Le rythme narratif continue de monter en puissance et la cadence s’accélère nettement, la dynamique stratégique de Riboku se met en place. Au
872 - Quelque chose d’extrêmement inquiétant - , on voit apparaître une fissure dans la grande architecture stratégique de Riboku.
Sa doctrine est claire depuis le début de cette campagne : considérer les différentes armées de Zhao et de ses alliés comme une seule force intégrée, placée sous une vision centralisée. On peut dire que c'est une approche classique de la théorie stratégique : l’unification du commandement pour transformer plusieurs forces disparates en un instrument cohérent de guerre.
Mais c’est précisément là que surgit la contre-manœuvre. En effet, face à ses différentes lignes de défense, Mouten a lui-même devisé une contre-stratégie en unifiant les trois armées : la Hi Shin Unit (aile droite), l'armée de Kyoukai (centre) et la sienne, la Gaku Ka (aile droite) en une seule. En somme une logique en miroir de celle de Riboku. Il répond à la centralisation de Riboku par une centralisation concurrente.
Hara fait appliquer ici par Mouten une idée profondément sun-tzienne : battre l’ennemi non pas en détruisant sa stratégie frontalement, mais en reproduisant son principe pour le retourner contre lui.
------------------Au chapitre suivant, le
873 - Anéantir la muraille de Zhao - (titre qui curieusement diffère de celui en VA), l'aura de Riboku est omniprésente. Même absent physiquement, l’influence de Riboku plane sur le champ de bataille au travers de ses protégés et autres étudiants. Tout comme pour les militaires (généraux et autres), on nous sort des stratèges venus de nulle part. C'est à croire que le capital humain de Zhao est inépuisable. Mais à force ça pose néanmoins une question narrative : jusqu’où Yasuhisa Hara va-t-il continuer à introduire de nouveaux cerveaux militaires sortis de l’ombre ? Là ça ressemble à une forme de Deus ex machina poussée à l'extrême. Et c'est fatiguant.
Les défenseurs de Riboku/Hara diraient que Zhao n’est pas seulement défendu par une armée, mais par une tradition stratégique entière, héritée et diffusée par Riboku. Mouais...
------------------Enfin, dans le chapitre
874 : La dernière armée -, on reste sur ce même théâtre d’opérations avec notamment la dernière ligne défensive protégeant la capitale Katan face aux 3 armées unifiées du sud de Qin.
Et même acculé, comme souvent avec Riboku (ou Hara…), il y a bien sûr un "plan caché". Ça en devient même ridicule voire excessif. C'est caricatural.
Après, allons au-delà de ça et rentrons dans la stratégie qu'il y a derrière - au fond on est là pour ça - et stratégiquement, la situation devient fascinante : le chasseur devient chassé... puis tente de redevenir chasseur.
En stratégie c’est un classique, c’est une attaque en tenaille (
pincer’s attack), l'une des formes les plus classiques de l’art militaire : encercler un adversaire trop avancé pour l’obliger à combattre sur plusieurs fronts simultanément.
Est-ce que Riboku est en train de reprendre l’initiative ou bien Mouten a-t-il déjà anticipé cette contre-manœuvre ?
Voyons voir la suite... L’armée de Shin est passée au travers et s’en va en direction de la capitale...