéressante. J'ai aimé le début, les descriptions bien faites, on se demande de quoi il parle et quand est-ce que la main verte va apparaitre. Je n'avais pas trop compris ce qu'était la masse même si on devine une expérience scientifique. Par contre, j'ai trouvé assez cruel les dernières phrases.. Un peu déshumanisées. Le « Vous faites quelque chose ce soir, Caroline ? » et tout ce qui vient après est hors sujet et cruel je trouve.. Mais idée intéressante et j'aime le style du début.


Texte 6 : Intéressant, j'aime beaucoup ! Seulement quelques détails de critiques mais.. Le « Salut ! Moi c'est.. » est dérangeant quand on voit le reste du texte, il fait présentation amicale alors que le reste du texte est un discours de Harry a tous les gens qui l'accusent d'être un traitre. J'aime les raisons, l'idée d'une guerre légume/humain et cet amour pour les roses ! En fait à part la première phrase, j'aime beaucoup ce texte !

Top Fictif

====> 1er = Texte 6 
===> 2e = Texte 2 
==> 3e = Texte 3 ou 5

Mousse


Yuushi


Hors-Top 3

Texte n°4 : C'est vrai que souvent je critique un peu le style et le ton du texte mais en général c'est par pur goût personnel, ici je trouve que les diverses fautes d'orthographe et de ponctuation sont trop grosses pour apprécier clairement le texte. Dans un long texte du CCE, les petites fautes par-ci par-là ne sont pas si importantes mais dans un court texte j'estime qu'il faut un minimum de relecture (j'ai d'ailleurs failli éjecter des textes dans mon top 3 au-dessus rien que pour ça) sans compter ici le fait que l'histoire ne m'ait pas intéressé :)

Texte n°5 : Bon ici à nouveau il y a des petites fautes (même si elles sont moins importantes que le texte dont je parle au-dessus et en-dessous) mais ce qui a tué ce texte c'est la conclusion. Ça partait vraiment bien, de bonnes descriptions, ça donne envie de savoir de quoi l'auteur parle et puis, la conclusion est à mes yeux extrêmement décevante =/
Alors après sans ça il n'y a aucun rapport avec le thème certes mais ça n'empêche que je la trouve ratée ^^'

Texte n°6 : Bon bah c'est, si j'ai bien compris le même auteur que le texte n°3 du thème au-dessus :D Bon ici le côté "on balance direct les persos" se fait moins sentir, mais par contre le thème mousse tu le sens pas vraiment, fin à part à la conclusion et encore j'ai eu l'impression que ça venait comme un cheveu sur la soupe histoire d'être raccord avec le thème.
Puis rien que la première phrase il y a une faute d'orthographe qui m'a un peu coupé l'envie je dois l'avouer >< Désolé :(

Top 3

3ème - Texte n°3 : J'ai eu du mal à trancher vraiment pour le top 3, en fait plus sur le top 2 car les deux premiers textes de mon top ont ce côté "y'a du bon" et "y'a du meh". Ce texte n°3 n'est composé que de "Meh". Comment dire, bon pour le coup ça a le mérite de bien retranscrire l'ennui des Flash Infos mais bon veut-on vraiment revivre cet ennui en texte? Pas si sûr :p
Ceci dit j'ai trouvé le tout assez intéressant pour le mettre dans le top 3, je m'y suis amusé à imaginer un scénario à la Urasawa, ça aurait pu y coller je trouvais ^^

2nd - Texte n°1 : J'ai vraiment bien aimé la première partie et j'ai été un poil déçu de la seconde. J'aurais préféré que cela reste dans la nuance, on est vite passé d'un côté rêveur je dirais à la réalité et cette cassure s'est faite trop brusquement à mon goût. A la limite on aurait pu retranscrire la "violence" et le côté plus rapide de la deuxième partie mais tout en restant dans le même ton, j'aurais préféré en tout cas.

1er - Texte n°2 : Ah, vraiment j'ai hésité celui là à le mettre premier.. Parce que bon il y a plusieurs trucs qui m'ont fait tiquer et c'est (en général :p) pas très bon signe me concernant ^^
Il y a selon moi eu quelques fautes d'écriture, puis le fameux "eau de couleur ambre". Alors là je dois avouer que je suis resté perplexe et je voudrais bien une explication de l'auteur pour me dire comment l'eau est de couleur ambre. Je pense que c'est à propos de l'orage et tout ça tout ça comme on voit souvent avec le ciel parfois ambre justement mais pour moi ambre et eau ça ne va pas du tout ensemble ^^'

En plus j'ai trouvé la conclusion un poil décevante là aussi, on est en plein fracas, on veut savoir ce qui va arriver au bateau et puis d'un coup, totalement autre chose, on comprend pas pourquoi, qui c'est, pourquoi. Et j'ai trouvé ça assez nul >< Car j'ai beaucoup aimé le début, le fait d'avoir choisi ça comme idée pour la mousse, l'écume, l'orage etc. Rajouter un personnage qui n'a rien à faire ici juste pour rebalancer le "mousseuse" j'ai trouvé ça très maladroit =/
Je sais pas, il n'y avait pas moyen de décrire les éclats de tonneaux de bière déversant la mousse dans l'océan ou un truc comme ça à la limite? Bref c'est une 1ère place mais avec carton jaune :o


Volontée



Texte 1 :  Alors, le début m'a beaucoup fait rire ! J'ai eu plein de pensées très bizarres en lisant ça. Sinon, c'est drôle, enfin, en tout cas jusqu'au poing dans la figure. A partir de là j'ai été surprise et je me suis demandée ce que voulait dire « faire mousser une femme ». Et le « frotter les fort ».. Mouais non.. Sinon, le reste est pas mal, plutôt drôle, j'aime bien. Mais l’idée est très originale ! 


Texte 2 : J'ai vraiment beaucoup aimé ce texte. Je l'ai trouvé bien écrit, une sorte de bonne intro d'un texte qui s'annonce prometteur et j'ai même envie de connaitre la suite ! A part deux petits détails.. La fin avec Lucien et sa bière m'a un peu perturbée, comme si on avait mal coupé le texte, c'est dommage à part ça, cela faisait une très bonne intro ! Et autre chose, le mousse qui se jette dans la mer.. Il se jette vraiment ? On dirait plutôt une tentative d'apporter plus de mousse, bien que le terme marin soit tout à fait dans le thème il a été maladroitement introduit je trouve.. Mais sinon j'aime vraiment beaucoup ! 


Texte 3 : Le texte est bien écrit, mais la mousse ici est un élément secondaire.. Cela aurait pu être n'importe quelle autre catastrophe, la mousse aurait pu tout aussi bien être un nuage radioactif, un tsunami ou autre chose.. De plus je trouve que c'est un flash info qu'il pourrait y avoir dans n'importe quel film catastrophe. Et bien que j'aime le style et que le format soit intéressant, l'histoire ne l'est pas vraiment, il n'y a pas réellement de fond (vu le peu de mots demandé c'est normal). Sinon, le texte reste bien écrit et le format est intéressant. 


Texte 4 : Alors.. Pourquoi un accent belge ? Sinon j'ai été un peu perdue dans le langage utilisé dans ce texte, une fois scientifique presque savant, mais juste après limite vulgaire. Et autant j'ai bien aimé le discours sur la beauté de la nature, la mer, la création.. Mais alors le discours moralisateur.. Non. 


Texte 5 : J'ai beaucoup aimé ! C'était vraiment mignon, un peu romantique et j'aime le point de vue interne du narrateur sur l'amour, tout ça.. Par contre.. Une mousse ? Mais qu'est-ce que c'est ? Comprends pas vraiment.. Donc avis mitigé, un peu déçue.. Pourtant, ça semblait prometteur ! On dirait presque une histoire drôle mais.. Pas drôle en fait.. ^^'


Texte 6 : Encore une fois la mousse est secondaire, je trouve. Sinon, l'histoire est toujours bien écrite et on en apprend un peu plus.. Par contre, je suis toujours perdue, je ne comprends pas trop ce qu'il se passe, ce n'est pas très bien expliqué et le passage en mots anciens est surement de trop dans un petit texte comme ceux là. Mais la description du début j'aime beaucoup ! 

Top Fictif

====> 1er = Texte 2
===> 2e = Texte 3 ou 1
==> 3e = Texte 5

Compte, Comte, Conte


Yuushi


Hors-Top 3

Texte n°2 : L'idée était intéressante, toutefois j'ai l'impression que c'est un texte pour le jeu de mot et non pas pour l'intrigue. Pour faire court je trouve les jeux de mots très intéressants lorsqu'ils servent le scénario, lorsqu'ils ne sont pas là juste par pur principe de caser des jeux de mots (texte n°2 du première thème).
En plus ici autant certains trucs marchent "Mike était bien con" notamment même si cela aurait mérité une virgule après et de jouer sur le tant de... que tant etc.
Mais beaucoup beaucoup ne marchent pas ce qui rend la lecture assez horrible je trouve. Donc un texte porté sur les jeux de mots qui ne fonctionnent pas c'est assez dommage pour le coup ^^

Texte n°4 : Alors là je me demande si c'est fait exprès mais l'auteur a confondu les compte, conte et comte pour le coup. Et le truc c'est que même si c'est fait exprès ça se ressent pas donc dès la première ligne forcément ça coupe l'envie ^^
Puis le reste ne m'a pas forcément donné plus l'envie, j'utilise pourtant pas mal de fois les "mais euuuh :p" etc. Mais je déteste voir coller les eu aux mots qui précèdent, c'est par pur goût, j'avoue mais j'y arrive pas ><
Bref, toute l'intrigue ne m'a pas forcément passionné et j'ai toujours eu du mal avec ce style enfantin ^^

Texte n°6 : Ce texte comporte à peu près tout ce que je déteste ^^ Soit :
- Lol
- Des jeux de mots qui ne fonctionnent pas
- Trop court...
- ... Ce qui amène à une incompréhension du texte

Bref j'ai pas aimé désolé :(

Top 3

3ème - Texte n°3 : Je pouvais pas mettre ce texte plus haut. J'ai quand même bien aimé la réflexion de l'auteur mais peut-être est-il allé trop loin selon moi. Ça me rappelle vraiment ce genre de trucs où tout le monde dit "Bah si le sujet de philo c'est le courage je dirais "le courage c'est ça" et je mettrais rien d'autre.
Fin bon j'exagère hein, là justement l'auteur a un peu plus expliqué mais c'est carrément hors thème, une fois de plus on a la sensation de placer le thème à la fin juste pour le thème. Bref ça aurait pu être très bon si l'auteur avait lié sa réflexion au thème, ça ne l'est pas du coup c'est très dommage =/

2nd - Texte n°5 : Bon j'ai eu un sale à priori en voyant le texte car non seulement il a quand même essayé de caser les mots du thème et c'est en général un truc qui me plaît pas trop :p Et en plus le texte est présenté comme un "bloc". Pas d'aération et c'est un défaut que j'ai souvent donc je connais ça mais la lecture en devient moins bonne forcément ^^
Ceci dit j'ai essayé de voir le texte comme un extrait d'un monologue de manga/roman et le tout rendait relativement bien je trouve. En tout cas tout ce qui est dit autour de "plan, prendre ma place, ennemis, richesses" donnent envie de savoir ce que c'est d'où la seconde place.

1er - Texte n°1 : C'est de loin le meilleur texte de la trilogie ^^ Pourquoi? Tout simplement parce qu'il y a plus ou moins une introduction :p Une histoire qui est narrée et qui donne envie d'en savoir plus, ça respecte relativement bien le thème et le tout ne fait pas de fautes grossières, j'ai donc voulu récompenser ce texte par la première place !

Volontée



Texte 1 : Et bien l’histoire dans l’histoire n’est pas très intéressante.. De plus, je vois pas trop le lien entre cette histoire et les deux autres.. Mais elle répond au thème et est très bien écrite. 


Texte 2 : Très dur à lire. Le texte ressemble plus à un exercice de français ou d’écriture, qu’a un véritable texte. D’ailleurs je vois pas trop où est le thème.. Je comprends pas vraiment cet histoire, ni sa forme (qui n’apporte pas grand chose), ni son fond. Mais l’exercice est difficile donc je dois dire que je suis impressionnée. 


Texte 3 : J’aime beaucoup ! Cette réflexion, la narration à la 1ère personne. Tout ce qui est raconté est vrai. Ce n’est pas une histoire mais plus une pensée sur le concours et je trouve ça intelligent, intéressant, vrai mais hors thème (même si la dernière phrase est « compte. comte. conte »). 


Texte 4 : L’idée semblait plutôt intéressante de jouer avec le petit comte et le compteur lui racontant un conte.. Les Nombres devenant des personnages. Mais je me suis un peu perdue dans le fouillis du conte et des nombres. Et au final l’histoire part un peu partout mais l’idée est très intéressante et créative ! 


Texte 5 : Un texte basé sur les sonorités des mots parait logique avec ce thème. Super d’y avoir pensé. Mais la répétition du son «  com » devient un peu lassante..  Et la forme du texte fait qu’on se perd un peu, et au final ça gâche un peu l'histoire. Mais ça réponds au thème et les jeux de sonorité on du demandé de la recherche donc bien joué. 


Texte 6 : Euh.. Très court et pas vraiment d’histoire. Enfin pas grand chose à dire. Et « Lol ».

Top Fictif

====> 1er = J’aurai aimé mettre le Texte 3 mais Texte 5
===> 2e = Texte 4
==> 3e = Texte 1

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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Ven 17 Juil 2015 15:52 
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C'est donc à mon tour de faire mon top pour le CCE. Tout d'abord je tiens à dire que je suis un peu déçu de cette édition. Le sujet m'a parût difficile à appréhender et ça sent au niveau de la participation. 10 textes, c'est peu. Mais la qualité est quand même au rendez-vous ! Alors j'ai ma propre façon de classer les textes, et c'est uniquement au ressenti. Donc ça donne un classement assez folklorique, que voici :

Sixième (1 point) :
Spoiler: Montrer
Texte 10, Hermione
Alors je vois que c'est bien écrit, que ça correspond totalement au sujet, qu'Hermione est une femme forte et tout, mais j'aime pas vraiment le style d'écriture assez pompeux, lourd. Ça ternit mon avis sur ce texte, où je me suis ennuyé assez vite. J'ai une connaissance proche de la négativité de la mythologie grecque, alors tous les noms que je ne comprend pas m'ennuient. Un point pour toi quand même.



Cinquième (3 points) :
Spoiler: Montrer
Texte 1, Elise
J'aurai pour ce texte la même critique que pour mon n°6. Là, ce n'est pas le style d'écriture que je trouve pompeux mais la forme. Ces sauts de le temps m'ont perdu et les descriptions un peu lourdes m'ont pas donné l'envie de me replonger plus en profondeur dans le texte. Néanmoins, le panel de personnages est très bon et ils sont tous très intéressant. Trois points pour toi.



Quatrième (5 points) :
Spoiler: Montrer
Texte 9, Le Bonheur
Petit texte sans pression mais qui m'a bien plu. J'aime bien cette vision assez pessimiste du paradis, et le personnage de l'ange blasé est aussi bien keefant. Le questionnement sur être femme est vite balayé mais ça me dérange pas, le peu où on en parle, on en parle bien. Cinq point pour toi.



Troisième (8 points) :
Spoiler: Montrer
Texte 2, Les Sirènes
J'ai beaucoup aimé ce texte, je ne saurai expliquer pourquoi. Ce défouloir sur scène me plait, c'est tout Je me suis senti emporté par ce que clamait le personnage principal (dont je suis convaincu qu'il est acteur de bout en bout, et que la scène finale n'est que mise en scène et donc totalement prévue). Huit points pour toi.


Deuxième (10 points) :
Spoiler: Montrer
Texte 7, Rêves
Très dur de départager entre les deux premiers et finalement c'est ce texte qui arrive deuxième. Les trois personnages dont il est question sont très bien écrits et le personnage principal est vraiment très bon. Et extrêmement barré. J'aime beaucoup. Dix points pour toi.


Premier (12 points) :
Spoiler: Montrer
Texte 3, Madame Emeline Schmetterling
Pas besoin de faire long pour faire bien. Se placer dans ce contexte est une idée géniale et ce texte m'a vraiment beaucoup plus. Comme le texte, je vais faire court. Je t'offre ces douze points.

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Why so Serious ?


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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Mar 21 Juil 2015 10:26 
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Hors Classement

- Les sirenes : quelques fautes d’orthographe, une phrase n’est pas mis en italique comme le reste ce qui nuit à la lecture. Thème trop collé, et une fin dont je ne suis pas sur de comprendre le message. Pour l'auteur je pense à Enitu.

- Madame emeline Schmetterling: Texte qui aurait du jouer sur les émotions et à la place passe un peu coté de cette dimension. Des problèmes avec la premiere et la troisieme personne. Sinon rien de vraiment mauvais, plutôt bien écrit, mais ne m’a fait aucun effet.

- L’absurdité d’(Ê)tre femme : je me suis arrêté au lexique, j’en avais déjà marre. Y’en a vraiment qui n’ont pas compris le principe d’une nouvelle. Pour moi une nouvelle doit être agréable à lire, et ne devrait pas être un exercice de mémorisation dès le début. Je soupçonne Phenix Dragon, c’est bien son genre de faire les choses à contre courant.

- Hermione: un texte facile à lire, mais pas vraiment emballant. Je ne sais pas trop quoi en penser car il n’a rien provoqué chez moi, trop sobre, trop plat.

Dans le Classement, mais sans plus

- Elise => 1 points:
Plutôt bien écrit, quelques difficultés à savoir de qui on parle parfois. Application trop terne du thème. Je n’ai pas aimé le découpage en partie.

- Linda => 3 points:
Plutôt sympa, appliquer le thème sur une affaire policière est original. Par contre c’est quoi le dénouement? pas d’explication? j’ai l’impression d’être passé à coté de quelque chose du coup.

- Daemion => 5 points :
J’aime bien l’univers décrit, c’est le genre que j’affectionne. Quelques description un peu à rallonges, cela aurait mérité un peu de ponctuation. Je ne suis pas sur du respect du thème, mais j’ai aimé.

Top 3, les textes qui m'ont vraiment plu

3 textes que j'ai eu beaucoup de mal à départager, au final je ne sais même pas quel a été l'élément pour les différencier. 3 très bons textes en tout cas.

- Le bonheur => 8 points:
Texte très simple, mais très original, bien mené, et une chute rigolote. Peut être un peu plus sobre dans l’écriture que les autres, mais j’ai bien aimé. Fait un peu écho à être femme. J’ai bien aimé le coté très business plan qu’est le paradis dans ce texte.

- Etre femme => 10 points:
Génial, très original, bien qu’il y ai toujours cette opposition de sexe que j’aurais aimé ne pas voir. Une petite faute de ponctuation vers la fin du texte, un peu dommage. Mais très bon texte, au départ j’ai cru que c’était une sorte de matérialisation des spermatozoïdes mais au final c’était bien mieux. Je soupçonne porito de l’avoir écrit.

- rêves => 12 points: Très bel écrit, une belle atmosphère s’en dégage, des personnages maîtrisés. J’ai presque eu faim à un moment. La deuxième partie m’a un peu choqué, je ne m’attendais pas à cela , mais ça reste un très bon texte. Et une jolie application du thème. Le meurtre fait quand même un peu tâche, je n’ai pas le sentiment d’être dans ce genre de texte, cela aurait pu être évité. Mais quand même, c'est le texte qui a su le mieux créér une athmosphère, pour ça je le met number one.


Petite conclusion:
Le thème a clairement posé beaucoup de problème, je soupçonne que ce soit une des raisons de la faible participation (mais pas que), non pas qu'il soit mauvais, mais simplement parce qu'on était pas assez bon pour l'exploiter à son maximum. A mon sens seul les textes que j'ai mis dans mon top 3 ont vraiment su en tirer quelque chose d'original. Je préviens, je n'ai personnelement pas trouvé l'inspiration avec ce thème, je le regrette j'aurais adoré proposer quelque chose, donc je me contente de mon rôle de lecteur cette année. Félicitation à tous les participants qui ont osé soumettre un texte à la critique.


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 Sujet du message: Re: Concours du cabinet d'écriture (CCE)
MessagePosté: Ven 24 Juil 2015 14:01 
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Comme j'ai participé à l'épreuve principale, voici mon top 6 (à vous de deviner quel texte que j'ai écrit).

VI : Texte 1 - Élise (1 point)
Le concept est intéressant et l'intrigue, poignante. Cependant, il y a beaucoup trop d'intrigues emboîtées pour une nouvelle, ce qui gâche la compréhension. Ce scénario aurait été mieux approprié pour un livre à mon avis. Je pense que c'est la plume de Triplem.

V : Texte 2 - Les sirènes (3 points)
L'idée d'imiter le rôle d'une femme est fort intéressante, mais je n'ai pas aimé le style. C'est un monologue familier et décousu, ce qui rend le texte difficile à lire (surtout avec plein de passages qui se répètent). La conclusion est trop brusque, exagérée et en dehors de la thèse. Ça, c'est du Phénix tout craché.

IV : Texte 9 - Le bonheur (5 points)
Le vocabulaire recherché et riche m'a frappé ainsi que la mise en scène de l'univers original de la business des âmes et des réincarnation (très bien pensé). Hélas, la chute (une ou deux têtes) est difficile à comprendre et je n'ai pas ressenti d'émotions en lisant (un ton un peu monotone et froid). Pas mal Cel!

III : Texte 3 - Mme Émeline Schmetterling (8 points)
Les descriptions bien exploitées, l'intrigue menée du début jusqu'à la fin sans bavure, le ton engagé et l'émotion palpable font le charme de cette œuvre. Malheureusement, le texte est mal aéré et trop court. Aussi, j'ai vu une autre lacune : une absence de la mise en écrit du contexte historique de l'intrigue (pour ceux qui se connaissent moins bien en histoire) pour comprendre de A à Z. Je suis persuadé que c'est Enitu qui l'a pondu.

II : Texte 5 - Daemon (10 points + coup de coeur)
Un univers qui me rejoint complètement avec un combat magistralement mené, le concept bien pensé des femmes guerrières et des descriptions fantastiques. Cependant, il y a un petit problème : les intrigues s'enchaînent sans explication pour aider à la compréhension. Dark Knight est toujours en forme!

I : Texte 7 - Rêves (12 points + coup de coeur)
Je me prosterne devant ce texte qui mérite de gagner ce concours. L'introduction et le développement sont parfaits avec les métaphores et les descriptions hallucinantes. Les personnages ont tout leur attrait et on s'attache bien à eux. Les concepts du chef cuisinier, du cannibalisme et des spectacles (Aimée) sont amenés à terme et d'une habileté extraordinaire. J'ai passé une belle gamme d'émotions tout au long de la lecture. Un seul petit bémol : ça ne parle pas vraiment de la femme (un peu hors sujet). À l'avant Porito pour un second titre consécutif!

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