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Il y a un frigo pour garder le coca au frais - Franky
Chapitre 885


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Interviews

Publiée dans le numéro de décembre 2009 de Switch.
Source : http://www.thegrandline.com/odaswitchint.htm
Traduit de l'anglais par Donnie Darko.


Note du traducteur : traduire correctement une traduction n’est pas chose aisée, surtout lorsqu’on l’on se base sur une transcription approximative. A cela s’ajoute l’oralité du texte (une interview d’Oda), la forme décontractée et le discours indirect qui parsèment le document. Afin de rendre le texte plus compréhensible et plus agréable à lire, nous avons décidé d’expliciter beaucoup de choses. Amusez-vous bien !


L'interview porte sur le film Strong World.


Le projet

Le développement des créatures

Il y avait un manga dans les années 60 appelé Kaibutsu-kun. Dans cette série il y avait une case, que j’adorais, sans raison particulière : et figurez vous qu’elle représentait un combat entre un gorille et un crocodile. Le personnage principal, Kaibutsu-kyn, n’y figurait même pas mais je me souviens avoir recopié cette scène encore et encore. Quelque chose en moi s’éveillait lorsque je la regardais.

Vous voyez, les garçons sont très sensibles lorsque deux choses très puissantes se battent entre eux. Ce que je veux dire, c’est que c’est le genre de chose qui fait vibrer une personne (rires). Puisque c’est le cas, et que j’ai la capacité de dessiner ce genre de choses en tant que mangaka, je me suis demandé à quel point il serait incroyable de voir une île sur laquelle des créatures surpuissantes pourraient se battre entre elles. J’ai alors fait une requête au réalisateur : « Si je dessine toutes les espèces vivantes pour ce projet, je veux toutes les voir dans le film ! »

Et après cela, je me suis inspiré du design de créatures provenant de beaux livres de photographie. Je me suis ensuite rendu compte que j’en avais tellement dessiné que je ne savais plus quoi en faire ! Vous savez, les livres illustrés sont remplis de plein de choses vivantes ! (rires) Cette fois, on a également pensé à diviser l’île en quatre saisons (le printemps, l’été, l’automne, l’hiver). On a alors commencé à réfléchir à ces créatures et à quelle île elles pourraient appartenir.

Nami

Je voulais vraiment faire une histoire de demoiselle en détresse. C’est souvent une histoire qui satisfait son public et qu’on peut aisément apprécier. On peut penser le contraire, mais je n’avais aucunement l’intention de dessiner quelqu’un de nouveau pour remplir le rôle de cette héroïne. J’ai donc dû penser à quelqu’un parmi les membres de l’équipage du chapeau de paille : c’était forcément Nami. Mais j’étais inquiet de la façon dont je pouvais présenter Nami dans cette histoire et j’ai pensé aborder des approches différentes. Au début du manga, elle agissait sous la menace d’Arlong de tuer les habitants de son village, avant éventuellement de demander de l’aide à Luffy. Je me suis demandé comment elle réagirait maintenant dans cette situation.

Tout a fini par tourner autour de sa foi excessive en Luffy et son équipage ; peu importe la gravité de la situation, elle leur dirait juste de « mettre une raclée » aux méchants. Et le temps de dire « raclée, » les ennemis seraient déjà à terre (rires). Quand on y pense, Luffy et les autres sont devenus trop forts et finissent toujours par gagner. Je passe beaucoup de temps à essayer de remédier à ce problème.

Gold Lion Shiki

Dans le brouillon, lors de la rencontre entre Shanks et Barbe Blanche, j’avais placé le nom de Shiki parce que je voulais qu’ils se remémorent leur époque en se disant “au bon vieux temps, des types comme ça sillonnaient les mers » J’avais même mentionné son titre « Gold Lion ». Enfin, c’était le brouillon. Dans ces chapitres, l’histoire contient énormément d’informations nouvelles qui surprennent le lecteur. Balancer le nom de Shiki aurait pu déstabiliser. Je l’ai donc retiré. Mais à mesure que le manga avançait, j’ai appris que Shiki allait être dans le film, j’ai regretté ma décision (rires). Je ne pensais pas montrer un tel personnage aussi tôt dans l’histoire. C’est pourquoi je l’ai cité dans l’arc d’Impel Down.

Lorsque j’ai commencé à penser au design de Shiki dans ce film, une des seules choses dont j’ai dû m’occuper, j’avais peur qu’un autre auteur écrive un personnage aussi surpuissant en raison des problèmes que cela pouvait générer. Mais j’étais certain que je serais capable de me débrouiller si je m’en chargeais moi-même. Et puis, c’était une occasion spéciale, afin de faire un super film, l’histoire méritait un méchant ultra réputé !

ONE WORLD

Quand est-ce que le projet a commencé à prendre forme ?

C’était tout juste lorsque le manga a fêté ses 10 ans, donc il y a plus de 2 ans. Mais j’étais très occupé avec l’anniversaire du manga et je n’ai pas pu me pencher beaucoup sur le projet. Après avoir terminé les 10 ans de One Piece, je devais toujours m’occuper du film et j’ai dû me presser pour écrire l’histoire qui s’intitulait au départ « Le Journal du Navire de Cristal ». J’ai donc cru en avoir fini avec le projet, mais quelque chose me travaillait toujours… Après avoir tout juste terminé l’écriture de l’histoire, je me suis dit « Hmmm, en fait je devrais peut-être refuser ce projet », et ça a fini en « Je n’ai absolument pas le temps de terminer ce projet d’ici mars ! »

D’ailleurs, à propos de ce brouillon, vous vouliez en faire quoi ?

Au début je me suis dit que je devrais faire quelque chose que moi seul puisse faire. En d’autres termes, puisque je suis l’auteur, que pourrais-je utiliser lors de la création ? C’était en fait le seul intérêt de mon intervention dans le projet. J’ai donc compris que moi seul pouvais se permettre de changer les personnages et leur caractère. J’avais pensé parler de l’histoire de Luffy, avant son entraînement avec Ace. L’histoire se focalisait essentiellement sur les souvenirs de Luffy à cette époque, à un certain animal qu’il avait rencontré et qui aurait façonné le Luffy que l’on connait aujourd’hui. Une histoire très émotionnelle avec une grosse partie sur les souvenirs.

Mais alors que j’étais au milieu de l’écriture, je me suis inquiété : est-ce qu’il me plairait de voir ce genre d’histoire pépère ? Je ne pense pas avoir écrit une histoire juste pour faire une « histoire sympa ». Si c’est quelque chose qui se passe dans le manga alors il faut le rallonger et ça ne me dérange pas d’écrire une « histoire sympa » au milieu d’action. Le problème c’est que pour un medium aussi court qu’un film, écrire une « histoire sympa » est difficile parce que les garçons ne veulent pas voir ce genre de choses : ils veulent de l’action et des personnages forts.

Après tout vos lecteurs sont essentiellement des garçons.

Et donc je me suis dit “Je devrais faire un film rempli de trucs que ces jeunes voudraient voir et qui leur laisserait des souvenirs de scènes mémorables à la fin du visionnage. » Des scènes que les jeunes garçons appellent “des scènes cools”. Au début, j’avais écrit une histoire très touchante, mais peu importe sa qualité, seuls les adultes savent apprécier une telle histoire. Et ce n’est pas mon rôle. Je dessine des mangas pour garçons. J’ai pris conscience en plein milieu de l’écriture que j’avais mal compris les attentes des spectateurs. Et puis ce n’était même pas le genre d’histoire que je voulais écrire, donc même si les gens avaient voulu voir une histoire pleine d’émotions, je n’étais pas dans l’obligation de faire plaisir à ceux qui en réclamait une. J’ai tout recommencé et j’ai pris pour point de départ la notion de « SENSATION » (ndt : « excitement » a aussi le sens d’animation et d’agitation) et j’ai tout changé jusqu’au décor.

Vous semblez prendre votre statut d’auteur pour garcons au sérieux, peut-on affirmer que c’était quelque chose à laquelle vous vous êtes résigné dès le départ de One Piece ?

Oui, on peut dire ça comme ça. Parce que mon approche dépendait entièrement de la démographie (celle des jeunes garçons lecteurs de mangas), et il est de mon devoir de faire en sorte qu’elle apprécie ce qu’elle lit. Lorsqu’on devient professionnel, on reçoit plein de lettres et autres. On découvre vite que l’écrasante majorité des lettres sont écrites par des jeunes filles. Les garçons ne sont pas du genre à prendre la plume (rires) (ndt : le terme utilisé ici est pinceau, mais l’image de la plume est plus frappante et logique). Ils n’ont pas de quoi écrire, même pas un timbre, et ils n’ont pas cette mentalité d’entreprendre la tâche épuisante d’écrire à quelqu’un juste pour lui dire « Ouais, c’était cool ! » Les garçons préfèrent s’amuser sans prendre la peine de le dire.

J’ai donc appris que les filles te noient sous leurs opinions. Lorsque je prends du recul et que je regarde l’industrie du manga, je me rends compte que beaucoup de mangakas prennent en compte de l’avis des lectrices. Et au final, si on les prend en compte lors de l’écriture de l’histoire et qu’on répond aux « besoins de la clientèle », on finit par écrire un manga pour filles (rires). Si on fait ça, on finit par ne divertir que les filles, et c’est une mauvaise chose.

Et pourtant les garçons, votre démographie principale, ne partagent pas leurs attentes et leurs opinions.

En effet. Et puisque c’est le cas, j’essaie de me souvenir des choses que j’aimais lorsque j’étais un jeune enfant. Mais les garçons me donnent des choses parfois, lorsque vos parents vous envoient une carte de Noël, vous leur envoyez quelque chose en retour, pas vrai ? (rires) Donc je reçois les choses typiques qu’un garçon de leur âge pourrait m’écrire : « j’adore les combats » et « j’adore telle ou telle attaque ! » et lorsque je les lis, je me dis « ah ! Je savais que ça leur plairait ! » Les réactions des garçons sont les seules que je prends au sérieux, mais je prends du plaisir à lire le courrier féminin aussi, hein. On peut presque entendre leurs cris aigus d’agitation lorsqu’on ouvre la lettre. Mais si je me laisse influencer par leurs opinions, alors je risque de perdre mon statut de dessinateur pour garçons, et mon titre d’auteur de shôjô perdrait tout son sens.

Revenons au film. Après avoir changé de direction et avoir tout recommencé, vous avez retravaillé sur l’intrigue de Strong World. Parlez-nous de cette île, qui flotte dans le ciel grâce au pouvoir de Shiki, le pirate légendaire « Gold Lion ».

Strong World est une île sur laquelle tous les animaux voient leur évolution s’accélérer s’ils mangent le fruit d’une certaine plante : ils peuvent s’habituer à leur environnement mais Shiki et sa bande ont mis à mal cette harmonie en promouvant la sauvagerie et la violence. Puisque le concept était de dessiner des animaux plus évolués, j’ai fini par créer des monstres imaginaires. J’ai suivi l’évolution de certaines espèces et je me suis demandé quelle prochaine étape pourrait les aider à se fortifier.

Le développement est donc un des thèmes du film ?

Je ne suis pas comme ça, je ne mets pas de messages dans mes œuvres. Pour moi, un thème est un outil qui sert à lier des œuvres différentes ensemble mais je n’en fais pas consciemment pour que les gens puissent réfléchir à mon travail. A la place, j’essaie, de dessiner des possibilités de développement, et c’est la même chose pour le manga. « Je veux être comme ça », ou « ce serait cool si je pouvais faire ça » sont des éléments fondateurs du manga, et lorsque les lecteurs voient de telles images, ils en ont plein la vue. C’est la même chose lorsque je crée de nouveaux personnages, je réfléchis à la personnalité qu’on pourrait développer lorsqu’on vit dans un tel lieu. C’est probablement un thème : savoir si un personnage peut s’adapter à son environnement ou pas.

Sans se limiter aux films, et c’est une chose à laquelle je pense souvent lorsque je lis votre manga, un des principaux plaisirs de la lecture de One Piece provient de son univers qui semble être constamment en expansion. Chaque fois qu’un nouveau membre rejoint l’équipage, vous arrivez à dévoiler des nouveaux aspects de l’histoire. L’énergie que vous dépenser afin de montrer tous les aspects de ce monde est remarquable.

Je pense que c’est parce que j’introduits sans cesse des éléments nouveaux dans l’histoire, presque l’un après l’autre. Ce n’est pas du tout intentionnel. A force de vouloir du neuf dans l’histoire, on ne peut résister à l’expansion de son univers. Après, savoir si je finis par regretter ou pas ces décisions est un tout autre problème. (rires)

Et pourtant pour chacun de vos nouveaux arcs, vous semble commencer une toute nouvelle série, jusqu’au genre-même du manga. Aucun autre manga ne me vient en tête dont le format peut permettre à l’auteur de changer son style autant de fois dans une même œuvre.

C’est la même chose pour tout le monde, pourtant. Si je devais prendre une pause et commencer une nouvelle série, ou même si je faisais tout ce que je voulais avec One Piece, je serais comme n’importe quel auteur qui sape tout ce qu’il crée.

Maintenant, dès que je commence un nouvel arc, j’essaie d’avoir une approche originale pour chaque nouvelle île, comme si je dessinais un tout autre manga. Etant moi-même le dessinateur, je peux harmoniser chaque partie pour créer un univers cohérent. Tant que j’utilise ce concept pour me limiter et pour ne pas me laisser emporter par ma fantaisie, je suis libre de dessiner ce qui me passe par la tête, tout en donnant l’air de créer un monde en expansion. Puisque je prends du plaisir à écrire ce genre d’histoire, je pense que ce concept joue à mon avantage.

En ce moment, le manga a désormais pris des proportions épiques. Il y a énormément de personnages sur le devant de la scène et vous arrivez à gérer chacune de leur histoire individuelle ; en plus de cela, lorsque j’essaie de compter les personnages dont on ne connait que le nom, je me demande à quel moment et comment vous allez mettre fin à cette histoire. Pouvez-vous anticiper tout ce qui va se passer dans votre manga ?

Non, je me pense pas en avoir une image vive ou une idée précise. Je me sens juste à l’aise avec l’histoire et j’avance doucement. Je me dis « ça m’a l’air d’être un bon endroit pour ce personnage ! » Automatiquement, j’essaie d’ouvrir des portes à mesure d’avancer. Je n’ai qu’une idée très flou de l’univers de One Piece : « un mec bien puissant doit bien être dans les environs ! » ou « là c’est un bon endroit pour une grosse baston ! » C’est l’histoire de Shiki. Lorsqu’on y pense, quand on voit la place qu’on lui a laissée, on peut penser que tout était prévu dès le départ. Il y a peu de personnages qui ont le titre de « légendaire » dans le manga, et j’avais déjà utilisé certains avant le film, mais si je n’utilisais qu’eux on penserait que mon monde était très petit. Je n’ai pas hésité à en rajouter un autre. Eventuellement, après avoir franchi le Nouveau Monde, j’ai pensé qu’un type de ce cran pourrait exister et j’ai donc mis au monde Shiki.


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